CHAPITRE IV - PARTIE 4 : LE DÉVELOPPEMENT DES COMMUNAUTÉS DE LANGUE OFFICIELLE EN SITUATION MINORITAIRE ET LA PROMOTION DE LA DUALITÉ LINGUISTIQUE : UN EXAMEN APPROFONDI
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Il est important d’adopter des mesures favorisant la promotion du français et de l’anglais dans la société canadienne afin d’assurer un avenir prometteur et durable à la dualité linguistique du pays. La partie VII de la Loi sur les langues officielles énonce l’engagement du gouvernement fédéral à ce chapitre. Toutes les institutions fédérales doivent prendre des mesures positives pour
- favoriser l’épanouissement des minorités francophones et anglophones du Canada; et
- promouvoir la pleine reconnaissance et l’usage du français et de l’anglais dans la société canadienne.
Le respect de cette disposition implique que les institutions doivent comprendre les besoins et les réalités des communautés de langue officielle et mettre en œuvre des plans qui permettront de répondre à ces besoins dans le contexte de leur mandat. Les institutions doivent aussi chercher activement à remplir cette obligation dans leurs diverses activités.
Cette partie de la Loi reflète le fait que les langues officielles dépassent le seul cadre du service au public ou celui d’une fonction publique fédérale bilingue. En effet, les langues officielles ont une incidence sur l’ensemble de notre société et font intervenir un large éventail d’acteurs, allant des associations qui font la promotion de l’enseignement des langues secondes aux institutions dynamiques, grandes et petites, que bâtissent et appuient les communautés de langue officielle partout au Canada.
Comme il a déjà été indiqué dans ce chapitre, les dispositions concernant la promotion du français et de l’anglais existent depuis 1988. En 2005, le Parlement a décidé de les renforcer en insérant la notion de « mesures positives » et en permettant que cette partie de la Loi fasse l’objet de recours judiciaires. En raison de ces changements, il est important que les institutions fédérales voient, plus que jamais, les langues officielles sous un angle nouveau et qu’elles contribuent à la promotion du français et de l’anglais au sein de leurs organisations respectives et de la société canadienne en générale.
Les plaintes recevables liées à la promotion du français et de l’anglais en 2007-2008
L’an dernier, le nombre de plaintes liées à la promotion du français et de l’anglais a augmenté considérablement, en raison des 118 reçues à la suite de l’examen des dépenses de 2006 du gouvernement fédéral. Cette année, le Commissariat aux langues officielles a reçu 36 plaintes recevables concernant cette partie de la Loi, ce qui représente 6 p. 100 de toutes les plaintes recevables déposées en 2007-2008.
Ces plaintes proviennent à 97 p. 100 de francophones, pourcentage beaucoup plus élevé que dans les autres catégories de plaintes. C’est au Manitoba qu’on enregistre le plus grand nombre de plaintes (12); la province est suivie par la RCN (10), l’Ontario (5) et le Québec (4).
Après un examen approfondi, le commissaire constate qu’un nombre presque équivalent de plaintes déposées cette année dans cette catégorie avaient trait au développement des communautés de langue officielle et à la promotion de la dualité linguistique. Pour améliorer le rendement dans ce domaine, les institutions fédérales doivent mieux comprendre leurs obligations à l’égard de l’appui au développement des communautés de langue officielle du Canada. Comme point de départ, les institutions devraient adopter les trois principes énoncés par le commissaire dans son rapport annuel de l’an dernier18. Elles peuvent aussi consulter le Guide à l’intention des institutions fédérales qui porte sur la mise en œuvre de cette partie. Tel qu’il a été mentionné, ce document présente des questions que les institutions devraient se poser pour déterminer si elles respectent la Loi, particulièrement à la lumière des modifications apportées en 200519. Étant donné qu’il n’y a pas de règlement régissant cette partie de la Loi, les institutions fédérales ont une occasion unique d’être novatrices et proactives quand elles élaborent des mesures positives de concert avec les communautés de langue officielle en situation minoritaire et d’autres intervenants clés qui cherchent à promouvoir le français et l’anglais au Canada.
