Conclusions

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L’étude tente de brosser un tableau d’ensemble du rôle joué par les institutions fédérales pour favoriser la dualité linguistique par les arts et la culture et contribuer à l’épanouissement des CLOSM, deux objectifs de la Loi sur les langues officielles. Le Plan d’action pour les langues officielles, qui devait susciter une orientation et une énergie renouvelées dans les CLOSM, ne fait nulle part état des arts et de la culture. Cette omission a été bien décevante pour les artistes francophones et anglophones et pour leurs représentants qui vivent les défis de la création, de la production et de la diffusion des oeuvres dans un milieu minoritaire. Grâce aux modifications déposées en 2005, la Loi impose à présent une obligation directe à tous les ministères et organismes fédéraux d’adopter des mesures positives pour leur permettre de satisfaire à ces objectifs.

De nombreux documents soulignent la capacité unique des arts et de la culture de renforcer l’identité et de favoriser le rapprochement des cultures. Les institutions fédérales mises en place par le Parlement et dont le mandat porte sur les arts et la culture ont eu à redéfinir les éléments de ce mandat. On leur a demandé de trouver de meilleures façons d’incorporer les besoins des CLOSM à leur raisonnement et à leurs programmes. La plupart ont fait de grands progrès pour prendre ces besoins en compte : il y a davantage d’outils, plus de dialogue et de consultations systématiques. Toutefois, celles-ci ne sont pas toujours efficaces et les communautés ne veillent pas toujours à l’atteinte de résultats. Le financement est dans une large mesure fondé sur des initiatives spéciales (comme le PICLO) dont la durée est peut-être limitée, ce qui peut parfois stigmatiser et marginaliser les bénéficiaires. On ne reconnaît pas assez le besoin de stratégies à long terme qui conviennent aux organismes artistiques et aux industries culturelles en phase de développement.

Les communautés artistiques et culturelles francophones hors Québec ont commencé à s’organiser aux niveaux national et régional bien avant les modifications à la Loi. Leurs progrès ont été certes inégaux, mais ils sont remarquables, et leurs demandes sont bien documentées. Elles ont reconnu très tôt l’importance de recueillir des données de base pour étayer leur dossier et mesurer les progrès au fil du temps. À bien des égards, il faut en tenir compte.

Les artistes et les groupes culturels des communautés anglo-québécoises commencent tout juste à s’organiser. Ils collaborent avec leurs homologues francophones de la FCCF et d’autres organismes de service dans le domainedes arts, et bénéficient des réussites de ceux-ci. L’une des prochaines grandes étapes consistera à assurer la collecte de données et l’analyse critique afin de documenter leur expérience et de soutenir leurs efforts.

Les communautés de langue officielle en situation minoritaire ne sont pas des groupes d’intérêts spéciaux : elles font partie intégrante de notre identité canadienne. Il est de notre intérêt collectif de favoriser leur visibilité, de développer leur capacité et de veiller à leur épanouissement. Les institutions fédérales doivent apprendre à cette fin à ne pas les considérer selon la même optique que la culture dominante. Elles ne doivent pas non plus se satisfaire de mesures spéciales qui, même si elles conviennent parfois, isolent ces communautés. Elles doivent dans la mesure du possible répondre de façon coordonnée et cohérente à la demande de pleine participation et d’égalité d’accès à leurs programmes. Il faudra au besoin élaborer de nouveaux outils et des démarches créatives : principes directeurs, pratiques exemplaires, mesures du rendement, indicateurs de vitalité des communautés, mécanismes de reddition de comptes, nouveaux modes de soutien des infrastructures et de diffusion des oeuvres. Les institutions fédérales doivent s’engager à travailler ensemble et avec le milieu à la cause commune, démontrant par là l’importance des arts et de la culture dans notre patrimoine social.

Les institutions fédérales doivent également revoir les questions de la dualité linguistique et du rapprochement des cultures, ainsi que la façon dont les programmes fédéraux peuvent mieux soutenir ces objectifs. Il y a quelques exemples éloquents d’organisations non gouvernementales qui ont présenté des événements qui nous aident à mieux nous connaître et qui favorisent l’appréciation de la profondeur et de la richesse de nos racines culturelles. Le fait qu’il y ait assez peu d’incitatifs ou d’initiatives gouvernementales souligne la nécessité d’en faire davantage.

Si l’on insère les arts et la culture dans un plan d’action complet, si l’on injecte de nouvelles ressources dans le système et si l’on fait preuve d’un tel leadership dynamique, cela aidera très certainement les intervenants individuels à aller au-delà de la lettre de la loi pour en atteindre l’esprit. Qui plus est, cela permettra d’éclairer les talents des communautés de langue officielle en situation minoritaire, de donner de la visibilité à l’invisible et de susciter de nouvelles perspectives.

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