Infoaction, février 2004, volume 9, no 2
- Mot de la commissaire
- Médaillés et bilingues en plus
- La dualité linguistique au Canada : Point de vue d'une immigrante
- Ses îles, sa ville, son pays...
- Avant de monter sur le podium
- Qu'est-ce que Sport Canada?
- Un site magique à visiter encore et encore
- Les tribunaux accorderont réparation
- Liaisons aller-retour
- Postes bilingues : Personnes bilingues
- Quand le livre tend la main
- Projet de concertation : une réussite
- Des claviers qui cliquent dans les deux langues
- Un projet unique en son genre
- L'expérience canadienne : Une inspiration
- In mémoriam
- Symposium
- Une première dans l'Ouest canadien
- Prix de traduction
- Nouveau bureau à Sudbury
- Prix d'excellence
- Avant le point final
Coordination : Stéphanie Côté, Jean-Sébastien Racine
Rédaction : Monique Cousineau
Rédaction-conseil : Chantale Breton
Traduction : Bureau de la traduction
Révision française : Texte et Rédaction Inc.
Révision anglaise : Nancy Lee
Infographie : Losmoz Graphik
344, rue Slater
3e étage
Ottawa (Ontario) K1A 0T8
Téléphone sans frais : 1 877 996-6368
Télécopieur : (613) 943-2255
ISSN 1203-0996
Courriel : message@ocol-clo.gc.ca
Site Web : www.ocol-clo.gc.ca
MOT DE LA COMMISSAIRE Les attentes de l'auditoire ne changeront pas
Le paysage politique canadien a changé depuis le 12 décembre. Un nouveau premier ministre et son équipe assument le leadership du pays. Inutile de vous dire que je veille de façon vigilante et attentive à la place qu'occupent les langues officielles dans la réalité et l'évolution de cette nouvelle ère parlementaire canadienne. Il est à souhaiter que M. Martin et son équipe ne négligent aucunement le devoir et la responsabilité qui sont les leurs : respecter le Plan d'action pour les langues officielles, ce plan de redressement dont s'était doté le précédent gouvernement.
Dans mon dernier Rapport annuel, je comparais ce Plan à une partition musicale ou, si vous préférez, à une œuvre pour grand orchestre. J'avais alors souligné que tout comme un orchestre a besoin d'un chef habile, l'exécution du Plan d'action pour les langues officielles restera inachevée sans un leadership fort et soutenu. Et j'avais ajouté que le passage d'un chef à un autre ne s'exécute pas sans préparation et que la transition doit se faire dans le respect le plus total de la partition où il n'y a aucune place pour les fausses notes.
Le chef d'orchestre a changé depuis mon dernier Rapport mais la partition musicale reste la même. Ma priorité, soit de veiller à ce que les objectifs du Plan d'action se transforment en résultats tangibles pour le public canadien, demeure également inchangée. Qu'on se rappelle que l'auditoire, le grand public, nourrit les mêmes attentes quant au Plan d'action pour les langues officielles : il exige une meilleure offre de services dans les deux langues officielles, une pleine intégration des langues officielles dans la culture de la fonction publique tout comme un plus grand soutien aux communautés de langue officielle en situation minoritaire et enfin, un renforcement du bilinguisme chez les jeunes Canadiennes et Canadiens. Je ne suis pas sans savoir que la réalisation du Plan d'action exige de l'audace et que les attentes du public n'en sont que plus grandes. M. Martin peut compter sur mon entière collaboration. Je serai là, fidèlement à l'écoute, en espérant n'entendre aucune fausse note.
Le présent numéro d'INFOACTION vous donne des preuves bien vivantes que de nombreux jeunes favorisent l'apprentissage des deux langues officielles. Je vous invite à lire le témoignage d'une jeune Chinoise nouvellement émigrée au Canada, celui de trois athlètes olympiques qui ont retrouvé le podium et enfin, une entrevue avec un jeune fonctionnaire fédéral de Toronto. Des jeunes de cette trempe, il s'en trouve partout au Canada et nous avons raison d'être fiers d'eux, car ils et elles contribuent grandement à l'épanouissement de la dualité linguistique canadienne.
Bonne lecture!
MÉDAILLÉS ET BILINGUES EN PLUS
Vous les avez sûrement vus ou entendus à la télévision ou à la radio s'exprimant parfois en anglais, parfois en français. Ces jeunes athlètes font partie de la nouvelle génération canadienne qui compte de plus en plus de bilingues. Dernièrement, INFOACTION a rencontré trois athlètes ayant représenté le Canada aux Jeux olympiques. Nous leur avons demandé de partager leur expérience personnelle de l'apprentissage d'une langue seconde et du bilinguisme. Marc Gagnon, Catriona Le May Doan et Yannick Lupien ont bien voulu nous livrer leurs impressions. Comme vous le savez, le Commissariat aux langues officielles s'intéresse de près à la dualité linguistique telle que vécue au sein du système sportif canadien.
Marc Gagnon, l'athlète olympique canadien le plus médaillé de l'histoire des Jeux olympiques d'hiver, nous a parlé des principales étapes du parcours qui l'a rendu bilingue. Marc naît et grandit à Chicoutimi. Très jeune, il fait sa marque dans le patinage de vitesse. À l'adolescence, il déménage à Québec afin de se perfectionner en se joignant à l'Équipe nationale. C'est à l'école secondaire Cardinal-Roy de Québec que Marc commence vraiment l'apprentissage de l'anglais langue seconde. La motivation d'apprendre et de parler couramment lui vient de sa professeure d'anglais, madame Louise-Andrée Simoneau, qui lui fait d'abord aimer cette langue et la culture qu'elle véhicule. Sans sa professeure, Marc se demande s'il serait bilingue aujourd'hui.
En tant que membre de l'Équipe nationale de patinage de vitesse sur courte piste, Marc sentait le besoin de communiquer avec tous ses coéquipiers et coéquipières, plus particulièrement les anglophones. Motivé par sa professeure, il ne tarde pas à s'adonner de tout cœur à l'apprentissage de l'anglais. Bientôt, Marc le parle couramment. Les nombreuses compétitions auxquelles il participe l'amènent à beaucoup voyager, ce qui lui donne l'occasion d'utiliser sa langue seconde. En pratiquant un sport de haut niveau, Marc se rend vite compte des multiples avantages de parler couramment le français et l'anglais. En étant bilingue, il communique plus facilement avec certains de ses entraîneurs qui ne parlent pas français, et il échange aussi avec les athlètes de son équipe. À l'occasion de ses nombreuses victoires, Marc est toujours heureux de s'exprimer dans les deux langues, à la télévision ou à la radio. Il a aussi appris l'italien, ayant eu une copine italienne. Il s'est vite débrouillé dans cette langue qu'il maîtrise maintenant assez bien.
Présentement, Marc fait encore son deuil de sa retraite. Un jour, il aimerait être entraîneur, mais pour l'instant, il trouve encore difficile de mettre les pieds sur une patinoire de courte piste.
Catriona Le May Doan, triple médaillée olympique en patinage de vitesse sur longue piste, naît à Saskatoon. Son apprentissage d'une langue seconde est différent de celui de Marc Gagnon, puisque qu'elle en fait l'expérience dès la maternelle. Ses parents l'inscrivent dans une école primaire de langue française à Saskatoon, école qu'elle fréquente pendant huit ans.
Catriona poursuit ses études secondaires dans une école offrant un programme avancé en français. Sans doute parce qu'elle débute l'apprentissage du français dès la petite enfance, Catriona n'éprouve pas de grandes difficultés à devenir bilingue. Elle est très reconnaissante envers ses parents qui lui ont donné la chance de maîtriser les deux langues officielles, ce qui lui permet de progresser dans sa carrière sportive et professionnelle. Comme Marc Gagnon, elle apprécie pleinement l'avantage de communiquer librement avec les autres athlètes. Participer à des entrevues dans les deux langues représente un avantage et elle se réjouit de communiquer dans les deux langues officielles du Canada avec le public canadien et européen, mais aussi avec les athlètes des autres pays représentés aux Jeux olympiques.
