CHAPITRE I - PARTIE 2 : VISION, ENGAGEMENT ET LEADERSHIP
Page 7 de 25
LE PLAN D’ACTION
En mars 2003, le gouvernement fédéral a lancé le Plan d’action pour les langues officielles. S’échelonnant sur une période de cinq ans et pourvu d’un budget initial de 751 millions de dollars, ce plan avait comme principaux buts de promouvoir l’épanouissement des communautés de langue officielle et de renforcer la dualité linguistique dans les communautés et la fonction publique. À cette fin, le gouvernement a choisi de miser simultanément sur quatre axes : l’éducation, le développement des communautés de langue officielle, la fonction publique et l’industrie de la langue.
Rappelons que le Commissariat a toujours appuyé ce plan qui donnait une nouvelle impulsion aux communautés et au programme des langues officielles, qui pendant les années 1990 ont subi le contrecoup de nombreuses compressions budgétaires. Dans son dernier rapport annuel, le commissaire a d’ailleurs formulé une recommandation exhortant la ministre des Langues officielles à concevoir une initiative destinée à succéder au Plan d’action 2003-2008.
| En 2006-2007, le commissaire avait recommandé : « que la ministre des Langues officielles, en collaboration avec les communautés, les provinces et les territoires, conçoive, au cours de la prochaine année, une initiative qui succédera au Plan d’action pour les langues officielles et qui consolidera les acquis. Durant le processus de conception, le gouvernement fédéral devra considérer attentivement l’élargissement de la portée du Plan d’action pour inclure, notamment, les domaines des arts et de la culture, des initiatives destinées aux jeunes et de nouvelles mesures visant la promotion de la dualité linguistique. » |
La demande du commissaire et celles de plusieurs autres intervenants ont trouvé écho. En effet, dans son deuxième discours du Trône, prononcé le 16 octobre 2007, le premier ministre a réitéré son appui aux langues officielles en annonçant son intention de renouveler le Plan d’action pour les langues officielles. Il a ensuite confié à Bernard Lord, ancien premier ministre du Nouveau-Brunswick, la tâche de consulter les représentants des communautés de langue officielle et d’autres acteurs au sujet des principaux enjeux et des orientations d’une éventuelle initiative pour les langues officielles.
En parcourant le pays, en décembre 2007, Bernard Lord a entendu de nombreux groupes dont Canadian Parents for French (CPF), la Société éducative de visites et d’échanges au Canada (SEVEC), l’Association canadienne des professeurs de langues secondes (ACPLS), la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA) et le Quebec Community Groups Network (QCGN). Soulignons que ces deux derniers groupes avaient au préalable effectué d’importants travaux pour définir leurs attentes. Par exemple, lors de son sommet en juin 2007, la FCFA avait défini les enjeux et les priorités des communautés francophones et acadiennes. Le QCGN avait fait de même à son forum en février 2008. À la suite de ces consultations, Bernard Lord a déposé son rapport à la ministre de Patrimoine canadien le 3 mars 200814 et celle-ci l’a rendu public le 20 mars 2008.
En plus du rapport Lord, d’autres sources continuent d’alimenter la réflexion du gouvernement. Citons d’abord les rapports du Comité permanent des langues officielles de la Chambre des communes au sujet de la vitalité des communautés de langue officielle et du bilinguisme dans la fonction publique15. Les données de l’enquête postcensitaire16 jettent une lumière nouvelle sur la situation des communautés de langue officielle et corroborent leurs préoccupations.
Si le commissaire a accueilli favorablement le discours du Trône et les consultations menées par Bernard Lord, le budget du 26 février 2008 est venu assombrir les espoirs. Curieusement, il n’a fait que reprendre les grandes lignes du discours du Trône sur la dualité linguistique. Bien qu’il reconnaisse le processus de consultation mené par M. Lord, le document budgétaire n’a offert aucune précision quant au financement anticipé pour la prochaine phase du Plan d’action. Dans son rapport, M. Lord recommande qu’une somme d’un milliard soit consacrée à la future initiative. Sans vouloir se prononcer sur des sommes spécifiques, le commissaire est également d’avis que des sommes supplémentaires devront être investies, par rapport au budget du premier Plan d’action, afin de bâtir sur les acquis et de faire avancer les dossiers.
Entre-temps, quel bilan dresse le commissaire alors que le premier Plan d’action pour les langues officielles prend fin, et quelles sont ses attentes à l’égard de la nouvelle initiative?
Premier axe : l’éducation
Le Plan d’action a consacré la majorité de son financement à l’axe éducation, c’est-à-dire à l’enseignement dans la langue de la minorité et à l’enseignement de la langue seconde. Ces deux thèmes sont abordés successivement ci-après.
Mais soulignons d’abord que, en matière d’éducation, le gouvernement a transféré des sommes importantes à ses partenaires provinciaux et territoriaux par l’entremise du Protocole d’entente relatif à l’enseignement dans la langue de la minorité et à l’enseignement de la langue seconde. Ce protocole arrive à échéance en mars 2009. Dans l’intervalle, le commissaire attend avec intérêt un rapport de mi-parcours qui résumera les résultats des deux premières années (2005 à 2007). Il en profite pour rappeler l’importance de la transparence dans la reddition de comptes et la nécessité de publier et de partager l’information sur la réalisation des objectifs, selon les clauses du Protocole d’entente.
En ce qui concerne l’enseignement dans la langue de la minorité, les réalisations varient d’une province et d’un territoire à l’autre. On peut dire toutefois que les résultats sont à la hauteur des efforts consentis par les ministères provinciaux et territoriaux de l’Éducation, les commissions et conseils scolaires et leurs partenaires communautaires. Parmi les domaines d’intervention où l’on observe généralement de bons résultats, il y a la francisation des élèves des écoles primaires de langue française, aussi appelée « mise à niveau linguistique ». Ainsi, dans bien des milieux, des programmes ciblés ont été mis sur pied pour s’assurer que les ayants droit17 qui commencent l’école de langue française connaissent suffisamment cette langue pour réussir dès la première année scolaire.
En dépit des efforts déployés pour améliorer les programmes d’enseignement, le commissaire est d’avis que l’éducation dans la langue de la minorité est un domaine d’activité où il y a encore fort à faire. Rappelons qu’un des principaux objectifs du Plan d’action était d’augmenter la participation dans les écoles de la minorité. Or, à ce sujet, les données de l’enquête postcensitaire mettent en lumière des tendances inquiétantes. Elles révèlent que seulement 49 p. 100 des ayants droit francophones fréquentent les écoles de la minorité18. Environ 36 p. 100 sont scolarisés en anglais et 15 p. 100 d’entre eux sont inscrits dans des programmes d’immersion. Il faut aussi signaler que plus du tiers des parents qui inscrivent leurs enfants à des programmes d’immersion auraient préféré pour eux une école de langue française : plusieurs ont dû s’y résigner à cause de l’absence d’une école francophone; d’autres invoquent la proximité de l’école anglophone offrant un programme d’immersion. Au cours des prochaines années, il y a donc lieu de poursuivre les efforts en vue d’améliorer l’accès à l’école de la minorité francophone.
Du côté de la communauté anglo-québécoise, l’Enquête révèle que seulement 49 p. 100 des élèves ayant au moins un parent de langue anglaise fréquentent l’école de la minorité anglophone. Ce pourcentage s’élève à 70 p. 100 lorsque les deux parents sont de langue anglaise. Cette situation n’a rien d’apaisant pour les commissions scolaires de langue anglaise qui craignent de perdre leur clientèle scolaire au cours des prochaines années. En effet, dans certaines régions, l’exode des anglophones du Québec et le vieillissement de la population rendent parfois plus précaire le maintien du nombre d’ayants droit nécessaire à la survie des écoles de langue anglaise.
Selon Patricia Lamarre19, les membres des communautés anglophones attachent une importance grandissante à la maîtrise du français, surtout pour leurs enfants. Il ne faut donc pas s’étonner que, parmi les anglophones du pays, les jeunes anglophones du Québec soient les plus bilingues. Pour ces communautés, la participation à part entière à la société québécoise passe par l’apprentissage du français à l’école. Cette nouvelle façon de voir le français comme une valeur ajoutée explique en partie l’engouement pour l’école de langue française et les programmes d’immersion. Dans un tel contexte, il importe d’autant plus de soutenir les écoles de langue anglaise dans leurs efforts en vue d’offrir de solides programmes d’apprentissage du français. Il en découlera une relève compétitive sur le marché du travail dans les secteurs tant public que privé.
| Belle réussite : Centres scolaires communautaires20 L’une des grandes réussites pour la communauté anglophone du Québec a été la mise sur pied de 22 Centres scolaires communautaires (community learning centres). Ces centres permettent d’établir des liens durables entre la communauté et le réseau scolaire. De plus, les communautés participantes sont reliées par un système de vidéoconférences, lequel permet d’élargir l’éventail des programmes offerts à la population. |
Par ailleurs, au chapitre de l’enseignement de la langue seconde, le Plan d’action visait à doubler la proportion des jeunes Canadiens bilingues âgés de 15 à 19 ans. Ainsi, selon le Plan, environ la moitié de cette population doit devenir bilingue d’ici 2013. À cet égard, il faut reconnaître que les progrès tardent à se manifester. Selon les données du recensement de 2006, seulement 22,3 p. 100 des jeunes francophones et anglophones de 15 à 19 ans se disent bilingues, un recul d’environ 2 p. 100 par rapport au recensement de 2001. Cette diminution serait-elle attribuable aux compressions budgétaires imposées par les gouvernements fédéral et provinciaux dans les années 1990? C’est difficile à dire. Toutefois, il est clair que l’écart entre la cible de 2013 et la situation actuelle est considérable et qu’il y a lieu d’intensifier les efforts. Cette constatation est d’autant plus pertinente que la population canadienne semble largement favorable au renforcement des programmes d’enseignement de la langue seconde21. Lorsque Patrimoine canadien a mené des consultations en ligne22 relativement au renouvellement du Plan d’action, les participants abondaient dans le même sens : les Canadiens souhaiteraient avoir l’occasion d’apprendre les deux langues officielles. Il importe que le gouvernement fédéral continue de travailler avec les provinces et les territoires en vue de renforcer ce volet dans le prochain Plan d’action. Notons que M. Lord recommande dans son rapport que le gouvernement accorde une place prépondérante à l’éducation dans la prochaine initiative. Il recommande également de promouvoir la dualité linguistique en favorisant l’enseignement des langues secondes.
