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CHAPITRE III : LA PROMOTION DE LA DUALITÉ LINGUISTIQUE ET LE DÉVELOPPEMENT DES COMMUNAUTÉS

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« LE LEADERSHIP, C’EST L’ART D’AMENER LES AUTRES À VOULOIR SE BATTRE POUR RÉALISER DES ASPIRATIONS COMMUNES. »

JAMES KOUZES ET BARRY POSNER

Le Parlement du Canada a fait preuve de discernement en 1969 en adoptant la première Loi sur les langues officielles pour faire en sorte que la dualité linguistique repose sur des fondements juridiques solides.

Par la suite, cette loi a déclenché de nombreux changements qui ont permis au Canada d’atteindre une plus grande égalité des langues officielles. La modification apportée à la Loi en novembre 2005 a clarifier les obligations du gouvernement face aux droits linguistiques des Canadiennes et des Canadiens. Les institutions fédérales doivent désormais prendre des mesures positives pour promouvoir la dualité linguistique et soutenir le développement des communautés de langue officielle.

La dualité linguistique n’est pas uniquement une question de droits. Elle constitue une richesse pour le Canada tout entier, non seulement du fait qu’elle participe à la diversité, mais aussi grâce aux bienfaits économiques et sociaux qu’elle entraîne, sur le plan tant individuel que collectif. Les langues officielles constituent des éléments essentiels de l’identité et de l’histoire du Canada et elles sont bien présentées aujourd’hui dans plusieurs sphères de la société canadienne, qu’il s’agisse des échanges commerciaux, des industries culturelles, des relations diplomatiques, des médias ou du dialogue entre les citoyens des deux communautés linguistiques.

L’anglais ne suffit pas

« Nous avons la chance de parler une langue [l’anglais] connue à l’échelle internationale. Cependant, dans un monde concurentiel fondé sur le savoir, si le Royaume-Uni ne compte que sur la langue anglaise, il se place dans un état de vulnérabilité et de dépendance à l’égard des compétences langagières et du bon vouloir des autres [traduction]1. »

Dans son rapport intitulé Languages: The Next Generation2, la Nuffield Foundation a fait remarquer en 2000 que l’on doit considérer la connaissance des autres langues comme une habileté essentielle, au même titre que le calcul et la lecture, puisqu’elle favorise la compétitivité, la tolérance interculturelle et la cohésion sociale.

Le Canada pourrait s’inspirer de ce message d’ouverture. La promotion du français et de l’anglais dans la société canadienne est une façon d’augmenter le capital humain et le savoir, des avantages inestimables dans la nouvelle économie.

Le double patrimoine linguistique du Canada lui donne un avantage à l’échelle mondiale, mais il doit apprendre à en tirer pleinement profit. En fait, on peut se demander si le Canada en fait suffisamment pour promouvoir les langues officielles et favoriser le développement des communautés de langue officielle. Déploie-t-il assez d’efforts pour donner aux jeunes l’occasion de passer d’un univers linguistique à l’autre grâce à l’usage des deux langues dans leur famille, à l’école ou dans leur quartier?

Les communautés de langue officielle font partie de l’expérience canadienne et comptent parmi les précieux atouts du pays. Cependant, leur histoire raconte un parcours parfois éprouvant, marqué par des hauts et des bas. Dans bien des cas, la volonté des individus de vivre dans une communauté de langue officielle n’a pas été suffisante pour en assurer le développement. Il a fallu une volonté collective, le soutien des gouvernements et même l’intervention des tribunaux pour que les communautés de langue officielle puissent s’épanouir dans leur langue et contribuer pleinement à la société canadienne. Des progrès ont certainement été faits en ce sens, mais le travail n’est pas terminé.

Ce chapitre aborde de nombreux enjeux entourant la promotion de la dualité linguistique et la vitalité des communautés de langue officielle.

Notes

1 The Nuffield Foundation, Languages: The Next Generation, Londre, 2000.

2 Ibid.



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