Catriona encourage fortement tous les jeunes du Canada à apprendre le français et l'anglais, qui sont pour elle deux portes ouvertes sur le monde. Il s'agit de voyager autant qu'elle le fait pour s'en convaincre. Elle ajoute que parler le français et l'anglais contribue à une meilleure compréhension de la société canadienne et au développement d'un sens d'appartenance au pays. Dans son cas, l'apprentissage du français lui a même permis de mieux saisir les subtilités de sa langue maternelle. Catriona croit que l'apprentissage du français et de l'anglais devrait être obligatoire dans toutes les écoles canadiennes. Fière d'avoir représenté le Canada à l'échelle internationale, Catriona met beaucoup d'espoir dans la relève. Les jeunes athlètes sauront, sans aucun doute, atteindre leurs objectifs et réaliser leurs rêves.
Né à Laval, au Québec, Yannick Lupien grandit et fait ses études à Aylmer, au Québec. Il fait présentement partie de l'Équipe nationale de natation. L'été prochain, il participera aux Jeux olympiques pour la deuxième fois.
Ayant grandi dans une région bilingue, Yannick commence à apprendre l'anglais à la garderie. Il devient bilingue très tôt et n'éprouve aucune difficulté à s'exprimer en anglais. En tant que membre de l'Équipe nationale de natation, il participe à de nombreuses compétitions au Canada et à l'étranger, ce qui lui donne l'occasion de mettre sa connaissance de la langue anglaise en pratique.
Tout comme Marc et Catriona, Yannick ne voitque des avantages à comprendre et parler le français et l'anglais. « En tant qu'athlète bilingue, je peux faire deux fois plus d'entrevues, à la CBC, à Radio-Canada et aux autres réseaux canadiens de télévision et de radio. Pour un athlète de haut niveau, c'est absolument essentiel d'être bilingue si on veut réellement communiquer avec les membres de l'équipe et les entraîneurs. Être bilingue n'est pas un fardeau à traîner, mais une compétence de plus », a-t-il déclaré.
Yannick ne saurait assez encourager les jeunes à apprendre les deux langues officielles du Canada. Selon lui, étudier l'anglais ou le français est beaucoup plus facile que se maintenir en bonne forme. INFOACTION profite de l'occasion pour lui souhaiter la meilleure des chances lors des prochains Jeux olympiques qui auront lieu cet été à Athènes.
Le message des ces trois jeunes athlètes est on ne peut plus clair. Parler les deux langues officielles, c'est aussi précieux qu'une médaille d'or!
LA DUALITÉ LINGUISTIQUE AU CANADA Point de vue d'une immigrante par Nan Xie
Le Canada est vraiment un beau pays, spécialement pour les immigrants et les immigrantes qui viennent de pays où il n'y a pas de liberté politique, où les gens vivent dans la pauvreté et où l'environnement est souvent ravagé. Pour eux, venir au Canada serait la réalisation d'un rêve. Pour un grand nombre, cela reste un simple rêve.
Le Canada est un pays qui valorise es droits de la personne et le multiculturalisme. Il accueille des gens de partout dans le monde. Il y a presque dix ans, au plus fort de la vague d'immigration chinoise qui avait commencé au début des années 1980, j'ai eu le privilège d'immigrer au Canada avec mes parents. Nous sommes arrivés à Montréal.
Montréal est visiblement différente de Beijing, d'où je viens. Le jour de mon arrivée, je regardais avec anxiété par la vitre de la porte du taxi. La neige s'empilait encore à la mi-mars, les rues étaient désertes et, chose surprenante, il n'y avait pas de bicyclettes, le principal moyen de transport urbain du peuple chinois. Pour l'enfant inexpérimentée de neuf ans que j'étais, le monde venait de changer.
De nouvelles expériences ont marqué les jours suivants. Impressionnée, j'observais les gros camions de déneigement, je découvrais les frites avec une étrange sauce et du fromage et je voyais des gens de différentes races et couleurs, parlant une myriade de langues, mais vivant et travaillant en harmonie. Je découvrais aussi qu'il y avait deux langues officielles.
Pour une fillette ayant vécu la majeure partie de sa vie dans un pays où une seule langue officielle était reconnue, malgré les innombrables langues et dialectes en usage dans différentes régions, la représentation égale de plus d'une langue officielle était étonnante et me semblait presque impossible. J'avais des doutes quant à la façon dont le système pouvait fonctionner. Ces doutes se sont accentués quand, trois ans après mon arrivée, un référendum sur la souveraineté a failli séparer la province de Québec du reste du Canada.
Les années ont passé. J'ai eu du mal à apprendre l'anglais et le français et à maîtriser enfin les deux langues. Pendant ces années, j'ai souvent reproché à mes parents d'être déménagés dans un endroit où je devais apprendre deux langues en partant de zéro. Adolescente, j'étais frustrée.
Cet effort, quoique difficile, m'a beaucoup rapporté. Un jour, un philosophe chinois a dit que les choses que les gens ne veulent pas faire, mais qu'ils font quand même, en font des êtres fiers. Aujourd'hui, je suis fière d'être une citoyenne canadienne qui connaît les deux langues officielles en plus de ma langue maternelle, le chinois. Cela me donne un sentiment d'appartenance, c'est certain. De plus, deux langues valent mieux qu'une et ouvrent plus de portes dans la vie. Même si cela n'a pas été facile, je suis contente d'avoir appris les deux langues. Autrement, je ne serais pas devenue la personne que je suis.
Avec l'utilisation croissante de l'anglais partout dans le monde, la plupart des parents immigrants préfèrent que leurs enfants fréquentent l'école anglaise. Il faut donc faire connaître l'importance de la dualité linguistique aux immigrantes et aux immigrants dès qu'ils arrivent au Canada, ou même dès qu'ils décident d'immigrer ici. Nous devons les aider à comprendre l'importance d'apprendre les deux langues. Une Coréenne de ma classe de français m'a dit qu'elle sentait le besoin d'apprendre cette langue parce qu'elle vivait au Québec. C'est certainement une pensée positive, mais qui ne suffit pas. J'aurais préféré que mon amie dise qu'elle voulait apprendre le français parce qu'elle était au Canada. Le désir d'apprendre le français devrait être partagé par tous les Canadiens et les Canadiennes, pas seulement par ceux qui vivent au Québec. C'est aussi vrai pour l'anglais.
Les langues officielles ne sont pas seulement des symboles du passé, elles représentent aussi le présent et l'espoir de l'avenir du Canada. J'espère que nous travaillerons dur ensemble pour réaliser une véritable dualité linguistique et faire du Canada un pays encore meilleur.
SES ÎLES, SA VILLE, SON PAYS… Une histoire vraie
Sa vie commence dans un archipel, « les plus belles îles du Saint-Laurent », précise-t-il. Un pays miniature composé de dunes, de sable blond, de rouges falaises, de glaces, de vents qui chantent et qui ragent, d'eau qui entoure et protège. Ce sont les Îles-de-la-Madeleine..
INFOACTION a rencontré Pascal Arseneau qui représente depuis peu la commissaire aux langues officielles en Ontario. Le thème de notre conversation : des Îles-de-la-Madeleine au centre-ville de Toronto, quel parcours! Il a raconté sa transition à INFOACTION. Une belle histoire, typiquement canadienne.
Benjamin d'une famille de dix enfants, Pascal Arseneau grandit sur l'île de Havre-aux-Maisons. Il parle de son île natale avec une telle vénération, qu'on regrette presque de ne pas y être né. Très tôt, Pascal est intrigué par le continent, la « grande terre »comme disent les gens des Îles. Il éprouve aussi une grande fascination pour la visite de l'été, ces étrangers et étrangères qui s'amènent aux Îles avec leurs accents et parlant parfois une autre langue.
Voilà qu'un beau jour, à l'école, on remet aux élèves une trousse éducative. « Explorations »est un jeu créé et distribué par le Commissariat aux langues officielles. Premier contact avec cet organisme fédéral. Le jeu invite les enfants à découvrir d'autres langues, d'autres cultures. À dix ans, Pascal est convaincu. Il apprivoisera l'autre langue officielle du Canada et il en apprendra davantage sur le monde. Il profite de tous les moyens mis à sa disposition pour découvrir la langue de Shakespeare : la télé, les voyages annuels en famille dans les Maritimes, chez les cousins des États... Mais à dix ans, on ne se doute pas qu'on deviendra un jour le représentant de la commissaire aux langues officielles en Ontario.