| Belle réussite : l’enseignement de la langue seconde Le Conseil des ministres de l’Éducation (Canada) a établi un groupe de travail qui explore la possibilité d’élaborer un cadre commun de référence pour les langues au Canada. Ce projet tire son origine du Cadre européen commun de référence pour les langues, lequel est un outil permettant d’établir clairement les objectifs à atteindre pour chacun des niveaux d’apprentissage d’une langue et d’évaluer les compétences de façon comparable à l’échelle internationale selon six niveaux de référence. Il est appuyé par l’Association canadienne des professeurs de langues secondes qui avance que l’utilisation d’un tel cadre pourrait faciliter le dialogue interprovincial et territorial, encourager la collaboration et le partage de ressources entre les autorités éducatives et favoriser la mobilité éducationnelle et occupationnelle dans l’ensemble du Canada. |
Deuxième axe : le développement des communautés
Le développement des communautés comprend les secteurs de la santé, des services à la petite enfance, de la justice, de l’immigration, du développement économique et de l’alphabétisation.
| Belle réussite : La santé en Alberta Grâce à l’appui financier de la Société Santé en français, la communauté francophone d’Edmonton peut maintenant compter sur les services du Centre de santé communautaire Saint- Thomas. Ouvert depuis l’automne 2007, le Centre fournit à des personnes âgées une gamme complète de services sous un même toit. Il abrite aussi une clinique qui offre des soins de santé primaires et d’autres services spécialisés. Par ailleurs, en février 2008, le Campus Saint-Jean de l’Université de l’Alberta a décerné ses premiers diplômes aux étudiants du programme bilingue de baccalauréat en sciences infirmières. Ce programme a été mis sur pied grâce à une collaboration entre le Campus Saint-Jean et la Faculté des sciences infirmières de l’Université de l’Alberta, d’une part, et à une contribution importante du Consortium national de formation en santé, d’autre part. En fait, ces deux initiatives sont complémentaires puisque le Centre de santé communautaire Saint-Thomas embauchera des diplômés du nouveau programme de baccalauréat du Campus Saint-Jean. |
D’abord, s’il est un secteur où le Plan d’action a connu un franc succès, c’est celui des services de santé dans la langue de la minorité. Les fonds investis dans le cadre du Plan d’action ont notamment permis de mettre sur pied 17 réseaux de santé, dont la plupart sont devenus les interlocuteurs officiels des gouvernements provinciaux dans les communautés francophones. Les efforts du Consortium national de formation en santé se sont soldés par une augmentation spectaculaire du nombre de recrues francophones dans les professions de la santé. Enfin, grâce au Plan d’action, les réseaux de services de santé anglophones du Québec, en partenariat avec l’Université McGill, ont notamment réussi à créer des programmes de formation pour habiliter les professionnels de la santé francophones à offrir des services en anglais. Ils mettent aussi l’accent sur la rétention du personnel anglophone dans la province en lui donnant les moyens de maintenir sa connaissance de la langue française. Tous ces efforts portent donc fruits. Cependant, pour passer à l’étape suivante, c’est-à-dire aller au-delà de la formulation des besoins et de l’établissement des structures, des investissements accrus seront nécessaires.
| Belle réussite : la santé Il y a quelques années, 10 collèges et universités se sont regroupés pour former le Consortium national de formation en santé, dans le but d’assurer la formation d’un nombre accru de professionnels de la santé qui pourraient travailler dans les communautés francophones en situation minoritaire, et d’établir une base solide de recherche sur la santé dans la francophonie canadienne. Le Consortium s’est fixé comme objectifs d’accueillir 2 196 nouveaux étudiants et de décerner 1 144 diplômes entre 2003 et 2008. D’après les données des évaluations présentées dans le rapport annuel 2006- 2007 du Consortium, ses campagnes de promotion auprès des jeunes sont efficaces puisque 2 135 nouveaux étudiants se sont inscrits dans les établissements membres et que ceux-ci ont décerné 574 diplômes au cours de la période visée. Si la tendance se maintient, on est en droit de s’attendre à ce que le Consortium atteigne ou dépasse ses objectifs. |
La petite enfance figure parmi les secteurs qui ont enregistré certains résultats positifs, quoique faibles sur l’ensemble de la période. Dans ce domaine, le Plan d’action avait comme objectif d’aider à créer des programmes, notamment des garderies et des maternelles dans les écoles de la communauté. Le commissaire tient à souligner de façon plus particulière le rôle incontournable de la Commission nationale des parents francophones (CNPF) à titre de défenseur de la petite enfance et de catalyseur de l’action commune des parents. En juin 2007, en partenariat avec Ressources humaines et Développement social Canada, la CNPF a dévoilé son cadre national de collaboration qui établit une vision commune de la petite enfance en milieu minoritaire francophone et clarifie le rôle des nombreux partenaires et intervenants. Cela dit, le domaine de la petite enfance est encore aux prises avec de grands défis, dont la pénurie sévère de services de garderie en français. Ainsi, de nombreux parents francophones qui voudraient se prévaloir de services adaptés à leur réalité culturelle et linguistique ont généralement du mal à le faire. Il faut dire également que les directions d’écoles primaires francophones ont plus de difficulté à faire augmenter le nombre d’inscriptions des jeunes francophones en raison du manque de services à la petite enfance offerts en français. Le gouvernement fédéral doit donc porter une plus grande attention à l’offre de services à la petite enfance. Il est particulièrement bien placé pour appuyer la vision mise de l’avant par la CNPF et injecter les ressources nécessaires à sa réalisation. De leur côté, les réseaux de parents doivent continuer de communiquer clairement leurs besoins aux différents paliers gouvernementaux qui interviennent en petite enfance.
| Belle réussite : la petite enfance Le Cadre national de collaboration en développement de la petite enfance francophone en contexte minoritaire au Canada réunit 13 partenaires qui travaillent pour le mieux-être des jeunes enfants, dont la Commission nationale des parents francophones en tête de peloton. Véritable modèle de partenariat multilatéral, ce cadre s’appuie sur les nouvelles connaissances en développement de la petite enfance et la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant. On y présente une vision commune du développement dans laquelle le rôle des différents partenaires est expliqué23. |
Le commissaire est satisfait des activités entreprises pour atteindre l’objectif du Plan d’action visant à améliorer l’accès à la justice dans les deux langues officielles. Le Fonds d’appui pour l’accès à la justice dans les deux langues officielles a accru, entre autres, la capacité des associations de juristes d’expression française de jouer leur rôle de sensibilisation et d’information auprès des communautés de langue officielle et de bâtir des réseaux de partenariat aux niveaux provincial et fédéral. Le Fonds d’appui a également permis de mettre sur pied trois comités consultatifs, dont le sous-comité consultatif sur l’accès à la justice qui réunit les principaux intervenants des communautés francophones et anglophones touchées par cet enjeu.
Par ailleurs, selon l’évaluation formative de 2006, les activités et les projets financés par le Fonds d’appui ont permis de sensibiliser les juristes, les communautés et le public à la question de la justice dans les deux langues officielles. Au Québec, le rapport d’évaluation a noté le manque de visibilité du Fonds au sein de la communauté anglophone et le fait qu’il ne satisfait pas adéquatement à ses besoins. Toutefois, le QCGN envisage d’effectuer un sondage pour déterminer les besoins de la population anglophone en matière de justice. Les résultats permettront à la communauté angloquébécoise de trouver les meilleures stratégies à suivre et ainsi de profiter du financement offert par le Fonds d’appui.
Enfin, lors de la rencontre du sous-comité consultatif sur l’accès à la justice en novembre 2007, Justice Canada s’est appuyé sur l’évaluation du Fonds d’appui et les commentaires des participants pour proposer le maintien du Fonds d’appui et la création d’un consortium de formation en justice. Ce consortium viserait à mettre à la disposition du système judiciaire des ressources bilingues afin que la population canadienne reçoive des services dans l’une ou l’autre des langues officielles. Le commissaire accueille favorablement cette proposition qui ciblerait la formation des étudiants qui entreprendront une carrière en justice, le perfectionnement des intervenants qui travaillent déjà dans le système, le développement et la promotion d’outils et, enfin, le recrutement.
| Belle réussite : la justice Les procureurs bilingues de la Couronne et les intervenants du système judiciaire pénal en Ontario peuvent désormais suivre une formation professionnelle et linguistique en français grâce au nouvel Institut de développement professionnel en langue française. L’Institut a été mis sur pied par le Groupe de travail fédéralprovincial- territorial sur l’accès à la justice dans les deux langues officielles, en collaboration avec le ministère du Procureur général de l’Ontario. Le Groupe de travail veut maintenant créer un réseau de procureurs bilingues à l’échelle du Canada. |
Dans le cadre du Plan d’action, le secteur de l’immigration a reçu 9 millions de dollars sur cinq ans pour favoriser l’immigration dans les communautés francophones et la rétention des immigrants francophones. Le commissaire s’est réjoui que Citoyenneté et Immigration Canada a lancé son plan stratégique en septembre 2006. Toutefois, ce plan n’est toujours pas assorti d’un montage financier précis. Le Ministère affirme que le financement proviendra des budgets de fonctionnement de ses services d’établissement, mais une certaine inquiétude plane. Rappelons que dans plusieurs provinces, les services d’accueil des immigrants francophones sont pour ainsi dire inexistants et que tout le travail reste à faire. Dans les années à venir, le Ministère doit notamment appuyer les activités du comité directeur pour l’immigration francophone, dont le rôle est essentiel pour faire progresser le dossier. Il doit aussi faire en sorte que les provinces dirigent une part raisonnable des transferts de fonds fédéraux vers les communautés francophones afin que ces dernières puissent organiser et offrir des services en français. Enfin, le commissaire souscrit à l’idée de miser sur les communautés de langue officielle qui veulent amorcer une démarche dans le domaine de l’immigration24.
