2. L’état de préparation du COVAN et Patrimoine
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2.1 Résultats de l’analyse des thèmes
2.1.1 Introduction et méthodologie
L’information présentée dans le présent chapitre provient de deux sources principales : de l’analyse de la documentation pertinente et de plus d’une vingtaine d’entrevues avec des représentants du COVAN, de Patrimoine canadien, des associations des communautés de langue française et de la Fondation canadienne pour le dialogue des cultures (appelée « Fondation Dialogue » dans la suite du texte). La plupart des interviewés étaient les mêmes que pour l’étude. Toutefois, au sein du COVAN, nous avons aussi rencontré des gestionnaires s’occupant de volets opérationnels, l’organisme en étant maintenant à l’étape de la mise en œuvre. Nous avons comparé cette information à celle qui avait été recueillie pour les besoins de l’étude initiale afin de déterminer les progrès accomplis et les éléments auxquels le COVAN et Patrimoine canadien doivent porter une attention immédiate afin de bien refléter le caractère bilingue du Canada. Les intervenants ont eu l’occasion de commenter les sommaires d’entrevues et de valider l’information recueillie.
2.1.2 Gouvernance des langues officielles
Sous ce thème, nous abordons notamment les questions relatives à la vision et à l’engagement du COVAN, de même que les mécanismes de contrôle mis en place pour assurer le respect des exigences linguistiques de l’Entente multipartite.
Des progrès importants ont été faits au chapitre de la gouvernance des langues officielles, tant au sein du COVAN que de Patrimoine canadien, comparativement au moment de l’étude. Il reste cependant des éléments à améliorer.
La transition de l’étape de planification à celle de l’exécution présente des défis nouveaux. La haute direction du COVAN demeure fermement engagée à présenter des Jeux reflétant la dualité linguistique, et ce, même dans un contexte qui s’avère plus difficile. Tant les représentants des associations francophones que de Patrimoine canadien ont souligné cet engagement. Le défi est maintenant de faire en sorte que cet engagement se concrétise dans la mise en oeuvre. Selon plusieurs interviewés, l’intégration des langues officielles dans les opérations représente un défi plus grand que dans la planification, parce qu’il faut désormais tenir compte d’une multitude d’aspects opérationnels.
Sans remettre en question la volonté du COVAN à présenter des Jeux olympiques et paralympiques reflétant la dualité linguistique, des représentants externes ont mentionné que, devant l’ampleur des choses à faire, celui-ci avait parfois tendance à limiter la portée de certaines exigences linguistiques de l’Entente multipartite. Par exemple, le COVAN envisage la possibilité de ne traduire que certaines des biographies des athlètes qui participeront aux Jeux, bien qu’il se soit auparavant engagé à toutes les traduire afin de se conformer à l’exigence de l’Entente multipartite à cet égard. Nous reparlons de cette solution plus loin.
Certaines exigences de l’Entente multipartite sont moins claires que d’autres. Ainsi, prise à la lettre, la clause 1k), laquelle indique que le programme des cérémonies d’ouverture et de clôture « inclut des participants et des activités représentant les deux groupes de langue officielle », pourrait signifier que la seule présence d’artistes d’un groupe linguistique dans les activités visuelles (danse, cirque) permet de satisfaire à cette exigence. Toutefois, il importe que la présence de chaque groupe linguistique se concrétise aussi par des éléments où la langue est le moyen d’expression.
Les langues officielles doivent être un réflexe naturel, et non une pensée après coup. À cet égard, la haute direction doit informer et sensibiliser les échelons de gestion intermédiaire à l’importance de respecter les exigences linguistiques de l’Entente multipartite sur le plan des opérations. L’information recueillie auprès de quelques interviewés responsables d’opérations révèle que le COVAN doit prendre davantage de mesures pour veiller à ce que ces cadres intermédiaires comprennent bien l’importance de tenir compte des langues officielles. En raison de leur rôle stratégique dans l’étape des opérations, ces derniers contribueront pour une bonne part à la réussite du COVAN. Le commissaire suggère que les vice-présidents principaux, les vice-présidents et les directeurs de programme rappellent au personnel l’importance primordiale de respecter les exigences linguistiques de l’Entente multipartite qui s’appliquent à leur secteur de responsabilité et qu’ils clarifient, au besoin, la portée de certaines exigences.
2.1.2.1 Mécanismes de contrôle
Les mécanismes de contrôle, tant au sein du COVAN que de Patrimoine canadien, ont été nettement améliorés, ce qui permet aux hautes instances des deux organisations d’être informées des progrès réalisés et des enjeux stratégiques pour lesquels ils doivent trouver une solution.
Au sein du COVAN, la vice-présidente principale, Ressources humaines, durabilité et services à la clientèle internationale, fournit au Comité de direction et au Comité de durabilité et des ressources humaines du Conseil d’administration du COVAN des mises à jour sur les langues officielles; cette question est désormais régulièrement discutée à ces deux comités. Ainsi, des sujets comme le contenu en français de la cérémonie du compte à rebours et des cérémonies d’ouverture et de clôture des Jeux et la traduction sont traités au Comité de direction et au Conseil d’administration, et leurs membres portent une plus grande attention aux questions linguistiques.