Dès l'âge de 15 ans, Pascal quitte son île pour poursuivre ses études secondaires et collégiales à Québec. Il s'inscrit ensuite au Collège Glendon, à Toronto, pour apprendre l'anglais. L'apprentissage de cette langue s'accompagne de la découverte d'une réalité socioculturelle dont il se doute à peine. C'est l'immersion totale et Glendon, bien qu'il n'y passe qu'une année, marque son cheminement. De retour au Québec au début des années 1990, Pascal choisit de faire un baccalauréat spécialisé en enseignement de l'anglais langue seconde à l'Université Laval. L'étude des langues le conduit au Mexique et au Guatemala où il passe près d'un an à se familiariser avec l'espagnol. Après quelques années en enseignement, il se tourne vers les relations publiques et le marketing pour le compte d'une agence de développement touristique. Il travaille principalement sur le marché américain et dans les Maritimes. En 2000, après avoir passé cinq années sur la route, il s'installe à Toronto où il décroche un poste en relations publiques, puis se joint à l'équipe de direction de TFO-TVOntario.
Si on le retrouve aujourd'hui au Commissariat aux langues officielles, c'est que chaque fois qu'il entend la commissaire expliquer la mission qu'elle s'est donnée - être une véritable agente de changement - il ressent une grande affinité avec sa vision. Quel défi que de devenir un agent dans la province la plus peuplée et qui compte la plus grande communauté minoritaire francophone au pays! INFOACTION a demandé à Pascal Arseneau de nous parler de sa motivation profonde. Nous vous présentons des extraits de sa longue réponse, mais nous ne traduirons jamais assez adéquatement son enthousiasme et sa passion.
Pédagogue de nature, Pascal Arseneau souhaite d'abord mieux comprendre les obstacles et les appréhensions des Canadiens et des Canadiennes à l'égard de la dualité linguistique. Mais encore, ce n'est pas l'application des solutions qui pose le plus grand défi, bien que la communication des messages trouve un écho réel dans la société canadienne de 2004. Selon lui : « Les messages des gouvernements en matière de langues officielles doivent être davantage adaptés aux réalités urbaine et rurale de l'Ontario, répondre aux préoccupations des groupes linguistiques minoritaires, mais aussi rejoindre la communauté majoritaire, les nouveaux arrivants et nouvelles arrivantes, les personnes qui prennent les décisions, et les jeunes. L'Ontario et le Canada se mondialisent. Peut-on réellement se contenter de regarder passer le train? »
Comme agent de changement, il croit que son action se situe d'abord au niveau des attitudes et des comportements. Son expérience en milieu bilingue lui a appris que la majorité des Canadiennes et des Canadiens sont davantage intéressés par une vision globale d'un pays en marche que par les différences qui les séparent. De plus en plus, il rencontre de jeunes adultes bilingues qui ont une vision légèrement différente du Canada. Bien qu'elle soit différente, cette vision n'est pas pour autant contradictoire. Ces jeunes sont réceptifs à un discours davantage inclusif. Ce message correspond bien à la mission du Commissariat que madame Adam formule ainsi : « s'assurer que l'équité linguistique demeure le ciment de notre cohésion sociale ».
À l'heure actuelle, l'environnement sociopolitique en Ontario connaît de grands bouleversements et nous tous assistons au renouveau de l'imaginaire collectif canadien. Cette donne exige le développement d'un nouveau langage que les acteurs des langues officielles ont tout intérêt à déchiffrer et à respecter. Pascal Arseneau croit aussi qu'il est essentiel d'explorer des sentiers neufs, d'une part dictés par la réalité et, d'autre part, inspirés par des idéaux. Un processus de construction sociétale ne se réalisera pas en vase clos. Le plus stimulant, c'est qu'il reste tant à faire et que les questionnements sont possibles et sains. Dans ses nouvelles fonctions, le représentant de la commissaire s'attarde donc, non pas à revoir la mission du Commissariat, mais à reconsidérer les messages et la diffusion de ces messages. Il ajoute que la pensée de Marshall McLuhan, the medium is the message, est aujourd'hui tout aussi pertinente qu'au moment de son lancement il y a plus de 30 ans. Pour son équipe et lui, le défi sera de taille. Mais comme le remarquait récemment la commissaire, les gagnants dans la société sont ceux et celles qui visent haut. Il y a 25 ans, la trousse « Explorations » fournissait déjà à notre représentant, bien à son insu, quelques indices de solution.
Il a fallu mettre un terme à une conversation qui se serait prolongée parce que Pascal Arseneau reprenait la route de Toronto. Si jamais vous passez devant le 438 de l'avenue University dans la Ville-Reine, pourquoi ne pas vous arrêter au bureau 1410? Vous y poursuivrez cet échange avec un jeune fonctionnaire passionné par son travail parce que la dualité linguistique canadienne occupe le cœur de ses fonctions.
AVANT DE MONTER SUR LE PODIUM
Le système sportif canadien a réalisé des progrès importants au cours des dernières années. Toutefois, la commissaire n'est pas prête à lui accorder une médaille d'or pour sa performance dans le domaine des langues officielles. En effet, après un examen méticuleux du système sportif, il ressort que le français et l'anglais ne jouissent toujours pas du même statut. C'est là une des principales conclusions de la commissaire dans un rapport publié dernièrement. En exergue du rapport, on peut lire un avis à prendre au sérieux : Donner un second souffle pour enfin atteindre le podium. Le document fait le point sur les recommandations émises par la commissaire en l'an 2000, dans le cadre d'une étude sur les langues officielles dans le système sportif canadien et que Sport Canada devra mettre en œuvre.
Les recommandations de la commissaire se voulaient un plan stratégique en vue d'aider Sport Canada à éliminer les obstacles à la participation des francophones au sport de haut niveau.
Elles se divisaient en trois grandes catégories :
- la mise en œuvre de mesures administratives afin de permettre aux organismes nationaux de sport et aux centres nationaux de sport de fournir un niveau de service adéquat dans les deux langues officielles;
- le renforcement de la capacité bilingue des entraîneurs des équipes nationales;
- l'amélioration de la gestion du programme par Sport Canada.
Trois des 15 recommandations ont été mises en œuvre et neuf autres partiellement. Il en reste trois à appliquer, ce qui a fait dire à madame Adam : « Avec un tel résultat, Sport Canada est encore loin du podium. En dépit de ses bonnes intentions, sa performance n'est pas à la hauteur des attentes. »
Madame Adam reconnaît que Sport Canada, en collaboration avec ses partenaires du système sportif, a fait des efforts notamment en ce qui concerne les normes claires qu'il a développées en matière de langues officielles pour les centres d'entraînement de haut niveau. Sport Canada a également renforcé les mesures d'intégration du français et de l'anglais dans le déroulement des grands jeux. Il a déployé d'autres efforts pour rendre son site Internet bilingue, pour traduire des documents et améliorer la capacité bilingue du personnel. Il reste toutefois beaucoup de pain sur la planche. Par exemple, les athlètes de haut niveau qui préfèrent s'exprimer en français étaient sous-représentés (18 p. 100) dans l'ensemble des disciplines sportives, proportionnellement à la représentation des deux groupes de langue officielle au pays. Les dernières données recueillies montrent qu'en 2003, ils sont encore moins nombreux (17,3 p. 100). Cette situation préoccupe la commissaire qui a émis une nouvelle recommandation :
Que Sport Canada réalise, d'ici le 30 juin 2004, une étude indépendante sur la participation francophone dans l'ensemble des sports et détermine quelles sont les conditions propices qui permettent d'assurer un accès égal aux deux groupes de langue officielle dans le sport de haut niveau. L'étude devra également examiner l'impact qu'a l'emplacement des centres d'entraînement de haut niveau sur cette participation.