| Belle réussite : l’immigration En octobre 2002, la communauté francophone du Manitoba s’est réunie afin de définir des moyens pour favoriser l’arrivée d’un plus grand nombre de francophones dans la province. À la même époque, le gouvernement provincial s’interrogeait sur les mesures à prendre pour accroître sa population. Leurs efforts concertés ont porté fruits. En 2005, la province accueillait 10 000 immigrants, une hausse remarquable comparativement à la moyenne de 3 500 qu’elle avait connue jusqu’en 2003. |
| Du côté de la communauté anglophone du Québec, le QCGN a présenté un mémoire à la Commission spéciale sur l’immigration de l’Assemblée nationale en octobre 2007. Environ 25 p. 100 de la communauté anglophone est née à l’étranger et, tout au long de l’histoire, l’immigration a contribué de manière fondamentale à façonner cette communauté. La communauté anglophone comprend que les immigrants doivent être capables de parler français pour bien s’intégrer, et elle appuie ce point de vue. Le QCGN estime toutefois que les immigrants anglophones peuvent adopter le français sans renoncer à faire partie de la communauté anglophone. Ainsi, le QCGN a exprimé sa volonté de collaborer avec les institutions gouvernementales dans le cadre des processus de sélection et d’intégration des nouveaux arrivants. |
Évidemment, le développement économique joue un rôle de premier plan dans l’épanouissement des communautés de langue officielle. Dans ce domaine, le Plan d’action a surtout cherché à agir sur trois aspects de l’employabilité dans les communautés : la capacité de participer à l’économie du savoir; les stages en entreprise et la formation en ligne; un meilleur accès aux programmes de développement économique existants. Or, le commissaire brosse un tableau plutôt mitigé des progrès réalisés dans cette sphère d’activité. D’un côté, l’effet bénéfique de certaines stratégies est indéniable. On pense notamment à la stabilisation du financement du Réseau de développement économique et d’employabilité (RDÉE) et des Comités d’employabilité et du développement économique communautaire (CEDEC) grâce au Fonds d’habilitation, auquel on a alloué 36 millions de dollars sur trois ans à partir de 2005. En revanche, les mesures prises ne semblent pas être ancrées dans une vision globale à long terme, ce qui amène le commissaire à qualifier de plutôt fragmentaires les efforts dans ce domaine. Compte tenu du rôle crucial que ces organismes jouent au sein des communautés, il est dans l’ordre des choses de renouveler leur financement à plus long terme pour qu’ils puissent mettre en œuvre leurs plans stratégiques.
Les premières années de mise en œuvre du Plan d’action ont permis de fonder de grands espoirs en matière d’alphabétisation dans la langue de la minorité. Le Bureau de l’alphabétisation et des compétences essentielles (anciennement appelé Secrétariat national à l’alphabétisation) de Ressources humaines et Développement social Canada a bien amorcé le processus en créant des structures pour exécuter divers projets communautaires. Toutefois, les compressions budgétaires de 2006 ont ralenti le travail des organismes qui veillaient à la mise en œuvre de ces initiatives. Malgré tout, la Fédération canadienne pour l’alphabétisation en français (FCAF) fait état de progrès satisfaisants en alphabétisation familiale. Les fonds du Plan d’action ont permis de poursuivre la formation d’intervenants en alphabétisation, d’augmenter le nombre de points de service et de lancer une campagne nationale de sensibilisation à l’importance de la lecture en famille. En mars 2008, la Fédération a tenu un colloque national sur l’alphabétisation familiale. Le Manitoba et le Nouveau-Brunswick ont été particulièrement actifs et ont lancé de nombreuses activités portant sur l’alphabétisation familiale. La FCAF juge que le financement du Plan d’action a permis de jeter les bases d’une action nationale concertée visant l’alphabétisation, mais qu’un énorme travail l’attend. En effet, de nombreuses études rapportent des taux d’analphabétisme plus élevés chez les francophones (au Québec et à l’extérieur du Québec) que chez les anglophones25. Pour s’attaquer à ce problème, des fonds accrus seront nécessaires.
| Belle réussite : l’alphabétisation Chaque année, grâce à l’appui de Postes Canada et aux fonds du Plan d’action, la Fédération canadienne pour l’alphabétisation en français publie des centaines de milliers d’exemplaires d’un signet pour souligner, le 27 janvier, la Journée de l’alphabétisation familiale. Ces signets encouragent les parents à lire avec leurs enfants. En janvier, la Fédération distribue ces signets dans la plupart des écoles francophones dans les provinces et les territoires canadiens, ainsi que dans les centres d’alphabétisation et les bibliothèques publiques. |
Troisième axe : la fonction publique
Le troisième axe du Plan d’action aborde les communications et la prestation des services, la langue de travail et la participation des Canadiens d’expression française et anglaise à la fonction publique fédérale.
Cet axe a comme objectif d’augmenter le taux de bilinguisme chez les fonctionnaires et d’améliorer la qualité des services bilingues. Exception faite de la campagne de sensibilisation de l’Agence de la fonction publique du Canada26, le rendement du Plan d’action est décevant dans ce domaine.
| Belle réussite : Par le bon bout de la lorgnette Le Conseil fédéral du Québec a tenu sa conférence semestrielle sur le renouvellement de la fonction publique les 15 et 16 novembre 2007 à Québec. Le comité organisateur tenait à ce que cette importante manifestation se déroule dans le respect de la Loi sur les langues officielles et que tous les participants se sentent à l’aise d’utiliser la langue officielle de leur choix. La conférence a été particulièrement réussie grâce à l’approche novatrice utilisée par les organisateurs pour que la conférence ait eu lieu dans les deux langues officielles, sans qu’on se limite au respect strict des règles. Les organisateurs ont mis de côté la formule minimaliste (et souvent restrictive) qui consiste à distribuer les documents dans les deux langues et à offrir des services d’interprétation simultanée. Animée en français et en anglais de façon impeccable et harmonieuse par une personnalité des médias bien connue, Christopher Hall, la conférence a montré comment des manifestations d’envergure peuvent devenir des vitrines de la dualité linguistique au sein de la fonction publique fédérale dans les régions. Elle prouve aussi qu’il peut être réellement avantageux pour une organisation de ne pas s’en tenir à la lettre de la Loi, mais de faire autant d’efforts pour en respecter l’esprit. |
Le commissaire a mis en lumière les nombreux problèmes systémiques qui persistent au sein des institutions fédérales à ce sujet. Comme nous l’avons déjà dit, les efforts du gouvernement pour améliorer l’application de la Loi dans les institutions ont été ralentis par les compressions budgétaires de 2006, notamment par l’élimination du Programme d’innovation. Ce programme, créé dans le cadre du Plan d’action et grâce à l’appui offert aux conseils fédéraux régionaux, a permis de lancer une foule d’initiatives visant le bilinguisme de la fonction publique partout au Canada. L’abolition du Programme a réduit considérablement l’ardeur des institutions fédérales à chercher des solutions aux problèmes chroniques. De plus, l’Agence a elle-même subi des restrictions budgétaires qui compliquent sa tâche de surveillance du bilinguisme. Il s’agit littéralement d’un retour à la case départ puisque le problème reste entier. En mars 2008, le Comité permanent des langues officielles de la Chambre des communes a présenté un rapport27 portant sur le volet « fonction publique » d’un futur plan d’action. Il y formule 17 recommandations, et le commissaire demande au gouvernement de les examiner sérieusement.
| Belle réussite : la fonction publique En 2005, l’Agence de gestion des ressources humaines de la fonction publique du Canada (qui est devenue plus tard l’Agence de la fonction publique du Canada) a lancé une initiative intéressante, soit le Forum des bonnes pratiques en matière de langues officielles. Chaque année, le Forum permet aux institutions fédérales de mettre en commun leurs pratiques exemplaires en matière de service au public, de langue de travail, de promotion du français et de l’anglais et d’appui aux communautés de langue officielle en situation minoritaire28. |
Quatrième axe : l’industrie de la langue
Le Plan d’action a fait état du rôle majeur que peut jouer l’industrie de langue (la traduction et l’interprétation, la formation linguistique et les technologies langagières) pour permettre au Canada de favoriser la dualité linguistique et d’accroître le bilinguisme. Or, depuis plusieurs années, l’industrie est aux prises avec une sérieuse pénurie de main-d’œuvre. Le Plan d’action a donc prévu la somme de 10 millions de dollars sur cinq ans pour accélérer le recrutement des futurs professionnels de la langue et permettre au secteur d’améliorer son image de marque et d’assurer son positionnement stratégique à l’échelle mondiale. Cette injection de fonds a mené à la création de l’Association de l’industrie de la langue (AILIA), qui depuis travaille à structurer le réseau des professionnels de la langue au Canada et à élaborer une stratégie technologique. L’Association se penche aussi sur des mesures et des partenariats possibles pour remédier au manque de professionnels dans le secteur de la traduction. Il s’agit d’un enjeu majeur pour l’avenir d’un pays bilingue. Le commissaire espère que le prochain plan d’action permettra à l’Association de continuer dans cette voie.
Le Plan d’action a aussi permis la création du Centre de recherche en technologies langagières, grâce à des fonds de 10 millions de dollars sur cinq ans. Situé à Gatineau (Québec), le Centre se penche sur la recherche et le développement d’outils et de logiciels d’aide à la traduction.