Un comité consultatif sur les langues officielles (se rapportant au Conseil d’administration), créé en décembre 2008 et réunissant des dirigeants du COVAN, de Patrimoine canadien, de la communauté francophone ainsi que l’ancien premier ministre français et Grand Témoin de la Francophonie aux Jeux de Pékin, M. Jean-Pierre Raffarin, est un autre mécanisme qui permet à la haute direction d’examiner les enjeux stratégiques. Même s’il est encore trop tôt pour évaluer l’influence du comité, presque tous les interviewés ont souligné que celui-ci accroîtra la visibilité ainsi que l’importance des langues officielles grâce à la présence de personnes expérimentées et de haut niveau. Un plan d’action pour donner suite aux recommandations de l’étude du commissaire a été élaboré au début de juin par le Comité. Ce plan est, dans l’ensemble, bien étoffé : il comprend des actions précises à entreprendre afin d’atteindre les objectifs établis et désigne les personnes responsables. Il contribuera à coup sûr à aider le COVAN et Patrimoine canadien à déterminer l’orientation à prendre pour atteindre les objectifs relatifs aux langues officielles.
Outre le plan du comité consultatif, le COVAN continue de préparer un rapport trimestriel de progrès sur les langues officielles, lequel est transmis au Secrétariat fédéral des Jeux. L’analyse du dernier rapport (30 juin 2009) révèle une amélioration certaine comparativement aux rapports examinés dans le cadre de l’étude. Le document est maintenant rédigé en tenant compte de chacune des exigences linguistiques de l’Entente multipartite. Plus clair et précis, il donne un meilleur aperçu de la situation des langues officielles. Pour chaque exigence, le rapport définit notamment les indicateurs de rendement, les progrès depuis le tout début et au cours du dernier trimestre, et les défis à relever. Dans certains cas, les problèmes à résoudre pourraient être décrits avec plus de précision afin que les personnes qui doivent agir aient une meilleure idée des mesures à prendre. Par exemple, dans le cas de la traduction, on indique que des ressources additionnelles seront requises sans toutefois préciser l’écart à combler.
Par ailleurs, certains objectifs énoncés par le COVAN dans ce dernier rapport ne sont pas conformes aux exigences de l’Entente multipartite. Ainsi, la disposition 1d) de l’Entente stipule « que toute la documentation […] destinée au grand public au Canada […] est offerte simultanément dans les deux langues officielles ». Dans son rapport trimestriel, le COVAN indique que « dans des circonstances exceptionnelles, les communications imprévues seront diffusées consécutivement dans un délai de douze heures dans la deuxième langue, et les communications urgentes, dans un délai de six heures » [traduction]. Cette façon de faire ne respecte pas l’obligation d’informer les deux groupes linguistiques simultanément dans les deux langues. Nous reviendrons plus loin sur ces anomalies.
Pour sa part, le Secrétariat fédéral des Jeux de Patrimoine canadien a modifié sa démarche et ses exigences auprès du COVAN. Pour le suivi des questions linguistiques, le Secrétariat est passé d’une approche plutôt informelle, qualifiée de timide par certains interviewés, à une approche plus exigeante et rigoureuse quant à la reddition de compte. Ainsi, il a demandé au COVAN de modifier ses rapports de progrès trimestriels, qui étaient essentiellement une liste d’activités de la Fonction des langues officielles, pour en faire des rapports sur le degré de mise en oeuvre de l’Entente multipartite. Il a aussi exigé que le dernier plan d’affaires du COVAN soit présenté de manière à ce que l’on puisse distinguer plus facilement et clairement les fonds qui sont alloués aux langues officielles. Nous sommes dans l’impossibilité de commenter davantage puisque nous n’avons pu avoir accès à ces documents. En outre, des discussions régulières ont lieu entre la direction du Secrétariat et les hauts dirigeants du COVAN pour discuter de certaines questions linguistiques.
Au sein de Patrimoine canadien, la structure de gouvernance a été renforcée. Un comité interne (PCH 2010), présidé par la sous-ministre, a été créé pour assurer une meilleure cohérence dans le suivi du dossier des Jeux. Il se réunit toutes les deux semaines. Le Comité des sous-ministres et celui des sous-ministres adjoints des ministères impliqués dans les Jeux sont toujours en place. Les questions linguistiques sont discutées régulièrement au sein de ces comités. Le commissaire et son équipe ont présenté des messages clés ainsi que certains résultats de la campagne de sensibilisation au Comité des sous-ministres (mars 2009) et au Comité sur les services fédéraux essentiels (avril 2009).
2.1.2.2 Clauses linguistiques dans les ententes
En plus de sa contribution pour les infrastructures et les legs des Jeux, Patrimoine canadien a participé au financement d’autres activités, telles que les cérémonies d’ouverture et de clôture, le Relais du flambeau et l’Olympiade culturelle, et à celui des sites de célébration à Vancouver et à Whistler. Le ministère a indiqué qu’il avait inclus des clauses linguistiques dans chacune des ententes de contribution. Au moment du suivi, il a remis au Commissariat les ententes relatives aux cérémonies d’ouverture et de clôture, à l’Olympiade culturelle et au site de célébration à Vancouver, tout en précisant que celle concernant le site de célébration à Whistler serait similaire à l’entente pour le site à Vancouver. En outre, Patrimoine canadien a indiqué au Commissariat que des clauses linguistiques seraient également incluses dans les accords de contribution pour la Place de la francophonie et le projet d’album numérique (CODE).