Tout en reconnaissant les progrès accomplis, madame Adam souhaite que Sport Canada se donne de plus hauts standards et assume une plus grande part de leadership dans cette question. C'est précisément ce à quoi elle fait référence en déclarant que « Sport Canada doit donner un second souffle au système sportif canadien pour atteindre sans plus tarder le fil d'arrivée. »
En dépit de lacunes à corriger, la commissaire met beaucoup d'espoir dans la nouvelle Politique canadienne du sport qui énonce que la dualité linguistique fait partie des valeurs essentielles du système sportif et garantit aux athelètes francophones des services dans leur langue. Elle compte également sur la vigilance du secrétaire d'État au Sport amateur qui s'est engagé à redoubler d'efforts. Madame Adam considère l'évolution de ce dossier comme une priorité de premier ordre.
QU'EST-CE QUE SPORT CANADA?
Vous en entendez souvent parler, mais savez-vous réellement de quoi il s'agit? Sport Canada est une direction générale du secteur des Affaires internationales et intergouvernementales du ministère u Patrimoine canadien. Cette direction se trouve au cœur de l'activité sportive canadienne et joue un rôle prépondérant dans tout ce qui touche l'excellence dans le sport.
Sport Canada a pour mission « d'appuyer l'atteinte de l'excellence sportive de haut niveau et l'édification du système sportif canadien comme moyens de renforcer la contribution unique que le sport apporte à l'identité, à la culture et à la société canadiennes ».
Sport Canada veille à améliorer l'excellence des athlètes du pays aux plus hauts échelons du sport international par des moyens loyaux et conformes aux règles d'éthique. Avec ses principaux partenaires, Sport Canada cherche à accroître la coordination et l'intégration favorisant l'édification du système sportif canadien. Pour les groupes cibles sous représentés, il encourage le meilleur accès possible aux sports et la plus grande équité.
En mai 1992, Sport Canada rendait publique la nouvelle Politique canadienne du sport selon laquelle la dualité linguistique fait partie des valeurs essentielles du système sportif. Elle stipule que chacun et chacune doit pouvoir participer au système sportif peu importe sa langue et sa culture.
Cette politique est l'aboutissement d'efforts concertés qui ont mené à des ententes fédérales-provinciales-territoriales. Sport Canada a consulté le Commissariat au cours de l'élaboration de la nouvelle politique
UN SITE MAGIQUE À VISITER ENCORE ET ENCORE
Le mot juste? La traduction exacte? En français? En anglais? Visitez ce site magique une seule fois et vous y reviendrez sûrement. Vous rédigez un texte ou vous lisez un mot dont vous ignorez le sens? Vous voulez traduire une expression? Vous aidez vos enfants à faire leurs devoirs? Inscrivez l'adresse de cette trouvaille à votre carnet de sites préférés : http://www.geniesdesmots.gc.ca.
GÉNIES DES MOTS est une trousse langagière en ligne lancée au printemps 2003 par Patrimoine canadien. Ce nouveau site Internet offre au public canadien un accès rapide à de nombreux outils linguistiques. En y ayant recours, vous rédigerez ou réviserez plus facilement dans l'une ou l'autre des langues officielles. GÉNIES DES MOTS, on ne peut plus s'en passer une fois qu'on l'a utilisée. Elle assure une recherche rapide et facile. Elle vous aide à mieux rédiger dans une langue correcte. GÉNIES DES MOTS est un coffre à outils complet. Tout ce qui peut améliorer la qualité des textes écrits s'y trouve : dictionnaires, guides de rédaction, correcteurs grammaticaux, conjugaison des verbes, vocabulaire du commerce électronique, gestionnaires de terminologie, etc.
Ce n'est pas tout ! Chaque jour, vous trouverez sur le site l'OUTIL DU JOUR, un nouvel outil langagier conçu au Canada. Sur ce site, vous vous familiariserez avec des organismes canadiens qui œuvrent dans le domaine du langage. On vous en présente un nouveau tous les jours.
Dans son dernier rapport annuel, madame Adam a félicité Patrimoine canadien d'avoir réalisé ce projet unique en son genre en collaboration avec le Conseil national de recherches du Canada, le Secrétariat du Conseil du Trésor, le Bureau de la traduction et Industrie Canada.
Vite, à votre ordi! Partez à la découverte de GÉNIES DES MOTS!
LES TRIBUNAUX ACCORDERONT RÉPARATION
Jusqu'à tout récemment, on se demandait jusqu'où les tribunaux doivent aller pour accorder une réparation utile et efficace lorsqu'il y a violation d'un droit en vertu de la Charte canadienne des droits et libertés.
Un jugement historique, rendu le 6 novembre dernier par la Cour suprême du Canada dans l'affaire Doucet-Boudreau, stipulait que les tribunaux doivent accorder réparation et assurer le plein respect des droits garantis par la Charte. On se souviendra que la Cour d'appel de la Nouvelle-Écosse avait renversé la décision du juge LeBlanc de la Cour du Banc de la Reine. Ce dernier avait donné raison à des parents francophones et à la Fédération des parents acadiens de la Nouvelle-Écosse qui demandaient au ministère de l'Éducation de leur province et au Conseil scolaire acadien provincial de fournir, dans cinq localités, des programmes et des installations homogènes en français au niveau de l'enseignement secondaire.
Dans son jugement, la Cour suprême du Canada confirme ainsi le rôle des tribunaux lorsqu'il y a violation des droits linguistiques : « La promesse concrète contenue à l'article 23 de la Charte et la nécessité cruciale qu'elle soit tenue à temps obligent parfois les tribunaux à ordonner des mesures réparatrices concrètes destinées à garantir aux droits linguistiques une protection réelle et donc nécessairement diligente. »
Madame Adam a applaudi le jugement de la Cour suprême du Canada dans les termes suivants : « Dans sa décision, la Cour suprême confirme que là où il y a un droit, il y a un recours. Je suis ravie de ce jugement, car il précise jusqu'où les tribunaux doivent aller pour accorder une réparation utile et efficace lorsqu'il y a violation d'un droit en vertu de la Charte. Ce jugement aura des répercussions importantes pour les communautés minoritaires de langue officielle à l'échelle du pays, au-delà de la question des droits scolaires. »
La commissaire souhaite que, cette fois-ci, le message de la Cour suprême soit bien entendu par les gouvernements. Elle déplore du même coup le fait que les citoyens et les citoyennes doivent encore une fois se rendre devant les tribunaux pour faire respecter leurs droits constitutionnels. Le jugement du 6 novembre donnera lieu à des gains importants pour l'ensemble des minorités de langue officielle de tout le pays.
LIAISONS ALLER-RETOUR
Ne prenez pas ce titre pour une réclame d'agence de voyage. Les liaisons aller-retour, on les trouve un peu partout au Canada. Toujours en liaison : Régions/Ottawa et Ottawa/Régions. INFOACTION vous présente les personnes qui assurent une communication continue entre le public canadien vivant en région et le Commissariat aux langues officielles.
Madame Dyane Adam, vous le savez déjà, s'est donné pour mission d'agir comme agente de changement dans la société canadienne. Mission audacieuse s'il en est! Elle croit fermement qu'elle doit être en constante relation avec le public canadien si son équipe et elle veulent engendrer de véritables changements. Étant donné l'immensité du pays, cinq bureaux régionaux la secondent dans ses principales fonctions. Les équipes de Moncton, Montréal, Toronto, Winnipeg et Edmonton représentent pour elle de véritables « antennes ». L'appellation est de Keith Spicer, premier commissaire aux langues officielles qui, en 1977, a ainsi qualifié le premier bureau régional installé dans les provinces de l'Atlantique, à Moncton. Les cinq bureaux régionaux ont pour mandat d'établir et de maintenir des rapports étroits avec les communautés de langue officielle, avec les fonctionnaires fédéraux de la région et avec la majorité linguistique. C'est ainsi qu'ils assurent la présencedu Commissariat partout au Canada. Mais leurs mini-équipes ne suffisent pas à la tâche. Madame Adam a donc décidé de reprendre un projet pilote des années 1980 et 1990 et de créer des postes de liaison régionale. En d'autres mots, elle a voulu augmenter le nombre d'« antennes » qui d'une part lui permettent de mieux remplir son mandat et d'autre part, rendent la réalité régionale de plus en plus présente, à ses yeux et à ceux de son équipe.
