La vitalité des communautés

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Les modèles de vitalité des communautés (suite)

Depuis 1989, Landry et divers collaborateurs démontrent, par des recherches empiriques quantitatives effectuées dans de nombreux contextes canadiens et américains, que le comportement langagier des francophones est très fortement relié à la vitalité ethnolinguistique des communautés. D'après leurs résultats, « plus la vitalité ethnolinguistique de la communauté francophone est faible, plus le comportement langagier des francophones ressemble à celui des anglophones. La relation observée est tellement forte que celle-ci fut décrite comme étant le résultat d'un 'déterminisme social' » (Landry et Allard, 1999 : 411).

Le modèle macroscopique de revitalisation ethnolinguistique remanié par Landry, Allard et Deveau (2006) présente un nouveau paradigme de la dynamique des facteurs en présence (voir la figure 3 à la page suivante). Le déterminisme social constitué des influences sociétales y est contrebalancé par l'introduction de l'autodétermination individuelle, constituée par les choix libres et conscients des individus qui découlent de certains apprentissages sociaux et de la satisfaction de certains besoins de base : l'autonomie, la compétence et l'appartenance (Landry et Rousselle, 2003 : 84). Cette nouvelle dimension reconnaît les capacités et les compétences des individus à parler, à apprendre, à participer, à faire des choix autonomes et, éventuellement, à s'engager par l'action communautaire et l'action civique dans leur collectivité.

Cette nouvelle perspective, d'une part, adopte les connaissances contemporaines sur les capacités des personnes à agir, à changer, à devenir des acteurs dans leur collectivité, plutôt qu'à subir le déterminisme du milieu, des médias, etc. et, d'autre part, offre une interprétation améliorée de la dynamique sociale des sujets sociaux aptes à l'autodétermination et à la prise en charge individuelle et collective. Toutefois, les facteurs de la prise en charge collective ou de l'action collective ne sont pas encore développés dans ce modèle. L'aspect des capitaux démographiques, culturels, économiques et politiques, bien que mis de l'avant dans ce modèle, n'a pas fait l'objet de recherches approfondies quant à leur incidence sur la vitalité des groupes.

Figure 3 : Modèle intergroupe de la revitalisation ethnolinguistique : une perspective macroscopique (Landry, Allard et Deveau, 2006)

Figure 3 : Modèle intergroupe de la revitalisation ethnolinguistique : une perspective macroscopique (Landry, Allard et Deveau, 2006)
Référence : Landry, Rodrigue, Réal Allard et Kenneth Deveau « Revitalisation ethnolinguistique: un modèle macroscopique », in André Magord (sous la dir.). Innovation et adaptation : expériences acadiennes contemporaines, Bruxelles : Éditions Peter Lang, 2006 (à paraître).


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