Selon le rapport de mi-parcours du Plan d’action29, publié en 2005, le Centre devait accueillir 150 chercheurs et experts. Bien que cet objectif soit loin d’être atteint, quelques projets prometteurs sont en cours. La recherche et le développement dans ce domaine exigent un travail de longue haleine ainsi que des fonds importants. Le gouvernement doit continuer d’appuyer ce secteur, d’autant plus qu’il va tout à fait dans le sens de la stratégie du gouvernement actuel de miser sur la recherche technologique et la commercialisation des produits de la recherche. M. Lord a d’ailleurs reconnu l’importance de ce secteur pour la progression de la dualité linguistique au pays.
| Belle réussite : l’industrie de la langue Le projet Transcheck-2 du Centre de recherche en technologies langagières vise à créer un logiciel qui détectera les erreurs de traduction (termes techniques, noms propres, données chiffrées, anglicismes, calques) et les mots oubliés ou superflus. Grâce au rapport d’information que le logiciel produira après avoir analysé le texte traduit, le traducteur pourra corriger les erreurs détectées et ainsi améliorer la qualité de son travail plus rapidement et à moindre coût. |
Le gouvernement a mené une étude30 en 2006 pour mieux comprendre la structure économique, les principales tendances et les retombées économiques de l’industrie de la langue. Elle souligne la forte croissance de cette industrie au Canada, en particulier chez les entreprises de formation linguistique de la Colombie- Britannique. Le potentiel économique et la pénurie de main-d’œuvre constituent de bonnes raisons d’investir dans ce secteur.
Le Cadre d’imputabilité et de coordination en langues officielles
Durant toute l’année 2007, il a beaucoup été question du nouveau plan d’action et de la nécessité de maintenir le Cadre d’imputabilité et de coordination en langues officielles pour préciser les responsabilités de chacune des institutions touchées et pour définir les modalités de la coordination horizontale.
Le Plan d’action 2003-2008 a montré le bienfondé d’une initiative d’ensemble qui unit un grand nombre d’institutions autour de buts communs et qui met à contribution les communautés. Plusieurs le considèrent comme un outil déterminant, non seulement pour assurer la gouvernance horizontale des langues officielles, mais aussi pour favoriser l’épanouissement des communautés de langue officielle et promouvoir la dualité linguistique.
Le commissaire insiste sur le fait que le Cadre d’imputabilité et de coordination en langues officielles qui accompagnait le Plan d’action doit être revu pour refléter les nouvelles obligations de la partie VII de la Loi ainsi que toute autre modification récente apportée à la gouvernance des langues officielles.
| En 2006-2007, le commissaire avait recommandé : « que la ministre des Langues officielles revoie le Cadre d’imputabilité et de coordination en langues officielles en tenant compte des changements apportés à la gouvernance des langues officielles et des nouvelles obligations des institutions fédérales qui découlent des modifications législatives de novembre 2005. » |
Les autres attentes du commissaire
Dans son rapport, Bernard Lord énonce 14 recommandations et met l’accent sur quatre secteurs qu’il considère comme étant primordiaux pour l’épanouissement des communautés, soit l’éducation, la santé, l’immigration et les arts et la culture. Le commissaire est d’accord à ce que ces secteurs restent au cœur du Plan d’action et se réjouit particulièrement de la recommandation de monsieur Lord d’inclure les arts et la culture, une recommandation qui fait écho à la sienne présentée dans son rapport annuel de 2006- 2007. Cependant, le commissaire constate avec regret que certains autres secteurs également cruciaux, tels que l’alphabétisation, la petite enfance et l’accès à la justice dans la langue officielle de son choix ne sont pas mentionnés. Les communautés de langue officielle en situation minoritaire ainsi que le Comité permanent de la chambre des communes sur les langues officielles ont déjà clairement indiqué l’importance de ces secteurs-clé pour le développement des communautés et le commissaire espère vivement que ces enjeux trouveront une place de choix dans la future initiative. On ne peut passer sous silence non plus le peu d’attention accordée dans le rapport de monsieur Lord au bilinguisme dans la fonction publique et au service dans les deux langues officielles.
Les résultats du dernier recensement et de l’enquête postcensitaire, dévoilés en décembre 2007, donnent un éclairage plus vif à des questions préoccupantes déjà bien connues de ces communautés. Pour les francophones, outre l’accès des ayants droit aux écoles francophones, il y a les enjeux liés à la diminution de leur poids démographique et au taux de transfert linguistique vers l’anglais. Quant à eux, les anglophones du Québec se préoccupent avec raison de l’exode de leurs jeunes vers d’autres provinces, de l’accès aux services de santé en anglais, des perspectives d’emploi et de l’apprentissage de leur langue seconde pour pouvoir participer pleinement à la société québécoise. Le nouveau Plan d’action doit s’attaquer fermement à ces enjeux.
Le commissaire a également maintes fois exprimé le souhait qu’on insiste davantage sur la promotion de la dualité linguistique auprès de la population, notamment les jeunes et les nouveaux arrivants. Qui plus est, il a réitéré non seulement l’importance pour les jeunes d’apprendre une deuxième langue officielle, mais il a aussi insisté sur la richesse qui découle de l’apprentissage de la culture associée à cette langue. Pour les membres de la majorité, l’apprentissage d’une langue seconde et de la culture qui lui est associée est un moyen privilégié de bâtir des ponts avec les communautés de langue officielle. La nouvelle initiative du gouvernement devra établir les priorités des interventions dans ce sens.
Enfin, l’épanouissement des communautés de langue officielle dépend de plus en plus des mesures prises par les provinces et les territoires, à la fois dans les domaines de l’éducation, de la santé et de l’immigration. Le commissaire a été heureux d’entendre les ministres provinciaux des Affaires francophones déclarer, en septembre dernier, qu’ils appuyaient fermement le renouvellement du Plan d’action 2003-2008.
Le commissaire exhorte donc le gouvernement à lever le voile le plus rapidement possible sur ses intentions réelles à l’égard de la nouvelle phase du Plan d’action.
LA GOUVERNANCE HORIZONTALE ET LA CONCERTATION
Bien qu’elles remplissent des mandats particuliers et établissent des priorités qui leur sont propres, toutes les institutions fédérales partagent des obligations statutaires en ce qui concerne les langues officielles.
Vu leurs responsabilités communes, les institutions fédérales sont toutes appelées à mettre en œuvre la Loi et à collaborer dans les dossiers liés aux langues officielles. Il est donc important de promouvoir une certaine cohérence dans la mise en œuvre des politiques et programmes qui sont sous la responsabilité des différentes institutions – de là le vocable « gouvernance horizontale »31. Au fil des ans, les institutions ont établi des mécanismes et des pratiques qui caractérisent les rapports qu’elles entretiennent.
Or, en février 2006, le gouvernement fédéral a apporté d’importants changements à la structure de gouvernance des langues officielles. Parmi ceux-ci, la fonction d’appui à la coordination des langues officielles, auparavant confiée au Bureau du Conseil privé, a été transférée à Patrimoine canadien. Plusieurs observateurs avertis ont exprimé leur inquiétude à l’égard de ce transfert et les incidences qu’il pourrait engendrer sur la gestion horizontale des langues officielles.
C’est notamment le cas du Comité sénatorial permanent des langues officielles, qui s’est interrogé sur les répercussions de ce changement au sein de l’administration publique dans son rapport sur le déménagement des sièges sociaux publié le 8 mai 200732. Le Comité a donc recommandé au commissaire de se saisir du dossier. Il lui a demandé, d’une part, d’analyser les changements dans la gouvernance des langues officielles et, d’autre part, de faire des recommandations pour améliorer la coordination horizontale de l’action gouvernementale en la matière.
Le commissaire a accepté d’examiner cette question de plus près en faisant appel au professeur Donald Savoie, expert reconnu dans le domaine de l’administration publique. Ce dernier a reçu le mandat d’étudier l’état actuel de la gouvernance horizontale en matière de langues officielles et de prodiguer des conseils pratiques.
La structure actuelle de la gouvernance horizontale en langues officielles
La gouvernance des langues officielles s’organise d’abord autour de la Loi, dont découlent un règlement, des mécanismes de mise en œuvre, des politiques et des directives de toutes sortes.
La Loi indique clairement que Patrimoine canadien et le Secrétariat du Conseil du Trésor sont responsables de coordonner l’action gouvernementale et de rendre des comptes au Parlement au nom du gouvernement.
Le Cadre d’imputabilité et de coordination en langues officielles33 est au nombre des mécanismes de coordination horizontale dont ces ministères disposent. Issu du Plan d’action 2003-2008, ce document explique le rôle et les responsabilités des institutions fédérales dans la mise en œuvre de leurs obligations en matière de langues officielles. Ces ministères peuvent aussi se servir du Cadre horizontal de gestion et de responsabilisation axé sur les résultats34. Présenté dans le Rapport de mi-parcours de 2005 du Plan d’action de 2003-2008, le Cadre horizontal réaffirme la nécessité de mettre en place une structure efficace de coordination interministérielle pour que toutes les institutions fédérales remplissent leurs obligations.
De plus, plusieurs comités ont été institués aux différents échelons décisionnels pour concrétiser l’approche gouvernementale à l’égard des langues officielles. Par le passé, il existait des comités qui regroupaient des ministres et d’autres qui étaient formés de sous-ministres. Aujourd’hui, on ne compte qu’un comité des langues officielles qui rassemble des sousministres adjoints.
Il y a aussi, parmi les membres de la haute direction des institutions fédérales, des champions qui font la promotion de tous les aspects liés aux langues officielles. Par ailleurs, de nombreuses institutions ont nommé des coordonnateurs nationaux de la partie VII. Ce réseau est coordonné par Patrimoine canadien.
À la tête de la structure administrative, le ministre des Langues officielles veille à la coordination horizontale du dossier. Entre 2001 et 2006, le ministre des Langues officielles a pu compter sur l’appui administratif du Secrétariat des langues officielles du Bureau du Conseil privé. Comme nous l’avons déjà mentionné, le Secrétariat des langues officielles mis sur pied par Patrimoine canadien accomplit cette tâche depuis février 2006.