Au cours de la dernière année, des postes d'agents et d'agentes de liaison régionale ont été créés à Moncton, Montréal, Sudbury, Regina et Vancouver. Les personnes qui occupent ces postes travaillent sous la direction du représentant de la commissaire en région.
C'est principalement en raison de résultats axés sur le service à la clientèle que madame Adam a créé ces postes. Les responsabilités de ces personnes gravitent essentiellement autour des enjeux régionaux et locaux en matière de langues officielles. Pas une mince tâche que la leur! Les agents et les agentes sont responsables de transmettre une information pertinente qui sera utilisée par le Commissariat, les responsables des ministères et des institutions fédérales de leur région ainsi que par le secteur privé pour ce qui est de la mise en œuvre de la Loi sur les langues officielles, selon les cas et les circonstances. Ils renseignent également les autorités visées sur les attentes du public de la région et sur les droits de la minorité de langue officielle.
Il va sans dire que les agents et agentes de liaison agissent aussi dans leur milieu en tant qu'ombudsmans et protecteurs et protectrices des droits linguistiques. Si, en vertu de la Loi sur les langues officielles, ces droits ne sont pas respectés, les agents et agentes établissent une relation directe avec les individus lésés dans leurs droits, soit en personne ou par téléphone. Le contact direct les aidera à mieux comprendre chaque situation et leur permettra d'offrir des conseils appropriés.
Les agents et agentes de liaison du Commissariat développent des réseaux importants de contacts et établissent des rapports continus qui deviennent de précieuses sources d'information. C'est ainsi qu'on peut être à la fine pointe de l'évolution des dossiers linguistiques, en faire une analyse en profondeur et soumettre à la direction générale des recommandations adéquates.
Les agents et agentes ne travaillent pas en isolement entre les quatre murs d'un bureau. Leurs tâches nécessitent de nombreux déplacements, très souvent vers des endroits éloignés et dans une variété de conditions météorologiques. La liaison régionale qu'ils assurent revêt de multiples aspects et emprunte de nombreuses formes différentes : interventions, prestation d'appui et de conseils, analyse, présentations diverses à tous les groupes de la société, relations avec les médias locaux, développement de stratégies et de plans d'action, prestation de programmes d'information publique… Et la liste ne s'arrête pas là. Ces personnes font preuve d'une grande créativité et s'adaptent facilement et rapidement à leur clientèle.
Pour mieux connaître qui sont et que font les agentes et les agents de liaison régionale du Commissariat aux langues officielles, pourquoi ne pas communiquer avec eux? Ils sont toujours prêts à assurer une liaison aller-retour des plus agréables.
POSTES BILINGUES : PERSONNES BILINGUES
La Loi sur les langues officielles n'a pas été amendée le 21 novembre dernier, mais certaines de ses exigences seront désormais appliquées avec plus de rigueur. C'est l'essentiel de l'annonce qu'a faite ce jour-là L'ancienne présidente du Conseil du Trésor, madame Lucienne Robillard.
Depuis l'adoption de la Loi sur les langues officielles il y a plus de 30 ans, un nombre important de hauts fonctionnaires fédéraux sont tenus d'être bilingues. De nombreux cadres supérieurs ne répondent toujours pas à cette exigence. Au cours des ans, les divers commissaires aux langues officielles ont dénoncé cette situation haut et fort, particulièrement madame Dyane Adam.
Lors d'un point de presse tenu le 21 novembre, madame Robillard mentionnait qu'à l'heure actuelle, 10 p. 100 des cadres occupant des postes bilingues ne respectent pas les normes linguistiques dictées par la Loi. Ces postes se trouvent principalement dans les régions désignées bilingues par le gouvernement du Canada. Ce sont le Nouveau-Brunswick, le Québec et l'Ontario. Insistant sur l'obligation de resserrer l'application de certaines normes linguistiques, madame Robillard ajoutait : « Nous venons de franchir un pas important dans la relance du programme des langues officielles. » Elle expliquait aussi qu'elle a clarifié les règlements afin que dorénavant, personne ne soit nommé sous-ministre ou sous-ministre adjoint sans être bilingue.
Les cadres inférieurs (p. ex. directeurs et directrices) auront toutefois jusqu'en 2005 et 2007 pour se conformer à la Loi selon le poste qu'ils occupent. Madame Robillard a voulu émettre « un signal fort » à l'intention des fonctionnaires en les avisant que s'ils veulent devenir cadres supérieurs dans la fonction publique, il est préférable de commencer leur formation linguistique tôt.
Pour sa part, la commissaire s'est dite heureuse de constater que la dotation impérative devient la norme. En revanche, Elle déplore le fait que la dotation non impérative n'ait pas été complètement éliminée. Dans son dernier rapport annuel, madame Adam recommandait au greffier du Conseil privé d'exiger des sous-ministres et des sous-ministres délégués le même niveau de bilinguisme que celui des autres cadres de la fonction publique. Elle préconisait aussi la mise vigueur d'un système d'évaluation linguistique formelle. Dans une recommandation adressée à la présidente du Conseil du Trésor et au président de la Commission de la fonction publique, la commissaire demandait que la nomination de candidats et de candidates qui ne satisfont pas aux exigences linguistiques constitue une mesure exceptionnelle.
Il va sans dire que la commissaire suivra ce dossier avec grand intérêt d'autant plus qu'elle a maintes fois exprimé le souhait que le Canada compte enfin sur une fonction publique exemplaire s'il veut que la Loi sur les langues officielles soit respectée.
QUAND LE LIVRE TEND LA MAIN
Le 25 septembre dernier avait lieu la remise des prix du premier concours d'alphabétisation Come Read with Me! Organisé conjointement par Literacy Partners of Quebec, la Fédération québécoise des associations foyers-écoles et le Commissariat aux langues officielles, ce concours vise la promotion de la lecture auprès des élèves des écoles primaires des commissions scolaires anglophones du Québec. Les organisateurs avaient invité les jeunes à la lecture en tant qu'élément fondamental de l'alphabétisation. Du même coup, ils plaçaient la langue au cœur même de l'identité culturelle et reconnaissaient l'apport de la lecture à sa survie.
Monsieur Roch Carrier, auteur renommé et directeur général de la Bibliothèque nationale du Canada, s'était joint aux élèves de l'école primaire Westmount Park, à Montréal, ainsi qu'aux gagnants du concours Come Read with Me! pour la remise des prix. À la grande joie de tous, il a lu un extrait de son célèbre conte pour enfants Le chandail de hockey.
Attirant un nombre insoupçonné de participants et de participantes, La première édition du concours a remporté un franc succès. Plus de 1 300 élèves de toutes les régions du Québec ont exprimé, par l'écriture ou par le dessin, les émotions ressenties lors de la lecture d'un auteur canadien.
Les organisateurs du concours sont vivement impressionnés par la qualité exceptionnelle des dessins et des textes reçus. L'étroite collaboration de ces trois organismes permet de sensibiliser davantage la jeunesse anglo-québécoise à l'importance d'un niveau élevé d'alphabétisme, ce qui assure une meilleure communication. Les responsables du concours ont aidé les jeunes anglophones du Québec à vivre une expérience qui leur aura fait prendre conscience de la richesse culturelle de leur communauté.
La prochaine édition de ce concours sera lancée bientôt. Pour de plus amples renseignements, visitez le site http://www.bdaa.ca/indexe.htm
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PROJET DE CONCERTATION : UNE RÉUSSITE
Plus de 250 000 personnes choissent de s'établir au Canada chaque année. Malheureusement, certaines communautés et régions du pays ne bénéficient pas équitablement des retombées liées à l'immigration. C'est nommément le cas des communautés francophones du Canada, y compris le Québec. Selon Statistique Canada, ces communautés n'attirent qu'un quart du nombre d'immigrants et d'immigrantes correspondant à leur poids démographique.
