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CHAPITRE I : LES LANGUES OFFICIELLES ET LE LEADERSHIP

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« UN LEADER DIRIGE EN DONNANT L’EXEMPLE, QU’IL LE VEUILLE OU NON. »

AUTEUR INCONNU

Au Canada, exercer un leadership en matière de langues officielles veut dire tout faire pour offrir à tous les Canadiennes et les Canadiens des chances égales de s’épanouir dans la langue officielle de leur choix.

L’histoire nous rappelle que les grandes avancées dans le dossier des langues officielles à l’échelon fédéral ont toujours été le produit d’un leadership politique fort et résolu.

En 1966, le premier ministre Lester B. Pearson a jeté les bases d’une grande vision pour les langues officielles du pays – vision sur laquelle reposent encore aujourd’hui les aspirations de tant de Canadiennes et de Canadiens. Dans un discours en Chambre, il a déclaré que son gouvernement espérait et voulait que la fonction publique incarne véritablement, dans un délai raisonnable, les valeurs linguistiques et culturelles des francophones et des anglophones du pays.

« Le gouvernement espère et compte que, dans une période de temps raisonnable, […] :

a) il sera de pratique courante que les communications orales ou écrites à l’intérieur de la fonction publique se fassent dans l’une ou l’autre langue officielle au choix de l’auteur, celui-ci ayant dorénavant la certitude d’être compris par ceux à qui il s’adressera;

b) les communications avec le public se feront normalement dans l’une ou l’autre langue officielle eu égard au client;

c) la fonction publique reflétera, dans le recrutement et la formation de ses membres, les valeurs linguistiques et culturelles des Canadiens aussi bien de langue anglaise que de langue française; et

d) un climat se créera dans lequel les fonctionnaires des deux groupes linguistiques pourront travailler ensemble vers des buts communs, en utilisant leur propre langue et en s’inspirant de leurs valeurs culturelles respectives, tout en appréciant à leur pleine valeur et en respectant celles des autres. » Lester B. Pearson (1966)1

Ainsi, cette déclaration a ouvert la voie à l’adoption, en 1969, de la Loi sur les langues officielles, un jalon crucial qui devait mener à l’égalité des droits linguistiques. Par la suite, le gouvernement a encore fait preuve de leadership en 1988 lorsqu’il a adopté une nouvelle version de la Loi sur les langues officielles (la Loi), laquelle a considérablement élargi la portée de celle de 1969. Le Plan d’action pour les langues officielles, rendu public en 2003, constitue un autre bon exemple de leadership, en apportant un nouvel élan au programme des langues officielles et à la vitalité des communautés. On peut ajouter à cette liste la modification à la Loi en 2005 qui a clarifié les obligations de l’ensemble des institutions fédérales en ce qui a trait à la promotion du français et de l’anglais.

Les grands acquis que nous venons d’évoquer ont été obtenus dans des moments forts de leadership. Toutefois, nous pourrions aussi donner des exemples des conséquences néfastes d’un manque de leadership. En fait, l’absence de leadership et le manque de vigilance en matière de langues officielles ont donné lieu à des reculs au cours des 40 dernières années.

Le commissaire Fraser a constaté cette année que la mise en œuvre de la Loi plafonne, et il s’interroge sur l’avenir des langues officielles du pays. Les Canadiens accepteront-ils que ce dossier stagne pendant longtemps? Ou pis encore, laisseront-ils s’effriter graduellement les acquis? Le commissaire croit que les institutions fédérales doivent agir dès maintenant en exerçant un leadership fort et convaincant.

Le présent chapitre, que nous avons divisé en deux parties, s’articule autour de ce thème. Dans la première partie de ce chapitre, il est question du leadership des institutions fédérales en ce qui concerne la mise en œuvre de la Loi sur les langues officielles. Quel bilan peut-on dresser du leadership des institutions à partir des études, des enquêtes, des vérifications et des bulletins de rendement du Commissariat? Que pourraient faire les institutions pour exercer davantage leur leadership? Quelles sont les occasions à saisir?

Pour sa part, le commissaire croit qu’il est temps d’explorer de nouvelles façons de faire dans le but d’obtenir des résultats durables pour les Canadiens. Il en est question dans cette partie.

La deuxième partie du chapitre enchaîne sur trois enjeux qui concernent l’avenir des langues officielles au pays, en l’occurrence les mesures qui feront suite au Plan d’action de 2003-2008, la gouvernance des langues officielles et le renouvellement de la fonction publique. Ces enjeux comptent pour beaucoup lorsqu’il est question de leadership en matière de langues officielles. Par conséquent, le commissaire précisera ses attentes à cet égard.

Notes

1 Canada, Compte rendu officiel des débats de la Chambre des communes, Ottawa, Imprimeur de la Reine, vol. IV, 1966, p. 3915. Extrait de la déclaration de principe sur le bilinguisme dans la fonction publique prononcée par le premier ministre Lester B. Pearson le 6 avril 1966.



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