| TABLEAU 11 LES TENDANCES RELATIVES AUX PLAINTES RECEVABLES CONCERNANTLA PROMOTION DU FRANÇAIS ET DE L’ANGLAIS | ||
| INDICATEUR | TENDANCE | APERÇU |
| Nombre total de plaintes recevables liéesà la partie VII | Augmentation | Depuis 2005-2006, le nombre de plaintes recevables liées à la partie VII a plus que quadruplé. Cette augmentation peut être attribuable au fait que la population canadienne est plus sensibilisée aux modifications apportées à la partie VII en 2005 et que les institutions ont des responsabilités accrues en vertu de cette partie. |
| Région où a eu lieu l’infraction alléguée – Partie VII | Certains changements | Pour les trois dernières années, la grande majorité des plaintes liées à la partie VII concernent des infractions présumées qui ont eu lieu dans la région de la capitale nationale. Ce nombre inhabituellement élevé (75 p. 100) peut s’expliquer par le fait que la plupart des plaintes liées à l’examen des dépenses de 2006 ont été déposées contre le gouvernement fédéral dans son ensemble, ce qui signifie que les infractions alléguées sont réputées avoir eu lieu à Ottawa. |
Les résultats des bulletins de rendement concernant la promotion du français et de l’anglais en 2007-2008
Dans les bulletins de rendement des institutions fédérales, le facteur évaluant la promotion du français et de l’anglais dans la société canadienne constitue 25 p. 100 de la note globale. Pour ce facteur, le commissaire évalue dans quelle mesure les institutions tiennent compte du développement des communautés de langue officielle et de la promotion de la dualité linguistique dans leur planification stratégique ainsi que dans l’élaboration de leurs politiques et de leurs programmes. Les institutions doivent montrer, entre autres, qu’elles ont mis en place des mécanismes permanents à cet égard, qu’elles ont pris des mesures pour sensibiliser le personnel aux exigences énoncées dans cette partie de la Loi et l’inciter à les remplir et qu’elles disposent de moyens leur permettant de comprendre les besoins des communautés de langue officielle. Cette année, l’évaluation des institutions non désignées tient également compte de leur mise en œuvre ou non d’un plan d’action visant à promouvoir la dualité linguistique et à favoriser le développement de ces communautés. (Patrimoine canadien oblige déjà les institutions désignées à élaborer et à mettre en œuvre un plan d’action sur cette partie de la Loi.)
Cette année, les résultats des bulletins de rendement indiquent que des progrès ont été réalisés quant au respect de ces obligations puisque les institutions ont obtenu généralement une note plus élevée pour ce facteur. Sur 36 institutions20, pas moins de 16 ont reçu la note « exemplaire », 14, la note « bon », 4, la note « moyen », et 2, la note « faible ».
Quant aux critères utilisés pour évaluer ce facteur, les institutions ont, dans l’ensemble, reçu des notes légèrement plus élevées pour leurs efforts destinés à favoriser le développement des communautés de langue officielle que pour ceux visant à promouvoir la dualité linguistique dans la société canadienne. Comme par les années passées, les mesures prises pour promouvoir la dualité linguistique sont toujours insatisfaisantes à certains égards et, parfois, certaines institutions n’en tiennent même pas compte. Il faudra faire preuve d’un plus grand leadership dans ce domaine si l’on veut que l’esprit de cette partie de la Loi soit pleinement respecté.
Les institutions désignées
La majorité des institutions désignées s’en tirent bien en ce qui concerne tous les critères examinés. Toutefois, elles sont encouragées à revoir leurs politiques et leurs programmes pour déterminer si ceux-ci favorisent le développement des communautés de langue officielle ou la promotion de la dualité linguistique, étant donné qu’il s’agit de la principale lacune cernée dans les bulletins de rendement.