Dès son entrée en fonction en 1999, la commissaire aux langues officielles s'est donné comme objectif d'intervenir dans le dossier de l'immigration en y exerçant son rôle de vigie, de promotion, d'éducation et de liaison. Au nombre de ses multiples interventions en ce domaine, il y a un projet qui lui tient fort à cœur : « Agrandir l'espace francophone. Passons à l'action pour l'immigration. » C'est pourquoi, le 15 octobre 2002, le Commissariat a participé à un colloque de réflexion organisé par la Société franco-manitobaine. Le colloque réunissait 150 personnes qui se sont penchées sur le dossier de l'immigration en vue d'une action concertée. À la suite du colloque, en janvier 2003, elles ont créé un comité de mise en œuvre des recommandations. Ce comité répond au premier des quatre objectifs prioritaires ressortant du colloque, notamment le développement d'un leadership communautaire et d'une structure d'accueil offrant une panoplie de servicesen français aux nouveaux arrivants et aux nouvelles arrivantes.
C'est dans ce contexte que la Société franco-manitobaine et le Commissariat aux langues officielles, avec plusieurs autres partenaires de la communauté et des institutions fédérales, ont uni leurs efforts pour réaliser un projet de communication qui visait à sensibiliser les communautés francophones du Manitoba à l'avantage que représente l'arrivée de nouveaux immigrants francophones chez elles; informer et accueillir ces personnes au Manitoba sans oublier l'importance de les renseigner adéquatement sur la réalité francophone dans la province.
L'entente conclue par la Société franco-manitobaine incluait le Commissariat et les autres groupes partenaires. Elle a donné lieu à la campagne BIEN PARMI NOUS. Deux ateliers de sensibilisation en régions urbaine et rurale ont été offerts durant la campagne. En plus des ateliers, une campagne médiatique a mis en valeur la contribution de nouveaux arrivants et arrivantes francophones au Manitoba. Pour souligner l'occasion, sept « anciens nouveaux arrivants » bien connus dans la province ont partagé le secret de leur réussite dans des chroniques publiées dans La Liberté, des entrevues radiophoniques et télédiffusées. Ce sont :
- Sidi Yattara, du Mali, membre de l'Association étudiante du Collège universitaire de Saint-Boniface;
- Judith Jardines-Lopez, de Cuba, harpiste;
- Youssef Bezzahou, du Maroc, enseignant au Collège universitaire de Saint-Boniface;
- Huguette Le Gall, de Bretagne, directrice des communcations à la Société Radio-Canada de Winnipeg;
- Bintou Sacko, du Mali, coordonnatrice provinciale en alphabétisation de Pluri-Elles;
- Mayur Raval, de l'Inde, professeur au Collège Louis-Riel;
- Josée Théberge, du Québec, directrice de Francofonds.
Plusieurs outils promotionnels et diverses activités ont contribué au succès de la campagne. L'ensemble du projet visait non seulement les francophones, mais également les nouveaux citoyens anglophones et bilingues, les incitant à s'intéresser à la communauté francophone du Manitoba.
Le comité de mise en œuvre accorde une grande importance à deux priorités issues du colloque : ce sont la promotion du Manitoba à l'échelle internationale et la nouvelle formulation des politiques gouvernementales en matière d'immigration.
Madame Adam se dit heureuse de participer à un tel projet de concertation. Comme elle le rappelait dans son dernier rapport annuel, l'immigration doit dorénavant favoriser le développement des deux collectivités linguistiques, y compris les communautés vivant en contexte minoritaire. Elle a pris des mesures concrètes pour informer ces dernières des avantages qui s'offrent à elles en matière d'immigration. Elle a organisé et continue de préparer des ateliers de travail semblables dans tout le pays. En 2002-2003, le Commissariat a tenu des ateliers à Vancouver, Edmonton, Ottawa et Toronto.
Le projet de concertation réalisé au Manitoba représente un événement exemplaire que la commissaire aimerait voir se multiplier partout au Canada.
DES CLAVIERS QUI CLIQUENT DANS LES DEUX LANGUES
Lorsque le Commissariat aux langues officielles reçoit une plainte du public et qu'il la résout, il rend service à des milliers de personnes. Ce n'est ni la première ni la dernière fois qu'INFOACTION en fait la preuve.
Le récit d'aujourd'hui s'est déroulé à Timmins, dans le Nord de l'Ontario, plus précisément dans un Centre d'emploi du ministère du Développement des ressources humaines, où les claviers d'ordinateurs mis à la disposition du public ne cliquaient qu'en anglais. Jugeant que ce n'était pas conforme à la Loi sur les langues officielles, un client qui avait utilisé l'ordinateur de ce bureau a déposé une plainte dans laquelle il demandait à la commissaire d'intervenir s'il y avait lieu.
Après qu'un enquêteur du Commissariat ait informé les responsables de ce Centre que l'affichage, à chaque ordinateur, d'une liste de codes permettant de taper les accents en français ne représentait pas une mesure conforme, la gestionnaire du Centre a immédiatement corrigé la situation. Elle a mis huit claviers bilingues à la disposition du public de Timmins et trois autres à Kapuskasing et à Kirkland Lake. Cette gestionnaire a également demandé aux fonctionnaires des bureaux de son ministère de déterminer leurs besoins quant aux claviers bilingues dans ces trois villes. Sans tarder, 19 fonctionnaires en ont fait la demande et tous ces claviers cliquent maintenant en français et en anglais.
N'est-ce pas juste d'affirmer que la plainte est un outil essentiel pour le travail efficace de tout ombudsman?
UN PROJET UNIQUE EN SON GENRE
Le projet a lieu à Edmonton, en Alberta. À certains égards, il pourrait s'intituler « les olympiades d'immersion en français » parce qu'il s'agit d'excellence. En juin 2003, 94 élèves de 12e année, inscrits aux programmes d'immersion en français dans quatre districts scolaires, ont subi les tests de compréhension de l'écrit et d'expression écrite dont se sert le gouvernement du Canada pour pourvoir des postes dans la fonction publique fédérale. Vingt-deux élèves de l'Edmonton Public School District et deux élèves de l'Edmonton Catholic School District se sont soumis au test d'interaction orale.
Ces élèves ont passé les divers tests destinés aux fonctionnaires. Ils ont reçu une cote A, B ou C pour chacun des tests selon leur rendement. La cote A correspond au niveau débutant de compétence en français, la cote B au niveau intermédiaire et la cote C au niveau avancé. À la grande fierté des élèves, du personnel enseignant et des parents, quelques élèves ont été exemptés de tests additionnels au niveau fédéral. Avant de subir les tests, les participants et les participantes ont reçu quelques conseils. Comme il s'agissait de la première année d'un projet-pilote de trois ans, la participation aux tests était volontaire. Le Commissariat aux langues officielles a reconnu la compétence des élèves en leur présentant un certificat d'honneur pour avoir réussi les tests linguistiques.
Dans le cadre du projet de renouvellement des programmes de langue française, l'Edmonton Public School District a créé un partenariat avec l'Edmonton Catholic Separate School District, l'Elk Island Catholic Regional Division et le St. Albert Protestant Separate School District. Les partenaires visés ont entrepris un projet-pilote sur l'évaluation du français langue seconde avec la Commission de la fonction publique du Canada. Ce projet commun a donné aux élèves de dernière année en immersion française l'occasion unique de démontrer leur compétence en français.
Le projet-pilote semble avoir soulevé l'intérêt de toute la province de l'Alberta. En fait, 32 conseils scolaires, de même que des représentants de l'organisation Canadian Parents for French et de l'Alberta School Board Association, ont assisté à une séance d'information d'une journée sur les principaux objectifs et la méthodologie du projet. Au cours de la deuxième année du projet-pilote, l'Edmonton Public School Board étendra son projet à toute la province afin d'inclure de 200 à 300 élèves, ce qui permettra d'établir des repères plus solides. Le Conseil commencera également à élaborer des documents de marketing à l'intention des autres districts scolaires du Canada pour qu'ils fassent la promotion des programmes d'immersion en français et des programmes de français de base. Il élaborera également une trousse culturelle et langagière destinée aux écoles, une vidéo sur la langue et la culture françaises ainsi qu'un site Web sur l'histoire des francophones.
Madame Dyane Adam s'intéresse vivement au développement de ce projet unique. Elle est fière d'y prendre part. Une fois encore, la commissaire nous rappelle que les jeunes du Canada sont porteurs d'espoir pour l'avenir. Ils deviendront les dirigeants de demain et ils sont déjà convaincus du rôle et de l'importance des langues officielles. Inutile de dire que certains de nos futurs dirigeants et dirigeantes pourraient bien se trouver parmi ceux et celles qui auront suivi avec succès des programmes d'immersion en français de l'Alberta en 2003!