La gouvernance horizontale : les principes à retenir
Les grandes questions de politiques publiques dépassent généralement le mandat ou la compétence d’une seule institution. Les gouvernements ne peuvent donc passer outre la question de la gestion horizontale. Toutefois, si au Canada comme à l’étranger, de nombreux praticiens et théoriciens ont proposé des moyens de renforcer la gestion horizontale des administrations gouvernementales, il n’y a hélas pas de solution miracle.
De nombreux tenants de l’horizontalité dénoncent la tendance des institutions à travailler en vases clos. Le cas échéant, on ne devrait peut-être pas s’en étonner puisque les administrations publiques mènent leurs activités en fonction des mandats respectifs des institutions. Or, les administrations publiques sont évaluées surtout d’après leur capacité à exécuter précisément des fonctions exclusives et à minimiser les chevauchements.
Même s’il existe des pressions sociales, politiques et même administratives pour mettre en pratique l’horizontalité, les institutions fédérales ne sont pas naturellement disposées à le faire. Cette situation s’explique en partie par le fait que la reddition de comptes au sein de la fonction publique se fait largement du bas vers le haut. Chaque unité administrative doit rendre des comptes à l’échelon supérieur. Il faut aussi admettre que les relations interinstitutionnelles sont souvent davantage conditionnées par la concurrence – pour obtenir une part plus grande de fonds publics – que par un véritable désir de collaboration.
Il existe donc d’importantes contraintes à la gestion horizontale dans les administrations publiques modernes. Il faut s’attaquer à ces obstacles si on veut permettre à une nouvelle philosophie de gestion de prendre racine.
Deux grands facteurs permettent aux institutions de collaborer davantage pour atteindre les objectifs à l’échelle du gouvernement. Il faut tout d’abord un engagement clair, fort et soutenu de l’exécutif politique (c’est-à-dire le premier ministre, son bureau et son cabinet), et ensuite, un appareil administratif qui a tous les outils nécessaires pour donner forme à cet engagement.
Un engagement politique ne se concrétise pas sans un solide soutien administratif. Dès lors, une question se pose : à qui serait-il préférable de confier la responsabilité administrative de promouvoir l’horizontalité? À un organisme central ou à un ministère?
Les organismes centraux sont généralement mieux placés pour faire la promotion de l’horizontalité au sein de la fonction publique puisqu’ils ont un mandat de surveillance de l’élaboration des politiques dans l’ensemble du gouvernement. Ils peuvent aussi exercer une influence considérable sur le travail des institutions. Les organismes centraux, et en particulier le Bureau du Conseil privé, « jouent un rôle important dans la gestion des questions horizontales, notamment en clarifiant les relations parmi les initiatives courantes, en fixant les priorités et en gérant la charge de travail des ministères en matière de politiques35. »
Toutefois, les organismes centraux du gouvernement fédéral ne sont pas infaillibles en la matière du fait qu’ils n’ont souvent pas l’expertise sectorielle des institutions et qu’ils ont tendance à éviter les responsabilités liées à la mise en œuvre des programmes. Ils ont souvent pour fonction première d’évaluer objectivement les différentes options de politiques publiques et de conseiller l’exécutif. Par ailleurs, en règle générale, ils n’ont pas de bureaux régionaux, ce qui les éloignent considérablement de la réalité vécue par les communautés.
Cette vision du rôle d’un organisme central pourrait d’ailleurs être à l’origine de la décision de transférer le Secrétariat des langues officielles du Bureau du Conseil privé à Patrimoine canadien. Bien qu’aucune explication n’ait été donnée au moment du transfert, cette décision semble conforme aux vues exprimées par le greffier du Conseil privé voulant que les organismes centraux ne doivent pas gérer des programmes ou des politiques.
Il n’en demeure pas moins que, pour le commissaire et d’autres observateurs, ce transfert a été la preuve d’un affaiblissement de la volonté politique d’assurer une coordination horizontale du dossier des langues officielles et de mettre en place les moyens nécessaires à cette coordination. Cette décision a eu un effet boule de neige au sein de la fonction publique. Selon le commissaire, le gouvernement a alors envoyé le message que le dossier des langues officielles n’était plus prioritaire.
Il convient toutefois de préciser qu’il y a aussi des limites inhérentes à la promotion d’objectifs horizontaux par les institutions. D’une part, si l’on considère la hiérarchie gouvernementale, les institutions sont toutes sur un pied d’égalité. Elles sont donc moins aptes à diriger un dossier dont la portée s’étend à l’ensemble du gouvernement. Donald Savoie souligne d’ailleurs qu’une institution peut difficilement s’élever au dessus des autres pour jouer un rôle de coordination. La rivalité est telle que les autres institutions pourraient y voir une forme de concurrence déloyale. D’autre part, les institutions pourraient avoir tendance à laisser à l’organisation chargée de la coordination horizontale le soin de « s’occuper du problème » alors qu’elles vaquent à leurs propres occupations.
Monsieur Savoie signale qu’il ne faut pas se surprendre d’un certain va-et-vient dans les décisions touchant la gouvernance horizontale. Les gouvernements procèdent par essais et erreurs pour mieux assurer la coordination des dossiers.
Reconnaissant donc les limites inhérentes à la gestion horizontale du point de vue des institutions et des organismes centraux, on ne peut que conclure que l’horizontalité devient en quelque sorte un défi permanent pour le gouvernement. En effet, il n’existe pas de modèle universel de gouvernance horizontale, mais plutôt une variété d’approches répondant aux particularités de chaque situation. Le commissaire tient toutefois à souligner que le dossier des langues officielles se distingue clairement des autres dossiers horizontaux puisqu’il enjoint l’ensemble des institutions fédérales à remplir des obligations communes et qu’il est lié aux valeurs fondamentales et à l’unité nationale du pays. Puisque toutes les institutions fédérales ont les mêmes obligations, il semble approprié qu’elles se concertent davantage pour atteindre collectivement de meilleurs résultats pour les citoyens et les communautés de langue officielle.
L’appréciation de la coordination actuelle de la gouvernance horizontale
Le programme des langues officielles du Canada se révèle comme un exemple particulièrement instructif pour l’étude de la gestion horizontale. Il illustre à la fois les forces et les faiblesses intrinsèques à cette pratique de gestion.
Énumérons d’abord les principales forces. Le renforcement de la partie VII de la Loi en 2005 oblige chacune des institutions fédérales à pleinement mettre en œuvre les objectifs liés au développement des communautés de langue officielle et à la promotion de la dualité linguistique dans la société canadienne. Il s’agit d’une réaffirmation de la nature horizontale du dossier des langues officielles. De plus, le dernier discours du Trône a donné l’impression que le gouvernement entend poursuivre son engagement par rapport au Plan d’action pour les langues officielles et, du même coup, sa gestion horizontale du dossier.
Les travaux de monsieur Savoie ont aussi permis de faire ressortir une autre force. Dans le cadre de ses consultations parmi les membres de la haute fonction publique, le professeur Savoie a perçu un engagement ferme face au dossier des langues officielles. Il semble se dégager un large consensus parmi les fonctionnaires à l’effet que les institutions fédérales doivent prendre les mesures appropriées pour réaliser les objectifs de la politique canadienne en matière de langues officielles. Certains ont rappelé tout le chemin parcouru depuis 1969, à la fois dans la fonction publique et dans la société canadienne. Ils soulignent qu’il y a un impressionnant éventail d’outils et de mécanismes de coordination horizontale comparativement à d’autres domaines de politiques publiques et ils ont raison. Sauf qu’il y a encore un bon bout de chemin à parcourir!
Si le discours du Trône de l’automne 2007 et l’énoncé budgétaire ont permis de fonder certains espoirs au sujet de l’avenir du Plan d’action, certains répondants rencontrés par monsieur Savoie dans le cadre de ses consultations ont observé une diminution du leadership depuis que la responsabilité de la coordination des langues officielles a été transférée du Bureau du Conseil privé à Patrimoine canadien. De plus, la majorité des répondants estiment qu’il est nécessaire de fournir un nouvel appui à cet égard, en particulier à la lumière de la décision du gouvernement de lancer un nouveau Plan d’action.
Devant ce constat, le commissaire souhaite voir des efforts renouvelés pour renforcer la gouvernance horizontale des langues officielles. Étant donné que la dualité linguistique est au cœur de l’unité canadienne et qu’elle constitue une valeur fondamentale du pays, sa promotion ne peut pas se faire en mode « pilote automatique ».
Le commissaire formule donc des recommandations touchant à la fois le leadership politique et administratif et le rôle du Secrétariat des langues officielles en tant que mécanisme de coordination.
Tout d’abord, comme le souligne Donald Savoie, le leadership politique est la condition sine qua non de la bonne gouvernance horizontale. Sans volonté politique clairement communiquée à l’ensemble de l’appareil administratif, on risque fort de se retrouver dans des conditions qui sont non sans rappeler la cacophonie de l’orchestre qui tente de s’accorder, mais qui n’arrive pas à s’entendre.
| RECOMMANDATION Le commissaire recommande que le premier ministre : a) crée un comité spécial de ministres présidé par la ministre des Langues officielles pour guider la pleine mise en œuvre du nouveau plan d’action et des obligations linguistiques au sein de toutes les institutions fédérales; b) fasse en sorte que le Cabinet, appuyé par le Secrétariat des langues officielles, dresse le bilan du dossier des langues officielles au moins une fois par année; c) fasse en sorte que le Secrétariat des langues officielles dispose de l’autorité nécessaire pour assumer un rôle de coordination horizontale en vue de mettre en œuvre l’ensemble de la Loi sur les langues officielles. |
Compte tenu du rôle qu’il joue déjà à l’égard du Plan d’action pour les langues officielles, le Secrétariat des langues officielles devrait, en collaboration avec le Bureau du Conseil privé, fournir un appui au Cabinet et au Comité spécial de ministres. Plusieurs aspects du contexte actuel pourraient être examinés par le Cabinet, dont la mise en œuvre du Plan d’action, la question des mesures positives et les langues officielles au sein de la fonction publique.