Les institutions non désignées
Les bulletins de rendement de cette année révèlent que les institutions non désignées (c'està- dire celles qui n’ont pas à présenter de plan d’action à Patrimoine canadien ou à faire rapport sur leurs progrès liés à la mise en oeuvre de cette partie) ont amélioré leur rendement en matière de promotion du français et de l’anglais depuis l’an dernier. Le commissaire constate que ces institutions se sont mobilisées pour mieux comprendre et respecter leurs obligations à la suite des modifications apportées à la Loi en 2005. Ainsi, la plupart se sont dotées de mécanismes permanents qui assurent la prise en compte du développement des communautés de langue officielle ainsi que de la promotion de la dualité linguistique, tandis que d’autres sont en train de les mettre en place. Certaines institutions non désignées ont même examiné de quelles façons elles peuvent unir leurs efforts pour mettre en oeuvre cette partie de la Loi. Par exemple, comme il est souligné au chapitre I, Justice Canada, la Gendarmerie royale du Canada, Service correctionnel Canada, l’Agence des services frontaliers du Canada, Sécurité publique Canada et Patrimoine canadien ont établi un partenariat pour discuter de l’incidence de leurs politiques et de leurs programmes sur les communautés de langue officielle. Le commissaire applaudit ce type d’initiative horizontale et est impatient d’en connaître les résultats.
Malgré ces progrès, le commissaire précise qu’il y a toujours place à l’amélioration; il encourage donc les institutions non désignées à élaborer des plans d’action pour assurer la promotion du français et de l’anglais, de même qu’à revoir leurs politiques et leurs programmes à la lumière de leurs nouvelles obligations. Au cours de la prochaine année, le commissaire s’attendra à ce que celles-ci adoptent d’autres mesures concernant la partie VII et qu’elles fassent des progrès plus marqués d’ici le dépôt de son prochain rapport annuel. Il convient de noter que le commissaire, qui a choisi une méthode généreuse pour évaluer les institutions non désignées pendant la période de transition, revoit actuellement les deux ensembles de critères utilisés depuis l’an dernier.
| TABLEAU 12 LES TENDANCES RELATIVES AUX RÉSULTATS DES BULLETINS DE RENDEMENT CONCERNANT LA PROMOTION DU FRANÇAIS ET DE L’ANGLAIS | ||
| INDICATEUR | TENDANCE | APERÇU |
| Notes des bulletins de rendement à l’égard de la promotion du français et de l’anglais | Augmentation | Les notes des bulletins de rendement dans cette catégorie se sont grandement améliorées depuis l’an dernier, lorsque les critères ont été modifiés afin de tenir compte des modifications adoptées par le Parlement au sujet de cette partie de la Loi. Cette année, pas moins de16 institutions ont reçu la note « exemplaire », dont 5 institutions non désignées : l’Agence canadienne d’inspection des aliments, Pêches et Océans Canada, l’Agence du revenu du Canada, l’Administration canadiennede la sûreté du transport aérien et la Société canadienne d’hypothèques et de logement. Le commissaire est encouragé par ces résultats, même si une analyse approfondie s’impose pour déterminer l’incidence réellede ces progrès sur les communautés de langue officielle partout au Canada. |
| Institutions ayant obtenu la meilleure note ou présentant la plus grande amélioration | Certains changements | Quatre institutions ont reçu la note « exemplaire » deux années de suite : Postes Canada, Citoyenneté et Immigration Canada, Santé Canada et Statistique Canada. À elles s’en ajoutent 12 qui ont obtenu la note « exemplaire » cette année. |
Les vérifications et les suivis concernant la promotion du français et de l’anglais
Cette année, le commissaire a effectué deux suivis concernant la promotion du français et de l’anglais. L’un d’eux portait sur la façon dont la Commission canadienne du tourisme a donné suite aux recommandations formulées dans une vérification de 2005. L’autre avait trait à une vérification des Sociétés d’aide au développement des collectivités (SADC) et des Corporations au bénéfice du développement communautaire (CBDC).