L'EXPÉRIENCE CANADIENNE : UNE INSPIRATION
En novembre dernier, le Réseau francophone du français dans le monde (RIFRAM) a invité madame Dyane Adam à prendre la parole lors d'un important colloque tenu à Paris qui réunissait des représentants et des représentantes d'une cinquantaine de pays. L'objectif du colloque était de proposer des stratégies diversifiées pour le français dans la perspective de la planification stratégique de l'Agence intergouvernementale de la Francophonie. Les membres du colloque se sont penchés sur des sujet tels que :
- le français dans les technologies de l'information et de la communication ainsi que dans les échanges scientifiques et techniques;
- l'interaction entre le français et d'autres langues néo-latines dans la communication spécialisée;
- le français dans le commerce international.
On avait demandé à la commissaire d'expliquer comment stimuler la mise en œuvre équitable de la politique linguistique des organisations et des administrations bilingues ou multilingues dont le français est l'une des langues officielles. Madame Adam avait axé sa présentation sur l'égalité linguistique au Canada en expliquant comment les institutions publiques incorporent la dualité linguistique à leur fonctionnement.
Elle avait proposé un aperçu du modèle canadien en matière d'aménagement linguistique tout en formulant quelques conditions institutionnelles et mesures administratives essentielles à la prestation de services bilingues. Tout au long de son allocution, elle a mis en relief l'importance du leadership politique et administratif.
Les membres du colloque du RIFRAM ont fort apprécié les propos de la commissaire. C'est avec une certaine fierté qu'à la lumière de plus de trois décennies d'expérience canadienne, elle a étoffé sa présentation de suggestions réalistes et pratiques. Les participants et les participantes au colloque n'ont pas manqué de souligner que l'exposé de madame Adam les avait inspirés.
Vous pouvez consulter le texte de l'allocution de la commissaire sur le site Web du Commissariat au http://www.ocol-clo.gc.ca.
IN MÉMORIAM
John Newlove
L'un des poètes canadiens les plus accomplis, John Newlove, est décédé d'une hémorragie cérébrale à Ottawa, le 23 décembre 2003, à l'âge de 65 ans. Poète et éditeur, il avait reçu l'un des Prix littéraires du Gouverneur général en 1972, dans la catégorie poésie. Monsieur Newlove avait été éditeur principal chez McClelland & Stewart Publishing, et par la suite, il a été réviseur anglais au Commissariat aux langues officielles durant plusieurs années.
Comme le soulignait le Globe and Mail dans son édition du 26 décembre, John Newlove était l'une des principales voix de la poésie canadienne des Prairies au cours des années 1960 et 1970. « Ses poèmes évoquaient la tranquillité de la terre tout en révélant des détails apparemment mineurs, un sens de la transition constante et le pur poids de l'histoire. » John Metcalf, écrivain et éditeur, décrivait John Newlove comme une figure imposante de la poésie canadienne.
Le Commissariat aux langues officielles offre à son épouse Susan et à sa famille ses plus sincères condoléances.
Gysel Laflamme-Morin
Notre chère collègue et amie Gysel Laflamme-Morin s'est éteinte dans la sérénité le 16 décembre 2003, à l'âge de 50 ans, après avoir vaillamment lutté contre une maladie incurable. Entourée de ses proches, elle s'est doucement envolée.
Gysel avait occupé un poste d'adjointe administrative au bureau régional du Commissariat aux langues officielles à Montréal durant près de trois ans, après avoir travaillé à Développement des ressources humaines Canada.
Sa joie de vivre, son sens de l'humour et son amabilité font partie des bons souvenirs de tous ses collègues.
Ses collègues se joignent à la commissaire pour offrir à sa famille leurs plus sincères condoléances.
SYMPOSIUM SUR LES LANGUES OFFICIELLES VISION ET DÉFIS AU 21e SIÈCLE Toronto, les 2, 3 et 4 mars 2004
Les 2, 3 et 4 mars 2004, le Commissariat aux langues officielles organisera, en collaboration avec Patrimoine canadien, le Bureau du Conseil privé et Canadian Parents for French, un symposium sur les langues officielles. Ce symposium, intitulé Vision et défis au 21e siècle, réunira des représentantes et représentants de divers secteurs de la société canadienne, afin de discuter des enjeux - et de proposer des solutions - qui permettront d'atteindre un des objectifs du Plan d'action pour les langues officielles du gouvernement fédéral. Il s'agit en effet de doubler, d'ici 2013, le nombre de jeunes Canadiens et Canadiennes ayant une connaissance de leur deuxième langue officielle.
UNE PREMIÈRE DANS L'OUEST CANADIEN Forum 4-2-1
Dans toutes les régions du pays se trouvent des Conseils de hauts fonctionnaires fédéraux. Les 17 et 18 novembre dernier, le Conseil des fonctionnaires fédéraux des quatre provinces de l'Ouest se réunissait à Regina, en Saskatchewan. C'était la première fois qu'une centaine de personnes faisaient de la session une réflexion sur le thème du leadership et son importance dans l'atteinte d'un changement de culture organisationnelle en ce qui a trait aux langues officielles.
En plus des hauts fonctionnaires fédéraux, le Forum 4-2-1 regroupait des gestionnaires intermédiaires des quatre provinces ainsi que des représentants et des représentantes du Conseil privé, du Conseil du Trésor et du Commissariat aux langues officielles. Les gouvernements territoriaux et provinciaux avaient délégué des fonctionnaires qui participaient à la rencontre à titre d'observateurs. Les communautés de langue officielle prenaient également part aux assises.
En s'adressant aux membres du Forum, la commissaire leur a rappelé l'importance du leadership dont ils doivent donner l'exemple : « La tâche d'instaurer des changements de coutumes, de proposer de nouvelles façons de faire, de transmettre des valeurs et de susciter la mobilisation du personnel revient particulièrement aux cadres. Ils doivent faire preuve d'un leadership exemplaire pour transmettre les changements et les valeurs qu'ils soutiennent à tous les paliers de l'organisation. » Madame Adam profitait de l'occasion pour remettre le Prix Léon 2002-2003 soulignant ainsi le leadership extraordinaire de monsieur John Ryan, président-directeur général de Financement agricole Canada.
Les assises du Forum 4-2-1 ont pris la forme d'échanges, de dialogues et d'une réflexion qui ont mené à l'élaboration d'un plan stratégique en matière de langues officielles. Ce plan se fonde à la fois sur les besoins spécifiques à chacune des régions et sur une collaboration active entre tous les intervenants et toutes les intervenantes. Les fonctionnaires présents se sont penchés sur la façon la plus efficace d'améliorer les services au public dans la langue de la minorité, sur la formation linguistique du personnel ainsi que sur l'appui que leurs ministères respectifs apportent au développement des communautés. Le plan stratégique esquissé visait de nouvelles approches et des mesures plus adéquates à prendre afin que la mise en œuvre des divers programmes des langues officielles devienne une priorité au sein des organismes fédéraux.
Au terme du Forum 4-2-1, la commissaire n'a pas manqué de souligner que cet événement était un exemple de leadership. Elle croit que le Forum donnera lieu, de la part des institutions fédérales de l'Ouest, à une prestation exceptionnelle de services dans les deux langues officielles ainsi qu'à une ferme motivation d'en maintenir l'excellence.
Les fonctionnaires fédéraux et les représentantes et les représentants territoriaux et provinciaux se sont montrés très satisfaits du Forum qui les a fortement incités à faire en sorte que les langues officielles prennent leur juste place dans la culture organisationnelle de leurs institutions.
Le Forum 4-2-1 marquait une première dans l'Ouest canadien, mais il connaîtra certainement une suite.
PRIX DE TRADUCTION 2003
La Quebec Writers' Federation (QWF) décernait récemment ses prix littéraires pour 2003. Le Prix de traduction, parrainé par la commissaire aux langues officielles, a été remis à deux auteurs de renom, David Homel et Fred Reed, pour leur traduction du roman de Monique Proulx, Le cœur est un muscle involontaire (The Heart Is an Involuntary Muscle). David Homel, écrivain résidant à Bordeaux, en France, n'a pu assister à la cérémonie. Son épouse, Marie-Louise Guay, écrivaine et illustratrice, a accepté en son nom le prix présenté par Eva Ludvig, la représentante de la commissaire au Québec.