L’entente relative aux cérémonies d’ouverture et de clôture reprend les exigences linguistiques énoncées à l’annexe A de l’Entente multipartite (celle-ci figure à l’annexe 2 du présent rapport). La clause 1k) de l’annexe A établit que « les cérémonies d’ouverture et de clôture se déroulent dans les deux langues officielles, tandis que l’hymne national est chanté dans sa version bilingue; le programme inclut des participants et des activités représentant les deux groupes de langue officielle ». Tel qu’il est indiqué aux sections 2.1.2 et 2.2.1 du présent rapport, le dernier volet de cette clause a posé certaines difficultés d’interprétation. Il faudrait que Patrimoine canadien précise dans toute entente future concernant des manifestations sportives internationales que l’obligation d’incorporer des participants et des activités représentant les deux groupes de langues officielle s’applique tant aux composantes parlées que visuelles de la programmation des cérémonies.
À l’instar de l’entente concernant les cérémonies d’ouverture et de clôture, les clauses linguistiques de l’entente relative à l’Olympiade culturelle reprennent les exigences de l’annexe A de l’Entente multipartite. Cependant, à ces clauses s’ajoutent des résultats que doivent atteindre les bénéficiaires. Dans la liste des sept résultats à atteindre et qui seront mesurés figure l’établissement d’« une programmation qui met en vedette des artistes qui sont représentatifs de la dualité linguistique canadienne [traduction] ». L’ajout d’un résultat portant sur la dualité linguistique dans la programmation est louable. Cependant, comme nous l’avons mentionné plus haut, à l’avenir, Patrimoine canadien pourrait préciser dans toute entente future concernant des manifestations sportives internationales que l’obligation de présenter des participants et des activités représentant les deux groupes de langues officielles s’appliquent tant aux composantes parlées que visuelles de la programmation.
Les clauses linguistiques de l’entente relative au site de célébration à Vancouver, pour leur part, sont exhaustives et assez précises. Elles comprennent, entre autres, les exigences suivantes : toute la documentation promotionnelle fournie par la Ville de Vancouver et destinée au grand public devra être offerte simultanément dans les deux langues officielles; l’information au sujet du site de célébration mise sur le site Internet de la Ville consacré aux Jeux devra être dans les deux langues officielles; les affiches reliées aux Jeux qui sont installées par la Ville de Vancouver sur le site de célébration doivent être bilingues; toutes les activités de nature culturelle commanditées ou annoncées dans le cadre des Jeux doivent comporter des spectacles parlés présentés en anglais et en français. Le COVAN et Patrimoine canadien devront veiller à ce que la Ville de Vancouver respecte ces dispositions précises.
Dans l’ensemble, l’inclusion de clauses linguistiques dans les ententes de contribution constitue des repères utiles qui permettront, après les Jeux, d’établir dans quelle mesure les diverses parties ont respecté leurs engagements dans le cadre de ces activités.
2.1.3 État des ressources nécessaires
En raison de la baisse des revenus provenant des commanditaires et d’autres sources, la réalisation des objectifs en matière de langues officielles, comme ceux dans d’autres domaines, constitue un défi important pour le COVAN. Certains interviewés ont indiqué que le COVAN avait sous-estimé au départ l’ampleur des ressources nécessaires pour répondre à l’ensemble des exigences de l’Entente multipartite.
2.1.3.1 Traduction
Les ressources allouées à la traduction demeurent l’élément le plus problématique. Grâce à son efficacité et à sa productivité élevée, l’équipe actuelle de traduction, composée de six personnes (cinq traducteurs et un réviseur), réussit, dans l’ensemble, à combler les besoins actuels, mais elle ne pourra répondre à l’augmentation considérable du volume de mots à traduire avant et pendant les Jeux.
Pour illustrer le volume de traduction, qui va en s’accroissant constamment, mentionnons que, depuis novembre 2006, le COVAN a fait traduire 3 200 000 mots (2 000 000 à l’interne et 1 200 000 par des fournisseurs externes). Selon la dernière estimation du COVAN à l’étape de la cueillette de données, le volume de mots à traduire d’ici à la fin des Jeux sera de 7 500 000 mots. Le COVAN estime avoir besoin au minimum d’une quarantaine de traducteurs additionnels, dont une vingtaine pour Info 2010 (le site Internet des médias). À l’étape de le collecte de données, il estime que les coûts totaux de traduction pourraient se chiffrer à environ 5 300 000 dollars. L’expérience à ce jour montre que le COVAN a tendance à sous-estimer ses besoins de traduction. Ainsi, le Bureau de la traduction est d’avis qu’il faudrait de 65 à 70 traducteurs pour combler les besoins. Il serait en mesure de répondre à cette demande, mais le COVAN devra trouver les fonds nécessaires étant donné que le Bureau fonctionne selon une formule de recouvrement des frais.
Les parties concernées discutent depuis un certain temps du besoin de financement additionnel. Au début de juillet, il semblait que le COVAN se préparait à envoyer sous peu, par écrit, une demande d’aide formelle aux autorités gouvernementales. La clause 23 de l’Entente multipartite spécifie que toute demande de ressources additionnelle de la part du COVAN doit se faire par écrit. Le Commissariat aux langues officielles n’est pas en mesure de déterminer si le COVAN a les fonds nécessaires pour la traduction ou si le gouvernement doit fournir une aide supplémentaire. Toutefois, étant donné l’urgence et l’importance d’avoir des ressources adéquates en traduction dans les mois qui précèdent et durant les Jeux, le COVAN et le gouvernement fédéral doivent trouver sans tarder une solution pour assurer le respect des exigences de l’Entente.