- La Commission canadienne du tourisme : Le commissaire a constaté que l’institution a réalisé des progrès satisfaisants dans la mise en œuvre des huit recommandations présentées dans la vérification publiée en avril 2005. Grâce au leadership soutenu de sa haute direction, la Commission a fait des pas de géant dans le respect des obligations qui lui incombent en vertu de la partie VII de la Loi. Particulièrement, le commissaire a remarqué une amélioration importante dans la façon dont l’institution consulte les communautés de langue officielle, fait la promotion du français et de l’anglais dans la société canadienne et met en relief le caractère bilingue du Canada à l’étranger. Ces progrès sont aussi notés dans le bulletin de rendement. Il y a trois ans, la Commission a obtenu la note « faible » au chapitre de la partie VII; cette année, elle a reçu la note « exemplaire » dans les deux critères qui touchent à cette partie.
- Sociétés d’aide au développement des collectivités (SADC) et Corporations au bénéfice du développement communautaire (CBDC) : Le suivi de la vérification rendue publique en mai 2005 s’intéressait aux questions relatives à la fois au service au public et à la promotion du français et de l’anglais. Bien que les SADC et les CBDC ne soient pas assujetties à la Loi sur les langues officielles, quatre institutions fédérales ont le devoir de veiller à ce que ces organismes offrent des services bilingues et tiennent compte des besoins des communautés de langue officielle dans leur travail courant. Ces institutions sont les suivantes.
- Diversification de l’économie de l’Ouest Canada : Le commissaire a constaté que cette institution a bien réagi à deux des trois recommandations du rapport de vérification, mais qu’elle n’a pas encore établi d’échéancier précis pour l’achèvement des indicateurs de rendement de son plan d’action de la mise en œuvre de la partie VII. Elle doit aussi évaluer les mesures prises et les résultats atteints par les SADC et les organismes de développement économique francophones qui relèvent de sa compétence.
- Agence de promotion économique du Canada atlantique : Onze recommandations ont été formulées à l’intention de cette institution dans la vérification de 2005. Bien que l’Agence ait progressé dans l’application de certaines recommandations, le commissaire espérait voir de meilleurs résultats globaux. Selon le suivi, elle doit régler un certain nombre d’éléments, notamment intégrer les indicateurs de rendement dans son plan d’action pour la partie VII. Le commissaire demande à la haute direction d’insister sur l’importance d’établir des façons de mesurer les résultats; il considère que l’adoption d’indicateurs pour le développement des communautés de langue officielle est un pas dans la bonne direction.
- Agence de développement économique du Canada pour les régions du Québec : Quatorze recommandations ont été formulées à l’intention de cette institution dans le cadre de la vérification de 2005. Le commissaire est heureux de constater que celle-ci a fait des progrès à bien des égards, mais il l’encourage néanmoins à faire davantage pour assurer une surveillance efficace des services bilingues et démontrer que les SADC et les Centres d’aide aux entreprises (l’équivalent des CBDC des autres provinces) qui relèvent de sa compétence prennent des mesures pour favoriser le développement de la communauté anglophone du Québec.
- Industrie Canada/FedNor : La vérification de 2005 comportait onze recommandations à l’intention d’Industrie Canada/FedNor. Le commissaire est, en grande partie, satisfait des progrès de l’institution dans la mise en œuvre de ses recommandations. Le Ministère doit poursuivre ses efforts afin de veiller à ce que toutes les SADC examinent et, si nécessaire, réorganisent leurs sites Web, de manière à ce que le contenu soit dans les deux langues officielles. Industrie Canada doit aussi intégrer les indicateurs de rendement dans son plan d’action de la mise en œuvre de la partie VII, ce qui lui permettra d’évaluer les travaux en cours de réalisation au nom des SADC pour soutenir l’épanouissement et le développement de la communauté francophone du Nord de l’Ontario.