NOUVEAU BUREAU À SUDBURY
Pour bien lancer l'année 2004 en Ontario, le Commissariat aux langues officielles ouvre un tout nouveau bureau dans le Nord de la province. Mireille Groleau, la nouvelle agente de liaison à Sudbury, assurera notamment la liaison entre le Nord de l'Ontario (Nord-Est et Nord-Ouest) et le bureau régional de Toronto. Mireille représentera aussi le Commissariat en région en dialoguant avec les institutions assujetties à la Loi sur les langues officielles et les organismes qui jouent un rôle essentiel dans l'épanouissement des communautés de langue officielle. En plus de posséder plus de 15 ans de service à Radio-Canada, Mireille connaît bien la réalité et les défis de cette belle et grande région du pays sur les plans culturel, économique et social. Et elle comprend bien les défis que les communautés linguistiques de cette région doivent relever. Nous lui souhaitons la plus cordiale bienvenue.
Bureau de Sudbury
10, rue Elm, 4eétage, bureau 403
Sudbury (Ontario) P3C 5N3
Tél. : (705) 671-4101
Télec. : (705) 671-4100
PRIX D'EXCELLENCE
Les employés et les employées de la fonction publique apportent à la société canadienne une insigne contribution. Dans cette optique, le Conseil du Trésor a pour politique de souligner l'excellent travail que les fonctionnaires accomplissent, leur comportement exemplaire et les résultats positifs qu'ils atteignent. Le Prix du Chef de la fonction publique concrétise cette reconnaissance par l'entremise de ses divers prix d'excellence.
La commissaire avait exprimé au greffier du Conseil privé et secrétaire du Cabinet le souhait qu'un élément de reconnaissance permanent s'ajoute à ce prix en ce qui concerne les langues officielles dans la fonction publique.
Comme le Secrétariat du Conseil du Trésor partageait l'avis de la commissaire, un premier prix d'excellence pour les langues officielles a été remis en décembre 2003 à l'Équipe de l'article 41 de la Loi sur les langues officielles de la Diversification de l'économie de l'Ouest Canada. La contribution exceptionnelle de cette équipe a permis de réaliser la Stratégie francophone qui vise le développement économique des collectivités francophones de l'Ouest du Canada.
La Stratégie francophone a pour but de former des partenariats et de réunir des fonds pour faciliter la création d'un réseau d'organisations provinciales vouées au développement économique des communautés francophones de l'Ouest. Chaque centre régional met l'expertise des francophones au service des entrepreneurs canadiens de l'Ouest en leur offrant une multitude de services en français, notamment des services de développement commercial, des consultations, de la formation et l'accès à de l'approvisionnement.
Les membres de cette équipe dynamique ont fait preuve d'un remarquable esprit d'initiative et d'une approche très créatrice dans la mise en œuvre de la Stratégie francophone, et ce, dans le plus grand respect des deux langues officielles. Leurs efforts et leur enthousiasme ont contribué à l'avancement des langues officielles chez les Canadiens et les Canadiennes de l'Ouest du pays.
L'exécution de la Stratégie francophone, qui a été couronnée de succès, prouve avec éloquence que la dualité linguistique se trouve au cœur de la culture de la fonction publique. Lors de la remise du Prix, madame Dyane Adam a rendu hommage à la contribution exceptionnelle de l'Équipe de l'article 41 de la Diversification de l'économie de l'Ouest qui a mis les langues officielles en valeur au sein du gouvernement du Canada.
INFOACTION félicite l'équipe composée des fonctionnaires suivants : Marie Bouchard, Kiran E. Cahoon, Martin Connolly, Dean Dring, Judy Ferguson, Noreen Gallagher, Norman L. Grenier, Jean Laberge, Denise Lécuyer, Lisa Legault, Anastasia M. Lim, Yves Lussier et David Prud'homme.
AVANT LE POINT FINAL La parole à la commissaire
Être un ombudsman ou un médiateur, c'est être le phare d'une gouvernance plus équitable, plus transparente et plus sensible aux besoins des citoyens et citoyennes. C'est un grand métier d'avenir. Protecteurs du citoyen à une époque où l'administration publique devient à la fois plus distante et plus omniprésente, nous devons développer toutes les facettes de notre mission. Et notre mission s'accomplira mieux si nous prenons tous les moyens pour mieux persuader et mieux convaincre.
Allocution : Troisième Congrès statutaire de l'Association des ombudsmans et médiateurs de la Francophonie, Tunisie, le 15 octobre 2003.
Au Canada, nous aspirons au développement d'une magie par laquelle tous les Canadiens et Canadiennes pourraient communiquer ensemble et se répondre, grâce au concert des langues officielles.
En tant que commissaire aux langues officielles, mon rôle ne se limite pas à celui de gardienne de la Loi sur les langues officielles. J'agis comme agent de changement et, à ce titre, je suggère des moyens d'accroître la vitalité des communautés linguistiques, particulièrement en milieu minoritaire. La culture est précisément l'une des sources de cette vitalité. Elle place au centre de la communauté un « phare » vers lequel on peut se tourner pour poursuivre son cheminement.
États généraux de la chanson et de la musique franco-ontariennes, Ottawa, le 31 octobre 2003.
Vous avez exploré le thème du leadership et son importance dans l'atteinte d'un changement de culture organisationnelle en ce qui a trait aux langues officielles. La tâche d'instaurer des changements de coutumes, de proposer de nouvelles façons de faire, de transmettre des valeurs et de susciter la mobilisation du personnel, revient particulièrement aux cadres. Ils doivent faire preuve d'un leadership exemplaire pour transmettre les changements et les valeurs qu'ils soutiennent à tous les paliers du gouvernement.
Remise du Prix Léon du Leadership, Regina (Saskatchewan), le 18 novembre 2003.
Une administration apparaît souvent comme une « boîte noire » : nous savons ce qui y rentre et ce qui en sort. Cependant, son fonctionnement s'opère dans une zone d'ombre, constituée en grande partie de routines bureaucratiques et de structures relationnelles complexes. C'est aux cadres que revient la tâche d'instaurer des changements de coutumes, de proposer de nouvelles manières de faire, de transmettre des valeurs et de susciter la mobilisation du personnel en vue de la réalisation de résultats concrets.
Au Canada, faire du bilinguisme l'une des composantes de la structure de l'administration de nos institutions revêt une importance capitale, car l'équité linguistique est le ciment de notre cohésion sociale.
Allocution : Colloque du réseau francophone du français dans le monde. Paris, le 5 novembre 2003.
QUI PEUT ÊTRE UN AGENT DE CHANGEMENT? Nous pouvons tous exercer une influence et devenir des agents de changement. D'ailleurs, le changement commence avec soi-même et avec ses propres convictions. Ça commence dans la tête. Il faut avoir confiance en soi-même et dans sa capacité à façonner l'avenir.
Souvent, on pense que seule une autorité peut initier des changements ou prendre des décisions qui affectent la société. Ce n'est pas le cas. Peu importe votre statut dans la hiérarchie, vous pouvez faire une différence. Les décideurs sont souvent besoin que d'autres leur montrent des voies possibles de changement et leur fournissent des idées innovatrices et motivantes. L'agent de changement est celui qui aide la hiérarchie à envisager les pistes de changement et qui sait persuader.
Il n'est pas nécessaire de détenir une autorité formelle sur les autres pour faire grandir les gens autour de nous, pour amener un projet à maturité ou pousser une réalisation à son terme. Il faut avoir de la motivation et une stratégie gagnante. La varie autorité n'est pas celle qui permet de donner des ordres mais bien celle qui permet d'influencer positivement les autres pour qu'ils réalisent ensemble un projet qui leur apporte du succès. Chacun peut prendre le flambeau dans une situation donnée en sachant que de petites actions, de petits changements, peuvent être le ferment de grandes réalisations!
Extrait d'une allocution de la Commissaire au Forum des gestionnaires de la région de la Capitale nationale, Ottawa, le 3 décembre 2003.