Plusieurs facteurs semblent compliquer les choses. Par exemple, le COVAN a indiqué qu’il ne peut acheminer électroniquement les textes à traduire au Bureau de la traduction en raison du système en place, qui exige la présence de traducteurs sur place. Cela augmenterait les coûts de déplacement et d’hébergement des traducteurs. Toutefois, le Bureau de la traduction a indiqué qu’il y aurait moyen de surmonter le problème de la transmission électronique des textes.
D’autres solutions envisagées par le COVAN, comme le recours à des étudiants ou à des bénévoles, ne peuvent régler entièrement le problème de la traduction. Puisque l’expertise du Canada en matière de traduction est reconnue mondialement et que les Jeux de Vancouver constituent une occasion de le démontrer, la réputation du pays serait entachée si le COVAN diffusait des communications destinées au public, aux athlètes, aux médias et aux dignitaires en ayant recours à des traductions de moindre qualité.
| Recommandation 1 |
La Fonction des langues officielles, qui joue un rôle essentiel quant à l’orientation et à l’appui des différents secteurs du COVAN, a été renforcée de façon importante au cours de la dernière année. Ses effectifs ont été augmentés. De plus, la traduction, qui relevait du Service des communications, a été rattachée à la Fonction des langues officielles. Il s’agit d’un autre progrès, puisque le rattachement signifie que tout ce qui est produit dans les deux langues passe par ce service, qui peut ainsi exercer une plus grande influence et assurer une meilleure surveillance.
À notre connaissance, la création d’une fonction pour s’occuper spécifiquement de la coordination des deux langues officielles du Comité international olympique est une première dans l’histoire des Jeux. C’est un modèle qui pourrait servir dans les Jeux ultérieurs.
2.1.3.2 Bénévoles et personnel du COVAN
La Fonction des langues officielles a terminé une deuxième et dernière évaluation des besoins en matière de bénévoles bilingues. Elle a aussi instauré un processus d’évaluation du niveau de français requis pour chacun des postes de bénévoles, qui tient compte du degré d’interaction et de la nature des échanges qui auront lieu avec les divers publics.
Le COVAN exige pour les bénévoles bilingues le niveau de bilinguisme « conversationnel/intermédiaire » ou « couramment/avec fluidité », selon le rôle qu’ils joueront. Comme mentionné dans le rapport en décembre 2008, la compétence linguistique des candidats dans leur seconde langue officielle, y compris la compétence des personnes qui l’utilisent moins, est évaluée dans le cadre du processus d’entrevue. Tout indique que le niveau de bilinguisme des bénévoles sera adéquat en fonction des postes qu’ils occuperont.
Selon la dernière évaluation des besoins, 3 500 postes de bénévoles exigeront la connaissance des deux langues sur un total de 25 000 (en incluant les Jeux paralympiques), soit 14 p. 100 du total ou un bénévole bilingue sur sept. Grâce à une tournée en mai dernier dans l’Est du pays (incluant des arrêts à Halifax, à Ottawa et à Montréal), qui visait à recruter des bénévoles bilingues, leur nombre correspond à peu près au nombre requis. Les offres aux bénévoles retenus seront envoyées au cours de l’été.
Compte tenu des interactions diverses avec des publics variés dans différent sites, et ce, dans deux villes et une municipalité (Vancouver, Richmond et Whistler), 3 500 bénévoles bilingues semble un minimum, qui laisse peu de place, à notre avis, à des fluctuations possibles. Or, il y a toujours des désistements en cours de route pour de multiples raisons. Plusieurs interviewés du COVAN et des autres instances concernées ont indiqué que le désistement potentiel d’un trop grand nombre de bénévoles bilingues les préoccupait, parce que le COVAN pourrait ne plus en avoir suffisamment pour répondre à tous les besoins. Ils craignent en particulier que le désistement soit plus élevé parmi les bénévoles provenant de l’Est du pays – parmi lesquels se trouve le plus grand nombre de bilingues – étant donné que les bénévoles doivent assurer leurs frais de transport et de logement.
En outre, le déploiement d’un aussi grand nombre de bénévoles, dont les bilingues, constitue un défi majeur. Le COVAN a indiqué que, dans l’éventualité d’un manque de bénévoles bilingues à un endroit, le réseau central aura à sa disposition la liste des bilingues et fera appel à ceux qui sont libres. Malgré tout, nous craignons pour diverses raisons (désistements, besoins additionnels de bilingues à certains endroits, difficultés de déplacement, etc.) que les postes bilingues ne puissent pas toujours être pourvus. Le COVAN a envisagé de mettre sur pied une équipe volante de bénévoles bilingues qui pourraient remplacer à pied levé le personnel manquant, en particulier dans les endroits stratégiques, tels les kiosques d’information et les centres de presse. Toutefois, cette très bonne idée n’était toujours qu’à l’état embryonnaire au moment de la préparation du présent rapport.
Le Secrétariat fédéral des Jeux n’avait pas encore reçu le plan de répartition des bénévoles, qui doit comprendre des mesures pour pallier les problèmes éventuels. Ayant une expertise grâce à son expérience de divers Jeux, le personnel du Secrétariat des Jeux et de Sport Canada pourrait revoir le plan en vue de déterminer si le nombre de bénévoles bilingues prévu est suffisant et si leur répartition est stratégique en fonction des sites qui nécessitent en priorité des bénévoles bilingues.
| Recommandation 2
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Les bénévoles bilingues porteront une épinglette sur laquelle sera écrit le mot « Bonjour » afin d’indiquer au public qu’il peut être servi dans sa langue. Le cours d’orientation de base pour tous les bénévoles est offert en français une fois par mois à Vancouver, et les documents remis aux participants sont disponibles dans les deux langues. La question des langues officielles est expliquée dans le cadre de cette formation.