| Un regard sur la CBC/Radio Canada La Société Radio-Canada (SRC) et la Canadian Broadcasting Corporation (CBC) sont, de par leur nature, des institutions extrêmement importantes pour les communautés de langue officielle du Canada. À titre de radiodiffuseur national, CBC/Radio- Canada joue un rôle de premier plan dans le reflet des réalités des communautés de langue officielle et dans la promotion et le soutien de la culture canadienne. Dans de nombreuses communautés, CBC/Radio-Canada est la seule chaîne à leur donner accès à des émissions dans la langue de la minorité. Par conséquent, il s’agit clairement d’une institution ayant un rôle à jouer pour favoriser le développement des communautés de langue officielle en situation minoritaire. Même si la CBC/Radio-Canada fait l’objet de quelques plaintes seulement par année, un enjeu soulève des inquiétudes depuis quelques mois. L’institution conteste l’autorité du commissaire d’enquêter sur les plaintes et de mener des vérifications en faisant valoir que de nombreuses questions liées aux langues officielles se rapportent à la programmation. Le commissaire est très préoccupé par ce point de vue et collabore avec l’institution pour en arriver à une solution qui permettrait à celle-ci de conserver son indépendance en matière de programmation tout en respectant – et en reconnaissant – ses obligations aux termes de la Loi sur les langues officielles. Conscient de l’importante responsabilité de CBC/Radio-Canada d’offrir une programmation qui témoigne de la réalité canadienne, le commissaire se réjouit à la perspective de travailler avec le nouveau président pour dénouer l’impasse et aller de l’avant pour le bien des communautés de langue officielle en situation minoritaire partout au Canada et la promotion de la dualité linguistique. |
Des exemples de leadership en matière de promotion du français et de l’anglais
Voici des exemples de leadership en matière de promotion du français et de l’anglais dont a pris connaissance le commissaire au cours de la dernière année.
- Travaux publics et Services gouvernementaux Canada offre aux communautés de langue officielle du pays un abonnement gratuit à Termium Plus®, la base de données terminologiques et linguistiques en ligne (en français, en anglais et en espagnol) du Bureau de la traduction. Cette offre a également été étendue au Comité d’organisation des Jeux olympiques d’hiver de 2010 à Vancouver (COVAN), une autre mesure positive pour faire en sorte que ces Jeux soient véritablement bilingues. En outre, le Bureau de la traduction, organisme de service spécial du Ministère, a donné à l’Agence de la santé et des services sociaux de Chaudière-Appalaches la permission de reproduire et d’intégrer le Lexique des services de santé bilingue dans son propre lexique, utilisé par les professionnels de la santé et des services sociaux de la région.
- L’Agence de développement économique du Canada pour les régions du Québec a demandé à l’Institut national de la recherche scientifique de dresser un portrait socioéconomique de la communauté anglophone du Québec dans le but de mieux comprendre la réalité de cette population, sa distribution géographique, sa structure par âge, ses connaissances linguistiques et la situation de sa main-d’œuvre. Industrie Canada a réalisé un projet de recherche semblable, disponible sous forme de DVD, qui brossait un portrait socioéconomique des communautés de langue officielle dans le but d’aider le Ministère à mieux cibler les programmes et les services. Cet outil aidera également les communautés elles-mêmes à mieux comprendre leur composition socioéconomique ainsi que les divers aspects de leur vitalité. Le commissaire se réjouit de ces initiatives de recherche qui, selon lui, sont essentielles puisqu’elles fournissent aux institutions fédérales les connaissances relatives aux défis et aux changements qui touchent les communautés de langue officielle et leur permettent de déterminer les secteurs clés où elles doivent concentrer leurs efforts afin d’assurer un développement communautaire solide.
- Diversification de l’économie de l’Ouest Canada finance divers projets qui visent le développement des communautés de langue officielle, dont la promotion du Corridor touristique francophone de l’Ouest, qui vise à attirer les touristes francophones dans l’Ouest du Canada. Cette institution fournit également des fonds à l’Agence nationale et internationale du Manitoba, un partenariat fédéral-provincial axé sur les gens d’affaires immigrants des pays de la Francophonie ainsi que sur les échanges commerciaux avec ces pays.