Monsieur Savoie a observé une autre faiblesse. Les langues officielles ne jouissent pas présentement de la prépondérance qu’elles méritent dans les ententes de responsabilisation des sous-ministres. Ces ententes font référence au Cadre de responsabilisation de gestion et aux Compétences en leadership qui couvrent la prestation des services au public et à la capacité de satisfaire à la fois à cette exigence et au désir des employés de travailler dans la langue officielle de leur choix. Toutefois, en dépit de la modification récente de la Loi, les sous-ministres ne sont pas tenus responsables des activités de leur ministère en matière de promotion de la dualité linguistique et d’épanouissement des communautés de langue officielle. Pour envoyer un message clair à l’appareil fédéral au sujet de l’importance que le gouvernement accorde au dossier des langues officielles, les sous-ministres doivent être tenus responsables des résultats.
| RECOMMANDATION Le commissaire recommande que le greffier du Conseil privé fasse en sorte que l’évaluation annuelle du rendement des sous-ministres tienne compte des efforts de mise en œuvre de l’ensemble de la Loi sur les langues officielles, particulièrement de la partie VII. |
L’analyse de Donald Savoie met aussi en lumière d’autres faiblesses. De nombreux fonctionnaires semblent fatigués d’appuyer la lourdeur administrative occasionnée par la quantité de rapports que doivent fournir les institutions sur la mise en œuvre des différentes parties de la Loi. Les exigences sont devenues un fardeau qui entrave la coopération interministérielle au lieu de la promouvoir. Au lieu de favoriser l’atteinte de résultats tangibles, cette situation encourage une culture de paperasse administrative. De plus, certains outils ne sont pas encore harmonisés à l’actuel régime de langues officielles.
En conséquence,
| RECOMMANDATION Le commissaire recommande que la ministre des Langues officielles donne au Secrétariat des langues officielles le mandat d’examiner les exigences en matière de responsabilisation et de rapports en langues officielles dans le but d’alléger les processus et surtout, de renforcer l’accent sur l’atteinte de résultats. |
Une telle étude pourrait être menée par le Secrétariat des langues officielles avec la collaboration des autres institutions qui jouent un rôle clé en matière de gestion du programme des langues officielles. Elle devrait prévoir l’analyse des rapports produits par les institutions sur les parties IV à VII de la Loi.
Par ailleurs, Patrimoine canadien doit faire tout ce qu’il peut pour procurer au Secrétariat une plus grande visibilité et une forte présence au sein de l’appareil gouvernemental à Ottawa, sous le leadership de la ministre et de la haute gestion du Ministère. Certaines des recommandations visent à donner une plus grande visibilité au Secrétariat aux langues officielles. Le gouvernement pourrait en voir d’autres. L’objectif est de permettre au Secrétariat d’adopter une perspective beaucoup plus large plutôt que de se concentrer sur le Plan d’action ou sur le Ministère, et les autres ministères et organismes devraient considérer que le Secrétariat possède un mandat pangouvernemental.
Enfin, comme nous l’avons vu, les langues officielles constituent un terrain propice à l’étude des bien-fondés de la gouvernance horizontale. Le travail du Secrétariat des langues officielles pourrait être un laboratoire intéressant pour observer les forces et les faiblesses de la gouvernance horizontale. Une étude ou des projets pilotes pourraient déboucher sur des idées novatrices qui satisfont à la fois aux obligations linguistiques et aux exigences de la responsabilisation horizontale et verticale au sein de la fonction publique.
LE RENOUVELLEMENT DE LA FONCTION PUBLIQUE
La fonction publique fédérale est aux premières lignes de la mise en œuvre du régime canadien des langues officielles. Elle représente le gouvernement fédéral aux yeux des citoyens. C’est donc souvent à travers elle que se traduit clairement et concrètement l’engagement du gouvernement à l’égard de la dualité linguistique canadienne.
À l’heure actuelle, la fonction publique doit relever d’importants défis. D’abord, plus de la moitié de ses fonctionnaires sont âgés de 45 à 64 ans, ce qui suppose le départ à la retraite d’un très grand nombre d’entre eux dans les années à venir. Par ailleurs, l’administration fédérale doit satisfaire aux attentes toujours plus grandes des citoyens qui exigent des services efficaces, une saine gestion et une reddition de comptes. La fonction publique doit aussi mieux refléter la diversité canadienne et les membres des minorités visibles qui la composent36. Tout cela dans un contexte où la concurrence avec le secteur privé pour attirer les meilleurs candidats s’intensifie et où les technologies transforment les façons de faire.
L’administration fédérale doit donc s’adapter pour conserver sa place dans une société en constante évolution. Et le gouvernement y veille.
| Une fonction publique vieillissante La moyenne d’âge des fonctionnaires est de 45 ans, soit 5 ans de plus qu’en 1990. La moyenne d’âge d’un cadre de la fonction publique est de 50 ans. L’âge moyen du nouveau cadre est de 46 ans. Bien que le taux de départ soit généralement bas dans la fonction publique par comparaison avec le secteur privé, il est prévu que les départs à la retraite atteindront leur point culminant vers 2013 et que leur nombre diminuera lentement par la suite. |
Le greffier du Conseil privé a fixé quatre grandes priorités pour le renouvellement de la fonction publique :
- accroître les activités de planification des ressources humaines au sein des ministères et des organismes gouvernementaux;
- améliorer les activités liées au recrutement de nouveaux effectifs;
- bonifier le perfectionnement des employés;
- moderniser les processus administratifs et les systèmes liés aux ressources humaines37.
De plus, pour appuyer le processus de renouvellement, le gouvernement a constitué deux comités : le Comité de sous-ministres sur le renouvellement de la fonction publique, sous l’égide du Bureau du Conseil privé, et le Comité consultatif sur l’avenir de la fonction publique, un comité externe mis sur pied par le premier ministre en novembre 2006.
| « […] nous considérons que le renouvellement de la fonction publique du Canada doit refléter un nouvel engagement envers le respect des obligations de la Loi sur les langues officielles – tant en ce qui concerne le service au public que la langue de travail au sein de l’administration fédérale. En tant qu’institution nationale, la fonction publique doit observer pleinement les valeurs nationales. » Premier rapport du Comité consultatif sur l’avenir de la fonction publique, mars 2007 |
Au cours de la dernière année, le commissaire a suivi avec intérêt les travaux de ces deux comités et s’est souvent prononcé sur la place des langues officielles dans le processus de renouvellement de la fonction publique. Son message est sans équivoque : la dualité linguistique est une valeur fondamentale de la fonction publique et le bilinguisme est une composante clé de son leadership. Ces deux éléments sont essentiels à une fonction publique contemporaine, efficace et reflétant les valeurs de notre pays.
Les réflexions et les perspectives
Nul doute que le dossier des langues officielles a connu sa part de succès depuis l’adoption de la Loi sur les langues officielles en 1969. Mentionnons une augmentation appréciable de la capacité bilingue au sein de l’administration fédérale, une proportion beaucoup plus représentative de francophones au service de l’État qu’à l’époque de Lester B. Pearson et un plus grand nombre de fonctionnaires anglophones qui ont appris le français au fil des ans grâce à la formation linguistique dispensée par le gouvernement.
| Belle réussite : la promotion des langues officielles Créée dans le cadre de la Semaine des langues officielles 2008 organisée par le Comité des langues officielles du Conseil fédéral du Nouveau-Brunswick, une vidéo présente des témoignages forts impressionnants des membres de ce conseil sur ce que signifie pour eux la dualité linguistique. Pour la majorité de ces leaders, il s’agit d’une valeur plutôt que d’une obligation, et la connaissance de l’autre langue officielle leur a ouvert une porte sur une culture complètement différente qu’ils ont eu la chance de découvrir. La vidéo fournit aussi une simulation d’une réunion bilingue afin de rappeler les principes de base du déroulement approprié d’une telle réunion. Le Comité des langues officielles a reçu plusieurs commentaires positifs des personnes qui ont visionné la vidéo. Bref, il s’agit d’un excellent outil de promotion des langues officielles. |
Malgré les progrès, force est de reconnaître que l’anglais règne toujours en maître comme langue d’usage dans la plupart des bureaux fédéraux à l’extérieur du Québec. La participation des anglophones au Québec demeure un défi. Au cours des années, le Commissariat a d’ailleurs souvent fait état de problèmes chroniques dans l’appareil gouvernemental, particulièrement en ce qui concerne les communications avec le public, la prestation des services et la langue de travail. À l’exception des institutions à caractère culturel, les politiques, les programmes et les activités du gouvernement sont largement conçus en anglais, et cette langue domine dans les communications tant verbales qu’écrites. À tous les échelons du gouvernement, l’anglais prédomine, et de nombreux fonctionnaires francophones se sentent obligés de recourir à leur langue seconde pour se faire comprendre.
De plus, dans l’esprit de plusieurs fonctionnaires semble s’être installée l’idée pernicieuse que la dualité linguistique et le bilinguisme ne sont que l’« affaire » des francophones. Si cette impression persiste, c’est que la fonction publique a encore beaucoup à faire pour pleinement intégrer la dualité linguistique dans sa culture organisationnelle.
Pourquoi en est-il ainsi? Comment expliquer qu’après tant d’années d’efforts les langues officielles ne soient pas plus solidement ancrées dans la culture des institutions fédérales?
En dépit de toutes les démarches entreprises pour faire en sorte que la dualité linguistique fasse partie intégrante de la fonction publique, peu de place semble avoir été réservée aux valeurs culturelles qui se rattachent à la langue seconde.