De plus, le guide de poche qu’auront tous les bénévoles contiendra des informations relatives aux langues officielles et des phrases types à utiliser pour répondre au public dans sa langue.
Toutes ces initiatives témoignent de l’engagement du COVAN à veiller à ce que les bénévoles offrent des services dans les deux langues officielles.
Des quelque 1100 employés du COVAN (en date de juin 2009), 15 p. 100, soit 165 personnes, sont en mesure d’offrir un service dans les deux langues. Durant les Jeux, ces personnes seront affectées à des postes stratégiques qui exigent la connaissance des deux langues officielles. En outre, 10 p. 100 des employés possèdent une certaine connaissance du français, et les francophones représentent près de 10 p.du personnel. Ces données révèlent que le COVAN a fait des efforts certains pour recruter du personnel bilingue, particulièrement des francophones.
Malheureusement, la faible capacité bilingue aux niveaux supérieurs qui a été constatée lors de l’étude initiale n’a pas changé. Ainsi, aucun des dix membres du Comité de direction du COVAN ne parle couramment le français, même si quelques-uns d’entre eux suivent des cours. Il n’y a que quelques personnes bilingues au sein du Conseil d’administration du COVAN. Lorsque les membres unilingues de ces instances parlent en public, par exemple, à des conférences de presse, ils ne reflètent pas la dualité linguistique du Canada. Cinq ou six interviewés se sont dits préoccupés par cette situation.
Mentionnons l’heureuse initiative du COVAN d’avoir signé une entente avec un organisme francophone (Educacentre de Vancouver) afin d’offrir des cours de français au personnel du COVAN. Malgré leur charge élevée de travail, plus d’une centaine d’employés sont inscrits à ces cours en ligne, qui seront aussi offerts à l’automne aux bénévoles qui désirent les suivre.
2.1.4 Communications avec les divers publics
2.1.4.1 Signalisation et affichage
Il est prévu que, à chacun des sites du COVAN, tout élément de signalisation qui portera l’empreinte des Jeux olympiques et paralympiques sera dans les deux langues. Afin d’assurer la qualité dans chaque langue, les enseignes et les affiches sont vérifiées par le Service de traduction.
L’équipe du Commissariat a pu voir le premier prototype des enseignes et des affiches au moment du suivi. Les deux langues y figurent, mais elles sont présentées dans un format différent. L’anglais est en caractères gras, et le français est en caractères réguliers, sans gras. Le COVAN a expliqué avoir adopté cette formule comme suite aux conseils d’experts en marketing qui avaient souligné la nécessité de différencier les énoncés dans les deux langues et les pictogrammes qui apparaissent sur un grand nombre d’affiches. Selon ces experts, cette façon de faire permettra aux anglophones et aux francophones de porter plus facilement leur regard vers leur langue.
Au début de juillet, le commissaire a fait valoir au COVAN que cette formule ne respectait pas le principe d’égalité des deux langues. Il a aussi expliqué qu’au sein du gouvernement fédéral, la pratique est de toujours assurer le statut égal du français et de l’anglais. Le commissaire a mentionné que les institutions fédérales utilisent depuis très longtemps le même type de caractères pour les deux langues et n’ont jamais fait état de problèmes attribuables au manque de différenciation entre les deux langues. Le commissaire craint que, si le COVAN conservait ce prototype, cette façon de faire ne respecterait pas le statut égal des deux langues officielles.
Le Secrétariat fédéral des Jeux a aussi fait valoir, au printemps 2009, lors de plusieurs discussions avec les représentants du COVAN, que leur façon actuelle de présenter les deux langues ne répondait pas aux exigences de l’Entente multipartite et qu’il s’attendait à ce que les deux langues officielles aient un statut égal dans leur présentation visuelle.
| Recommandation 3 |
Au moment de la rédaction du présent rapport, le Commissariat a appris que le COVAN avait modifié son approche pour la signalisation. Le COVAN a indiqué qu’il avait changé son prototype de signalisation. Sur le nouveau prototype, les deux langues officielles sont présentées dans un style et une police de caractères identiques; seule la couleur utilisée diffère : l’anglais y figure en blanc, et le français, en bleu pâle. De plus, le COVAN a indiqué au Commissariat que toutes les affiches du COVAN suivront les normes de présentation du nouveau prototype. Le commissaire reconnaît qu’il s’agit là d’un changement important qui assurera le respect des exigences en ce qui a trait au traitement égal des deux langues officielles.
En ce qui a trait à la signalisation à l’extérieur des sites, les éléments portant l’empreinte du COVAN seront bilingues. Le COVAN a encouragé et continue d’encourager la province, la Ville de Vancouver et la Municipalité de Whistler à produire leurs affiches dans les deux langues, et il leur a fourni un manuel des normes graphiques de signalisation qui présente des exemples de contenu anglais et français. Le COVAN s’occupera aussi de vérifier la qualité du français et de l’anglais sur les affiches qui seront produites dans les deux langues par la province et les deux municipalités.
Le personnel du Secrétariat des Jeux a communiqué le même message d’incitation aux gestionnaires de la province et des municipalités.
Il est important que les affiches et les enseignes de la province et des municipalités qui serviront à diriger les visiteurs soient dans les deux langues officielles. Le visiteur ne pourra faire la distinction entre les affiches du COVAN et celles des autres instances.