Cette institution a aussi financé des projets pilotes de télé-éducation et de téléapprentissage dans quatre collèges et universités de l’Ouest canadien : le Collège universitaire de Saint-Boniface, au Manitoba, le Collège Mathieu, en Saskatchewan, le Campus Saint-Jean, en Alberta, et le Collège Éducacentre, en Colombie-Britannique. Ces projets pilotes ont donné lieu à la création de programmes de formation par Internet qui permettront à des étudiants de partout de parfaire leur éducation en français, d'obtenir un diplôme ou un certificat, d’accroître leurs compétences en technologie et de profiter d’intéressantes possibilités de carrière. - Le commissaire tient à souligner deux exemples de leadership en matière de promotion de la dualité linguistique du Canada. Lors de la série de concerts jeunesse et famille du Centre national des Arts, la championne des langues officielles de cet établissement a demandé que le français occupe une plus grande place dans les propos du chef d’orchestre lorsqu’il s’adresse à l’auditoire afin de témoigner de l’égalité des deux langues officielles pendant les spectacles bilingues. À la suite de cette demande, la teneur en français des propos du chef a doublé. Un autre exemple de leadership est celui de Postes Canada, à qui on avait demandé de commanditer le concours national CanSpell Spelling Bee. Avant d’accepter, l’institution a décidé qu’elle parrainerait aussi un événement semblable dans la communauté francophone afin de montrer qu’elle fait la promotion de la dualité linguistique dans ses activités chaque fois qu’elle le peut. Aussi Postes Canada a-t-elle commandité le concours CanSpell Spelling Bee et un concours de dictée en langue française organisé par la Fondation Paul Gérin-Lajoie. Le commissaire encourage Postes Canada à faire preuve d’un tel niveau de conscience dans d’autres situations ainsi qu’à adopter le même réflexe dans la mise en œuvre d’autres parties de la Loi, en particulier celles liées à la prestation de services au public et à la langue de travail.
CONCLUSION : LA PROMOTION DU FRANÇAIS ET DE L’ANGLAIS
Deux ans et demi après l’adoption, par le Parlement, des modifications touchant la partie VII de la Loi pour y inclure l’obligation de prendre des mesures positives afin de favoriser l’épanouissement des communautés de langue officielle et de promouvoir la pleine reconnaissance et l’usage du français et de l’anglais dans la société canadienne, des changements positifs ont été apportés. En dépit de l’augmentation importante du nombre de plaintes liées à cette partie de la Loi, le commissaire voit dans ces changements le signe d’une sensibilisation accrue de la population canadienne à ses droits qui découlent de cette partie. La mobilisation au sein des institutions fédérales non désignées est également manifeste : bon nombre d’entres elles ont mis en place des mécanismes permanents qui assurent la prise en compte du développement des communautés de langue officielle et de la promotion de la dualité linguistique. Le commissaire encourage les institutions non désignées à poursuivre dans cette voie, en vue d’améliorer leur rendement et de respecter les droits linguistiques des Canadiens et des Canadiennes.
Les institutions désignées réussissent bien dans la plupart des secteurs, mais le commissaire constate qu’il leur faut accroître leurs efforts pour que les examens de leurs politiques et de leurs programmes actuels permettent d’en déterminer l’incidence réelle sur leurs obligations aux termes de la partie VII.
Pour toutes les institutions, l’obligation de promouvoir l’usage et la reconnaissance du français et de l’anglais dans la société canadienne demeurent un défi de taille. Année après année, ce devoir, qui vise à assurer la promotion du français et de l’anglais, est souvent négligé. Vingt ans après l’inclusion de cette obligation dans la Loi, et près de trois ans après son renforcement, le commissaire ne voit toujours pas les résultats auxquels ont droit les Canadiens et les Canadiennes. Et, une fois de plus, il demande aux institutions de faire preuve de leadership et de considérer la promotion du français et de l’anglais comme une question importante pour les deux communautés de langue officielle et l’ensemble de la société canadienne. Il s’attend à des améliorations dans ce domaine au cours de l’année qui vient.
Notes
18 Au sujet des trois principes guidant la mise en œuvre de la partie VII, voir le chapitre I.
19 Pour connaître les questions que les institutions devraient se poser pour déterminer si elles respectent la Loi, se reporter à la section 1 du présent chapitre.
20 Deux des institutions évaluées, l’Administration de l’aéroport international d’Halifax et l’Administration de l’aéroport international d’Ottawa, ne sont pas assujetties à la partie VII de la Loi.