La politique des langues officielles est devenue essentiellement une question de communication – communication avec le public et entre les fonctionnaires. Dans ce contexte, on a surtout mis l’accent sur les obligations et les exigences à satisfaire. Bien que cette approche produise des personnes capables de communiquer dans les deux langues officielles, elle ne semble pas accroître sensiblement l’utilisation de la langue seconde ni favoriser la création d’une culture bilingue au sein des institutions fédérales. Combien de cadres ont déclaré, après avoir réussi leur test linguistique, ne pas être enclins à utiliser la langue récemment apprise au travail? Combien d’autres ont affirmé ne pas avoir l’occasion de parler français au travail dans la région de la capitale nationale où la proportion de francophones atteint pourtant 41 p. 100 de l’effectif et où le français est par conséquent répandu? Pourquoi il y a si peu de fierté à utiliser sa deuxième langue officielle? Serait-ce à cause d’un contexte rigide d’apprentissage empreint d’obligations et d’exigences linguistiques?
Quoi qu’il en soit, l’approche actuelle des exigences linguistiques ne parvient pas à produire des utilisateurs de la langue seconde, ce qui a malheureusement pour conséquence que la fonction publique n’incarne pas véritablement les valeurs de la dualité linguistique.
L’approche actuelle n’a rien de condamnable en soi. Toutefois, on sait aujourd’hui qu’elle ne suffit pas à atteindre les objectifs fixés si elle ne s’appuie pas sur des valeurs plus fondamentales qui lui confèrent sa légitimité et suscitent un plus solide engagement. Il faut dépasser la connaissance de la langue et s’intéresser aux valeurs culturelles des deux collectivités linguistiques. Au fond, l’apprentissage de la langue seconde et sa pratique doivent être perçus comme un avantage qu’on tire de la société et qu’on lui rend en connaissant la réalité de l’autre groupe linguistique. Il est possible d’imaginer un avenir où les employés du gouvernement acceptent de plein gré le défi d’apprendre une seconde langue officielle, tout en percevant ce défi comme une responsabilité individuelle et une richesse culturelle.
Il n’est pas facile de répondre à ces questions. Néanmoins, elles sont pertinentes et essentielles dans le processus de renouvellement de la fonction publique fédérale si on veut qu’elle soit le reflet d’un pays bilingue.
La recherche sur la gestion d’organisations publiques bilingues étant pratiquement inexistante, le Commissariat a l’intention d’entreprendre cette année une étude approfondie du sujet, dont les principaux objectifs seront les suivants : examiner les différences culturelles entre les francophones et les anglophones qui ont une incidence sur le milieu de travail; la façon dont ces valeurs influent sur les modèles de gestion; les cas exemplaires d’intégration des deux langues officielles d’organismes variés au sein de la fonction publique; les façons dont la dualité linguistique et la diversité canadienne imprègnent l’attitude des chefs de notre pays; et les conséquences de ces constats pour la gestion d’une fonction publique bilingue.
Le commissaire espère que la présente étude alimentera les réflexions en cours et la recherche de solutions durables.
Le recrutement d’effectifs bilingues
Une fonction publique résolument engagée envers la dualité linguistique doit inévitablement chercher à recruter de nouveaux effectifs bilingues parmi les diplômés des établissements d’enseignement postsecondaire du Canada. Le renouvellement de la fonction publique fournit donc une occasion de se tourner vers les stratégies de recrutement de nouveaux employés.
Depuis son entrée en fonction en octobre 2006, le commissaire a souvent déploré la tendance des établissements d’enseignement postsecondaire du Canada à mettre graduellement au rancart les mesures incitatives pour l’apprentissage des deux langues officielles. Cette question devrait préoccuper le gouvernement fédéral.
Le gouvernement fédéral, le plus important employeur de diplômés universitaires au pays, doit insister auprès des établissements d’enseignement postsecondaire sur l’importance qu’il accorde au recrutement de personnel compétent dans les deux langues officielles. C’est particulièrement vrai pour les diplômés issus des programmes de communications, de journalisme, de droit, d’administration publique et de soins de santé.
Dans son rapport de mars 2008 au sujet du bilinguisme dans la fonction publique, le Comité permanent des langues officielles de la Chambre des communes recommande que les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux collaborent avec les établissements postsecondaires dans le but d’encourager le bilinguisme chez les étudiants et que le gouvernement du Canada fasse mieux connaître les compétences linguistiques recherchées dans la fonction publique fédérale.
Si un nombre accru de personnes bilingues postulaient à la fonction publique, on pourrait envisager que la dualité linguistique fasse partie des valeurs des leaders de demain et qu’elle devienne partie intégrante de la culture organisationnelle des institutions.
Une fonction publique davantage empreinte de dualité linguistique serait bénéfique pour le Canada. Elle donnerait un net avantage dans une économie mondiale où les compétences langagières constituent un riche atout et un facteur de production clé. Elle contribuerait à rehausser le rayonnement et l’image du Canada à titre d’État ouvert et diversifié et à propager les valeurs de la démocratie et de l’inclusion partout dans le monde.
Cette année, le Commissariat compte effectuer une étude sur les possibilités d’apprentissage de la langue seconde dans les universités canadiennes, qu’elles soient francophones, anglophones ou bilingues. L’étude mettra l’accent sur l’offre de cours et de programmes universitaires dans la langue seconde ainsi que sur les autres services et activités reliés aux occasions d’apprentissage de la langue seconde.
La dualité linguistique : un élément essentiel du renouvellement de la fonction publique
Les constatations précédentes révèlent que la fonction publique fédérale est à un tournant de son histoire et que la dualité linguistique et la capacité de communiquer dans les deux langues officielles sont des éléments essentiels à retenir dans son processus de renouvellement. Alors que des milliers de nouveaux fonctionnaires s’apprêtent à intégrer la fonction publique, les responsables du renouvellement doivent nécessairement se pencher sur ces enjeux.
Comprenons-nous bien : l’objectif n’est pas de rendre tous les fonctionnaires bilingues. Il ne s’agit pas non plus pour le gouvernement fédéral d’embaucher seulement des diplômés du niveau postsecondaire qui ont des compétences dans les deux langues officielles. Cependant, si elle souhaite véritablement refléter les valeurs de la dualité linguistique, mettre en vedette le bilinguisme comme une composante clé du leadership et satisfaire aux exigences de la Loi, la fonction publique doit compter suffisamment de personnes qui choisissent de communiquer dans les deux langues officielles. Autrement dit, il est illusoire de croire à des progrès sur le plan de la langue de service aux communautés de langue officielle si on ne fait pas d’abord des percées en matière de langue de travail dans la fonction publique.
Le commissaire exhorte donc le greffier du Conseil privé et les comités constitués à soutenir le renouvellement de la fonction publique et pour attribuer à la dualité linguistique toute la place qui lui revient, que ce soit lors de l’examen des questions liées à la gestion des ressources humaines au gouvernement ou au moment de l’élaboration des stratégies relatives au recrutement, à la formation ou à l’image de marque de la fonction publique. Au cours du processus de renouvellement, il faut écarter le mythe que la dualité linguistique et le bilinguisme dans la fonction publique sont l’affaire d’un seul groupe linguistique et que les exigences linguistiques ne sont qu’une façon de garantir l’embauche de francophones. Pour faire des progrès, il faut cesser de voir et d’accepter l’unilinguisme comme la norme dans les opérations gouvernementales. Il faut répandre abondamment l’idée que la dualité linguistique, c’est une question de respect, que c’est une richesse personnelle et collective et que c’est l’affaire de tous. Un idéal inatteignable, diront certains avec cynisme. Toutefois, posons-nous les questions suivantes : Lester B. Pearson a-t-il eu tort en 1966 de rêver à un « climat favorisant la coopération des fonctionnaires par le recours à leur propre langue et la mise en œuvre de leurs valeurs culturelles respectives, tout en appréciant et en comprenant pleinement celles de l’autre groupe38 »? A-t-il eu tort lorsqu’il a cru à l’idée que les valeurs linguistiques et culturelles des Canadiens tant francophones qu’anglophones pourraient se refléter dans la culture de la fonction publique? Si on ne cherche pas à se rapprocher de ces buts, on risque fort de s’en éloigner.
Des pistes d’action
Voici certains des éléments à retenir pour réussir le renouvellement de la fonction publique :
1) L’engagement des cadres
Il faut d’abord obtenir l’adhésion et l’engagement des hauts dirigeants actuels de l’administration fédérale. Chacun doit épouser la valeur de la dualité linguistique en la mettant au centre des préoccupations lors du processus de renouvellement de l’administration fédérale.
Lors du processus d’embauche des cadres de demain, il faut miser sur les candidats qui incarnent les valeurs requises pour diriger une administration bilingue.
| « L’exemple, pour être compris, doit nous venir de la haute direction et nos actions doivent rigoureusement refléter ces propos, de façon uniforme et d’un bout à l’autre du système. Cette tâche incombe à nos dirigeants. » L’honorable Frank Iacobucci39 |
2) La formation
Les programmes de formation et de perfectionnement des cadres constituent une excellente occasion de leur transmettre les compétences et les valeurs rattachées à la gestion d’une organisation bilingue. L’École de la fonction publique du Canada doit donc aller au-delà de la pratique actuelle qui consiste à simplement expliquer les normes, les règles et les exigences liées au service dans les deux langues officielles.
Enfin, le gouvernement aurait intérêt à accentuer ses efforts de sensibilisation auprès de ses nouveaux employés. Durant les processus d’embauche et les programmes d’orientation, il y a lieu de clairement communiquer aux nouvelles recrues toute l’importance que les institutions attachent à la dualité linguistique.
| RECOMMANDATION Le commissaire recommande que le greffier du Conseil privé fasse en sorte d’intégrer pleinement la dualité linguistique dans les initiatives de renouvellement de la fonction publique, et plus particulièrement dans les activités de recrutement, de formation et de perfectionnement, afin que la dualité linguistique soit considérée comme une valeur au sein de l’appareil fédéral. |
3) Le recrutement au niveau postsecondaire
Le gouvernement fédéral doit collaborer étroitement avec les établissements d’enseignement postsecondaire du Canada de façon à encourager les étudiants à apprendre les deux langues officielles. Notamment, les universités doivent connaître les exigences linguistiques de la fonction publique fédérale pour faciliter le recrutement de diplômés qui ont des profils linguistiques adéquats.