Signalisation
Un grand nombre de visiteurs se rendront à Vancouver et à Whistler pour assister aux Jeux et parcourront des lieux gérés par la province, les villes, les institutions fédérales et le COVAN. Chacun de ces intervenants risque d’utiliser un format d’affichage différent. Selon la planification actuelle, les visiteurs disposeront, au fil de leurs déplace-ments, d’une signalisation en anglais seulement.
Quelle sera l’impression des visiteurs de cette expérience inégale durant leur périple d’un site olympique à l’autre, à Vancouver et à Whistler, et dans les bureaux des institutions fédérales?
Il est malheureux que le COVAN ne soit pas intervenu au moment des préparatifs pour l’inauguration de l’Anneau olympique de Richmond, au début de 2009, pour s’assurer que son nom apparaisse en français et en anglais. Des discussions sont en cours entre le COVAN et la municipalité pour les rendre bilingues le plus tôt possible. Advenant que cela ne soit pas fait, les éléments de signalisation seront remplacés par des affiches bilingues lorsque le COVAN en prendra possession au moment des Jeux. Cet incident a soulevé des préoccupations dans la communauté francophone à l’égard du respect du français dans les Jeux.
| Recommandation 4 |
2.1.4.2 Documents d’information et de promotion et billets
Tous les documents d’information destinés au public continuent d’être produits dans les deux langues. Pour des raisons d’économie justifiées, la majorité des documents est publiée en éditions séparées. Tel est le cas pour le guide du spectateur. Ce document sera envoyé aux acheteurs de billets en décembre 2009 et en janvier 2010, en même temps que les billets, dans la langue choisie par les clients au moment de la transaction en ligne. Les billets seront entièrement dans les deux langues, y compris les inscriptions au verso.
En ce qui a trait aux documents produits en éditions séparées, le COVAN nous a assurés qu’ils seront distribués en nombre suffisant dans chaque langue dans les billetteries et les boutiques, et que le personnel sera bien au fait de l’importance de donner la bonne version. Il sera important que le personnel sache où s’adresser pour obtenir les documents qui pourraient manquer dans une langue.
Comme mentionné à la section 2.1.2.1, le COVAN a indiqué que dans des circonstances exceptionnelles, les communications imprévues seraient diffusées dans la deuxième langue dans un délai de douze heures, et dans un délai de six heures pour les communications urgentes. Cette clause n’est pas conforme à l’Entente multipartite, qui dit explicitement que ces documents doivent être offerts simultanément dans les deux langues. Les deux groupes linguistiques ont le droit d’être informés en même temps, dans leur langue, de tout événement ou de toute situation d’urgence concernant les Jeux. Souvent, des situations imprévues, telles des urgences concernant la sécurité, la météo ou la santé publique, nécessiteront une communication rapide au public dans les deux langues officielles.
Les accréditations pour les athlètes, les officiels, les journalistes et les représentants du mouvement olympique seront dans les deux langues. Le COVAN est à établir une procédure pour les accréditations de dernière minute dans les deux langues.
Le COVAN a fait des progrès importants au chapitre de la production d’articles souvenirs dans les deux langues. Alors qu’une bonne partie n’était qu’en anglais au moment de l’étude, 80 p. 100 d’entre eux sont maintenant dans les deux langues ou neutres. Certains articles cependant seront en anglais seulement. Le COVAN travaille avec l’un de ses détenteurs de licence à la réalisation d’un projet de marchandise en français, qui sera lancé au début de l’automne au moyen d’une campagne de marketing dans les journaux francophones.
Quelques anicroches sont survenues. Ainsi, l’épinglette souvenir pour la fête du Canada n’était qu’en anglais sur le site Web.
2.1.4.3 Internet
Le site Internet demeure le principal moyen de communication avec le public. Le COVAN y publie régulièrement des communiqués de presse sur ses activités, et on y trouve plusieurs rubriques d’information sur une multitude d’aspects des Jeux. Le site continue d’être complètement bilingue, les versions dans chaque langue sont publiées simultanément, et la qualité du français et de l’anglais est bonne. La Division des communications, dont 70 p. 100 du personnel est bilingue, et le Service de traduction font un travail qui mérite largement d’être souligné.
Site Internet COVAN
Les textes présentés sur le site Internet du COVAN doivent y être versés simultanément dans les deux langues officielles du Canada étant donné que celui-ci sera le principal moyen utilisé pour diffuser des communiqués de presse et de l’information au public. Cette façon de faire permettra aux deux groupes linguistiques de rester branchés sur les Jeux.
2.1.4.4 Information au public, annonces des résultats et commentaires
Le COVAN nous a assurés de nouveau que les messages, les annonces et les commentaires durant les compétitions seront dans les deux langues à tous les sites. Il manquerait des annonceurs bilingues dans certaines disciplines; le COVAN s’est engagé à en trouver pour toutes les disciplines, et leurs connaissances linguistiques dans les deux langues feront l’objet d’une évaluation.
L’élément le plus difficile sur le plan des opérations est la transmission des informations et des communications au public dans les sites des compétitions, durant les manifestations culturelles et à d’autres événements. Tout le personnel assigné aux kiosques d’information dans les quinze sites de compétition sera bilingue. De nombreux messages destinés aux spectateurs seront intégrés dans le guide du spectateur, qui sera dans les deux langues. Une proportion importante des messages à transmettre sur les sites sera préenregistrée dans les deux langues. Le personnel aura un plan de ville de Vancouver et un de Whistler, lesquels comprendront des renseignements bilingues.
