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Rôle des arts et de la culture dans l’épanouissement des communautés et la dualité linguistique

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« La culture aide à ce que se développe le capital social et la capacité organisationnelle de répondre au changement. Elle peut aussi renforcer la cohésion sociale, accroître la confiance personnelle, augmenter les aptitudes à la vie quotidienne, le bien-être mental et physique, renforcer la capacité d’agir en tant que citoyens d’une démocratie et développer de nouvelles pistes pour la formation et l’emploi… Si l’on aborde la culture comme une ressource imaginaire, on peut voir comment les signifiés intrinsèques à la culture traditionnelle ou actuelle créent l’identité et les valeurs d’un lieu. » [Traduction]

– Charles Landry, The Creative City: A toolkit for urban innovators, 2000, p. 9-11.

Depuis cinq ans, une pléthore de livres et d’articles mettent en rapport la créativité avec la vitalité des communautés, la prospérité de la société et la croissance économique. Des auteurs tels que Richard Florida15 ou Max Wyman16, ont mis les décideurs au défi de reconnaître la fonction des arts et de la culture pour stimuler la créativité, rendre nos villes plus agréables à vivre, attirer les investissements et le tourisme, générer des emplois, inspirer les jeunes et offrir une bonne qualité de vie dans nos communautés. On considère que l’expression artistique, les événements et les organismes culturels sont des véhicules qui permettent de favoriser la cohésion sociale et le sentiment d’identité culturelle.

Une étude de Patrimoine canadien a nettement confirmé en 2004 le rôle que doit jouer la culture pour contribuer à l’épanouissement et à l’identité des CLOSM :

« … la plupart des répondants (93 %) des communautés de [langue officielle en situation minoritaire] croient “qu’il est important pour eux qu’une identité culturelle et artistique de nature dynamique, et de leur langue, soit transmise à la prochaine génération” et qu’il est important pour leur identité linguistique minoritaire d’avoir accès à une communauté culturelle et artistique dans leur langue qui soit dynamique17. »

La capacité des minorités de langue officielle de s’identifier à leur culture est renforcée quand celle-ci sort de la sphère de la vie privée et acquiert une visibilité publique. C’est seulement à ce moment-là que les citoyens ont le sentiment d’appartenir à quelque chose de plus grand qu’eux-mêmes — une histoire collective, une démarche commune, un avenir ambitieux. Étant donné l’attrait d’Internet, des médias et de la publicité, une scène artistique dynamique est un moyen particulièrement important pour faire participer les jeunes des minorités — pour leur permettre de se retrouver dans un discours public et dans l’espace public et susciter l’appartenance à une culture qui ne soit pas la culture générique de l’Amérique du Nord.

Dans les petites villes et particulièrement en milieu rural, les activités culturelles facilitent l’interaction, bâtissent la communauté et aident à créer un environnement dynamique et ouvert sur l’avenir, un environnement susceptible de contrer l’exode vers les grands centres. Des événements périodiques, tels que le Festival du Voyageur à Winnipeg, le Festival acadien de Caraquet, La Nuit sur l’étang à Sudbury et L’écho d’un peuple à Casselman, sont particulièrement importants pour rassembler les gens et leur permettre d’apprécier une expérience collective et de comprendre davantage le monde. De tels événements ne sont pas seulement culturels : en rassemblant les gens de la communauté autour d’un même projet, ils suscitent en eux un sentiment d’accomplissement collectif et les rendent fiers de leur histoire et de leurs racines communes.

Par ailleurs, il est bien établi que les espaces culturels contribuent à un sentiment de fierté au sein des communautés en constituant un lieu pour les diverses activités culturelles. Un espace physique crée un sentiment symbolique de lieu — un « foyer » pour la culture et les traditions, où se concrétisent les rêves et les aspirations collectives. Ces espaces renforcent l’identité, car ils rassemblent les gens pour qu’ils participent à la culture vivante, manifestation de leur survivance et de leur croissance en tant que communauté. Les planificateurs, les architectes et les promoteurs des grands centres urbains canadiens reconnaissent depuis longtemps l’importance des espaces culturels. Des investissements considérables ont permis de construire des installations dans certains de ces centres urbains. La plupart du temps, il demeure toutefois difficile de trouver des fonds pour construire et surtout pour exploiter des espaces culturels, une réalité particulièrement fréquente dans les plus petites communautés.

En tant que société bilingue, multiculturelle et géographiquement dispersée sur un vaste territoire, le Canada trouverait avantage à mettre les arts et la culture au service de la promotion de la diversité culturelle et de la dualité linguistique sur la scène internationale. Si la culture favorise les communautés saines et dynamiques, elle a aussi un grand rôle à jouer pour promouvoir les caractéristiques qui définissent un Canadien en tant que tel. L’épanouissement des CLOSM est important pour préserver l’héritage bilingue des Canadiens et garantir l’avenir de notre société bilingue; qui plus est, le lien et l’engagement fructueux entre les deux groupes linguistiques définissent l’essence de notre canadienneté.

Notes

15 Richard Florida. The Rise of the Creative Class And How It’s Transforming Work Leisure and Everyday Life, Basic Books, 2002.

16 Max Wyman. The Defiant Imagination: Why Art Matters, Douglas & McIntyre, 2004.

17 Centre de recherche Décima, Les Arts au Canada : Accessibilité et disponibilité 2004, étude préparée pour Patrimoine canadien, 31 mars 2004. Version en ligne (http://www.culturescope.ca/ev_fr.php?ID=7849_201&ID2=DO_TOPICLien autre que le gouvernement du Canada) consultée le 8 janvier 2007.

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