4) La formation linguistique
La formation linguistique est un sujet de l’heure au sein de la fonction publique et le commissaire y accorde beaucoup d’importance. À l’heure actuelle, une forte proportion de fonctionnaire a l’impression que le financement destiné à la formation linguistique obligatoire a été amputé ces dernières années. Depuis que la responsabilité pour la formation linguistique obligatoire est passé de L’École de la fonction publique du Canada aux ministères, les fonctionnaires perçoivent un net recul. Le commissaire s’inquiète aussi du contrôle de la qualité de l’enseignement offert. Il continuera de suivre ce dossier de près.
| Belle réussite : le maintien des acquis linguistiques Le Conseil fédéral de l’Ontario a lancé un projet pilote dans la région de Toronto. Mis sur pied à l’intention des fonctionnaires fédéraux anglophones qui satisfont aux exigences linguistiques de leur poste en ce qui concerne la maîtrise du français, mais qui sont parfois réticents à utiliser leur langue seconde, ce projet vise à les aider à mettre leurs connaissances en pratique. Ainsi, des fonctionnaires ont été invités à prendre part à des séances de maintien des acquis qui comprennent des discussions, des présentations et des débats. À chaque séance, des animateurs dirigent les conversations, formulent des commentaires et donnent de la rétroaction. Les premières sessions, d’une durée de 10 semaines, ont généré tant d’intérêt que le nombre de personnes qui se sont inscrites pour la deuxième session a permis de former 5 fois plus de groupes. Une évaluation est en cours pour déterminer la pertinence de poursuivre le projet et d’en élargir la portée. |
Le commissaire reconnaît la responsabilité de chaque employé de parfaire ses connaissances linguistiques. Il encourage donc l’intégration de la formation linguistique dans les plans d’apprentissage et de perfectionnement des jeunes fonctionnaires dès le début de leur carrière, afin de les inciter à développer les capacités nécessaires pour continuer à gravir les échelons. Cependant, leurs gestionnaires doivent leur fournir des occasions d’apprentissage et les institutions doivent adopter des approches de formation novatrices, comme l’autorisation de congés pour que les employés suivent des cours d’immersion.
| Résultats du sondage de l’Agence de la fonction publique du Canada40 L’Agence de la fonction publique du Canada a mené un sondage à l’été 2007 auprès de deux groupes : des cadres (EX) et des groupes de relève (EX moins 1 ou 2) de l’administration publique fédérale. Près de 16 000 employés y ont participé. L’Agence a entrepris le sondage pour offrir au gouvernement une vision plus claire de la collectivité des cadres de direction et de ses groupes de relève. Parmi les répondants des groupes de relève, plus du tiers estiment que le manque d’accès à la formation linguistique a eu une incidence modérée ou élevée sur leur avancement professionnel. Dans le groupe des cadres, la proportion n’atteint que 18 p. 100 (impact modéré ou élevé). Au sein des deux groupes, le manque d’accès à la formation linguistique est un souci beaucoup plus grand pour les anglophones et pour les membres des groupes visés par l’équité en matière d’emploi. |
Notes
14 Le rapport soumis à la ministre des Langues officielles et intitulé Rapport sur les consultations du gouvernement du Canada sur la dualité linguistique et les langues officielles (février 2008) se trouve sur le site Web de Patrimoine canadien à l’adresse www.pch.gc.ca/pc-ch/consultations/lo-ol_2008/lord_f.pdf
.
15 Le rapport est publié sur le site Web du Comité permanent des langues officielles à l’adresse http://cmte.parl.gc.ca/cmte/CommitteePublication.aspx?COM=10472&SourceId=206228&SwitchLanguage=1
.
16 Le 11 décembre 2007, Statistique Canada a publié une enquête sur la vitalité des communautés de langue officielle. Cette enquête aborde divers thèmes tels que la langue employée dans les activités quotidiennes, l’utilisation des soins de santé, le sentiment d’appartenance et le parcours scolaire. Plusieurs institutions fédérales, dont le Commissariat, ont participé au financement de ce projet et à l’élaboration des principaux thèmes. Pour de plus amples renseignements, voir le chapitre III.
17 L’article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés définit les trois catégories de parents dont les enfants sont admissibles à l’instruction dans la langue de la minorité d’une province ou d’un territoire. La notion « d’ayant droit » désigne un enfant dont le parent est citoyen canadien et : i) dont la première langue apprise et encore comprise est celle de la minorité, ou ii) qui a reçu son instruction au niveau primaire dans une province où la langue dans laquelle il a reçu cette instruction est celle de la minorité, ou iii) dont un enfant a reçu ou reçoit son instruction, au niveau primaire ou secondaire au Canada, dans la langue de la minorité.
18 Statistique Canada, Les minorités prennent la parole : résultats de l’Enquête sur la vitalité des minorités de langue officielle, Ottawa, décembre 2007, p. 54.
19 Patricia Lamarre, « English Education in Quebec: Issues and Challenges », dans Richard Y. Bourhis, éd., The vitality of the English-speaking Communities of Quebec: From Community Decline to Revival, Montréal, CEETUM, p. 61-84.
20 www.learnquebec.ca/en/content/clc
(en anglais seulement).
21 Commissariat aux langues officielles, L’évolution de l’opinion publique au sujet des langues officielles au Canada, Ottawa, septembre 2006. Étude publiée à la suite d’un sondage réalisé par le Centre de recherche Décima, au téléphone, en février 2006, auprès d’un échantillon de 2 000 répondants de 18 ans et plus.
22 Pour de plus amples renseignements sur les consultations, voir le site Web du Ministère à l’adresse www.pch.gc.ca/pc-ch/consultations/lo-ol_2007/index_f.cfm
.
23 Pour de plus amples renseignements sur cette belle réussite, voir le document publié par la Table nationale en développement de la petite enfance francophone qui est affiché sur le site Web de la Commission nationale des parents francophones à l’adresse http://cnpf.ca/documents/Cadre_national_collaboration_DPE.pdf
.
24 Pour de plus amples renseignements sur l’immigration, voir le chapitre II.
25 Lynn Barr-Telford, François Nault et Jean Pignal, Miser sur nos compétences : Résultats canadiens de l'Enquête internationale sur l'alphabétisation et les compétences des adultes, Ottawa, Statistique Canada et Ressources humaines et Développement des compétences Canada, novembre 2005. Voir également Jean-Pierre Corbeil, Le volet canadien de l’Enquête internationale sur l’alphabétisation et les compétences des adultes de 2003 (EIACA) : état de la situation chez les minorités de langue officielle, Ottawa, Statistique Canada, décembre 2006.
26 Pour de plus amples renseignements sur la campagne de sensibilisation de l’Agence de la fonction publique du Canada, voir le site Web de l’Agence à l’adresse www.psagency-agencefp.gc.ca/ollo/campaign-campagne/index_f.asp
.
27 Comité permanent des langues officielles de la Chambre des communes, Prêcher par l’exemple : le bilinguisme au sein de la fonction publique dans le cadre du renouvellement du plan d’action pour les langues officielles, troisième rapport du Comité permanent des langues officielles, 39e législature, 2e session, Ottawa, mars 2008.
28 Pour de plus amples renseignements sur cette belle réussite, voir le site Web de l’Agence de la fonction publique du Canada à l’adresse www.psagency-agencefp.gc.ca/ollo/forum/gp-bp-2006/summary-resume_f.asp
.
29 Pour de plus amples renseignements sur le rapport de mi-parcours, voir le site Web de Patrimoine canadien à l’adresse www.pch.gc.ca/pc-ch/consultations/lo-ol_2007/03_f.cfm
.
30 Statistique Canada, Enquête sur les entreprises de l’industrie de la langue au Canada : traduction, interprétation et formation linguistique, Canada, 2006.
31 La gouvernance horizontale est aussi définie comme la gestion de programmes publics qui sont livrés par plus d’une organisation et dont il faut assurer la cohérence.
32 Comité sénatorial permanent des langues officielles, Le déménagement de sièges sociaux d’institutions fédérales : des droits linguistiques à respecter, Ottawa, mai 2007.
33 Pour de plus amples renseignements sur le Cadre d’imputabilité et de coordination en langues officielles, voir le site Web de Patrimoine canadien à l’adresse www.patrimoinecanadien.gc.ca/progs/lo-ol/legislation/bill_S7_f.cfm
.
34 Pour de plus amples renseignements sur le Cadre horizontal de gestion et de responsabilisation axé sur les résultats, voir le site Web de Patrimoine canadien à l’adresse www.pch.gc.ca/pc-ch/consultations/lo-ol_2007/03_f.cfm
.
35 Bureau du Conseil privé, Groupe de travail sur les questions horizontales, Ottawa, décembre 1996, p. 12. Rapport déposé par le groupe de travail composé de sous-ministres.
36 La proportion des membres des minorités visibles au sein de la fonction publique est inférieure à leur disponibilité sur le marché du travail, selon le Rapport annuel 2005-2006 de la Commission de la fonction publique, p. 103 et 104.
37 Pour de plus amples renseignements sur le renouvellement de la fonction publique, voir le site Web de l’Agence de la fonction publique du Canada à l’adresse www.psagency-agencefp.gc.ca/PSR-RFP/psrenewing-renouvelerfp_f.asp
.
38 Canada, Compte rendu officiel des débats de la Chambre des communes, Ottawa, Imprimeur de la Reine, vol. IV, 1966, p. 3915. Extrait de la déclaration de principes sur le bilinguisme du premier ministre Lester B. Pearson, avril 1966.
39 L’honorable Frank Iacobucci, lors de la première conférence annuelle Gordon F. Osbaldeston au Forum des politiques publiques, novembre 2006.
40 Les résultats du recensement des EX et des membres des groupes de la relève (administration publique centrale) publiés en mars 2008 se trouvent sur le site Web de l’Agence de la fonction publique du Canada à l’adresse www.psagency-agencefp.gc.ca/reports-rapports/cenus-ex-recensement/results-resultats_f.asp
.