Selon ce qui est prévu, l’information « dynamique » quotidienne (fermeture de routes, changements d’horaire, etc.) sera préparée par le Service des communications et affichée sur le site Web dans les deux langues. Pour les situations d’urgence, le personnel se servira essentiellement de signes manuels et d’indications corporelles. Le COVAN vise à ce que tous les capitaines de foule (« spectator marshalls ») soient bilingues, mais il estime que cela pourrait être difficile à réaliser.
Il sera important que le COVAN profite de toutes les occasions (réunions quotidiennes, messages sur le site Web) pour rappeler régulièrement aux bénévoles et aux autres personnes concernées l’importance de communiquer dans les deux langues avec les spectateurs, les athlètes, la presse et les dignitaires, ou de recourir à une personne bilingue s’ils ne sont pas en mesure de le faire. Cette façon de procéder doit devenir un réflexe. Les bénévoles et les membres du personnel de COVAN sont les ambassadeurs du Canada aux Jeux et, de ce fait, de la dualité linguistique du pays.
2.1.4.5 Communications médiatiques
Les communications avec les médias aussi détermineront dans une grande mesure l’image qui sera donnée de la dualité linguistique du pays.
Tous les manuels et guides, comme le manuel d’accréditation de la presse et le guide horaire des médias, de même que les bulletins d’information et le formulaire d’accréditation, sont ou seront dans les deux langues officielles.
La grande majorité du personnel des Opérations de la presse, qui compte 66 personnes affectées au service de nouvelle olympique, est bilingue. Une proportion élevée des 115 bénévoles affectés à ce service sera bilingue, et tous les postes impliquant des contacts avec les représentants de la presse seront occupés par des bilingues. S’il y avait un manque de personnes bilingues à un des centres de presse de chacun des sites, la demande de renfort serait transmise au centre de presse principal.
Deux éléments importants reliés aux communications avec les médias posent des difficultés du point de vue des langues officielles. Il s’agit du site intranet des médias (Info 2010) et des biographies des athlètes.
Le site Info 2010 sera dans les deux langues, ce qui exigera des ressources importantes pour la traduction. Cependant, alors que les résultats seront communiqués simultanément dans les deux langues, d’autres éléments, comme les déclarations d’athlètes, seront d’abord diffusés en anglais. Les médias sont néamoins besoin de l’information immédiatement : ils ne voudront pas avoir à attendre la traduction qui suivra de dix à quinze minutes plus tard. Selon la planification actuelle, même les déclarations d’athlètes faites en français seront traduites en anglais d’abord pour l’édition anglaise du site, puis traduites en français pour la version française d’Info 2010. Voilà une procédure pour le moins inusitée. Les propos en français des athlètes ne seront pas rapportés tels quels; ils subiront deux étapes de traduction avant d’être présentés sur Info 2010.
Info 2010
Selon la planification actuelle du COVAN, les athlètes qui, après une performance exceptionnelle, s’exprimeront en français dans le cadre d’entrevues verront leurs propos traduits en anglais, puis affichés sur le site intranet des médias dans les 15 minutes suivantes. Il n’est pas assuré que les propos rapportés en français aux journalistes seront les déclarations originales, mais plutôt une traduction de la version anglaise. Les journalistes francophones auront ensuite accès aux propos traduits des athlètes en français. Les journalistes se demanderont sûrement pourquoi les propos originaux, exprimés en français, ne figurent pas sur le site.
Quelle serait la réaction des journalistes et des athlètes qui n’auront pas eu accès aux propos originaux en français?
| Recommandation 5 |
Alors que le COVAN avait indiqué au moment de l’étude initiale que toutes les biographies des athlètes participant aux Jeux (et qui seront mises sur Info 2010) seraient traduites, il envisage maintenant divers scénarios pour réduire le volume de traduction.
Une possibilité évoquée lors des entrevues serait de traduire seulement les biographies des 20 meilleurs athlètes dans chaque discipline ainsi que celles de tous les athlètes canadiens. Par ailleurs, dans son dernier rapport de progrès trimestriel sur les langues officielles, le COVAN a indiqué que toute mise à jour apportée après le 20 janvier 2010 aux biographies se trouvant dans les sections des résultats antérieurs et des sujets d’intérêt général sera présentée en anglais seulement. Cette option ne répond pas à la disposition 1j) de l’Entente multipartite, qui stipule que « les renseignements de base que le COJO (maintenant le COVAN) fournit aux médias avant, pendant et après les Jeux, dont les résultats des épreuves, sont publiés simultanément dans les deux langues ». À notre avis, les biographies font partie des renseignements de base fournis aux médias, et ceux de langue française doivent avoir accès à cette information dans leur langue.
Bio Athlètes
Les victoires inattendues représentent souvent les moments les plus palpitants des Jeux. Si à Vancouver, par exemple, un athlète suisse classé au 21e rang à l’échelle mondiale gravissait les marches du podium, les services de traduction, qui prévoient traduire seulement les biographies des 20 meilleurs athlètes, seraient pris au dépourvu.
Une telle situation ternira-t-elle la réputation internationale du Canada en tant que pays bilingue capable d’assurer un service dans les deux langues officielles?
| Recommandation 6 |
2.1.4.6 Services médicaux et d’urgence
Les services médicaux et d’urgence sont une composante clé des services offerts aux visiteurs, aux athlètes, aux officiels, aux dignitaires et aux représentants des médias. La Fonction des langues officielles a discuté soigneusement avec les responsables des services médicaux de ses besoins en matière de bénévoles bilingues. Toutes les publications sont ou seront dans les deux langues, et le guide du spectateur (bilingue) contiendra une section sur la marche à suivre en cas de besoin de soins médicaux ou de services d’urgence.
Le service responsable est à recruter les 780 bénévoles dont il aura besoin pour l’ensemble des sites. Ces personnes doivent avoir une expérience médicale. À ce jour, le service a retenu 45 bénévoles bilingues sur les 250 requis; la sélection se poursuit. Il y aura un poste de soins médicaux sur chacun des sites ainsi qu’une clinique aux deux villages olympiques; les organisateurs veilleront à qu’il y ait du personnel bilingue en tout temps.
Si le personnel a besoin de ressources bilingues supplémentaires, il pourra recourir aux services de Vancouver Coastal Health, qui offre des soins en français par l’entremise d’une ligne téléphonique.
Compte tenu de l’importance de ces services, le commissaire demande à la Fonction des langues officielles du COVAN et au Secrétariat des Jeux de suivre de près la mise en place des services médicaux et d’urgence dans les deux langues. Nous parlerons en plus grand détail au chapitre 2 du rôle que jouent la Gendarmerie royale du Canada et l’Agence de la santé publique du Canada dans la coordination des services de santé et de sécurité en cas d’urgence.
2.2 Programmation culturelle et cérémonies
2.2.1 Cérémonies d’ouverture et de clôture
Étant donné qu’elles seront vues de par le monde, les cérémonies d’ouverture et de clôture des Jeux olympiques et paralympiques sont une occasion rêvée pour représenter le visage du Canada, dont la dualité linguistique est un trait important.
Le spectacle du compte à rebours, qui a eu lieu un an avant les Jeux et pendant lequel la présence du français a été minime sur le plan de l’expression verbale, a suscité des réflexions et des discussions intenses au sein du COVAN et de Patrimoine canadien au sujet du principe de la représentation adéquate des deux groupes de langue officielle dans les cérémonies visées par l’Entente multipartite.
Les dirigeants du COVAN ont clairement réitéré leur engagement à veiller à ce qu’il y ait une représentation adéquate des deux groupes de langue officielle tant dans les composantes parlées que dans les composantes visuelles de la programmation des cérémonies. Cet objectif est aussi repris dans le dernier rapport de progrès trimestriel sur les langues officielles du COVAN. En outre, la représentante de Patrimoine canadien au comité restreint pour les cérémonies considère que les autorités du COVAN sont sensibilisées à l’importance de cet aspect.
Sans donner de proportions absolues pour chaque langue, les responsables ont néanmoins indiqué qu’ils seraient satisfaits si le contenu en français représentait de 22 à 25 p. 100 de la programmation.
Pour leur part, les communautés francophones ont fait valoir qu’il était essentiel que le volet francophone ne soit pas uniquement représenté par des artistes ou des groupes du Québec, et qu’il mette en lumière la diversité de la francophonie de tout le pays. Le commissaire s’attend à ce que les engagements fermes du COVAN à l’égard des cérémonies d’ouverture se concrétisent.
2.2.2 Olympiade culturelle et portrait en ligne CODE
Des représentants des associations francophones ont indiqué qu’ils étaient plus satisfaits du contenu francophone de l’Olympiade culturelle de 2009 que de celui de la manifestation de 2008.
Deux tranches de spectacles de l’Olympiade culturelle de 2010 ont été annoncées; elles comportent un volet francophone qui semble adéquat. Par exemple, des 20 premières activités de la première tranche, 5 comportent un contenu francophone ou des artistes francophones. Des 35 activités de la deuxième tranche, 7 ont un contenu culturel francophone. Les organisateurs ont déployé des efforts réels pour trouver des artistes ou des spectacles bien en vue dans les milieux artistiques anglophone et francophone. Ils ont expliqué qu’ils doivent tenir compte du fait que ces spectacles sont payants et qu’ils doivent en assurer la rentabilité dans un marché à 95 p. 100 de langue anglaise. Les communautés francophones, dont celle de la Colombie-Britannique, se disent préoccupées par le fait qu’il y a peu d’artistes de l’extérieur du Québec dans la programmation annoncée à ce jour.
La dernière tranche d’activités, qui sera révélée en septembre (de 55 à 60 spectacles), comportera plusieurs spectacles gratuits. Selon les responsables, il sera alors plus facile d’inviter des artistes francophones moins connus. Nous encourageons les responsables à explorer diverses solutions afin de présenter des artistes francophones des différentes régions du pays dans le cadre de l’Olympiade et des sites en direct. Par exemple, ils pourraient envisager le jumelage d’un artiste francophone avec un de langue anglaise. En plus de faciliter la rentabilité du spectacle, une telle approche serait idéale pour mettre en relief la dualité linguistique du pays. Les responsables pourront aussi travailler de concert avec ceux de la Place de la francophonie afin d’établir une programmation où les divers accents et visages de la francophonie seront vus et entendus. Le commissaire s’attend donc à ce que la troisième tranche de l’Olympiade culturelle reflète la diversité de la francophonie canadienne.
En mai 2009, le COVAN a lancé un projet d’album numérique (CODE) dans le cadre de l’Olympiade culturelle, qui permettra aux Canadiens d’afficher des photos de leur pays et de leurs quartiers ou des messages à leur sujet. Le meilleur contenu de CODE sera présenté sur des écrans publics à Vancouver et à Whistler pendant les Jeux. Cet album numérique sera entièrement dans les deux langues.
2.2.3 Relais du flambeau olympique
La situation semble positive, du point de vue linguistique, pour le Relais du flambeau. Les communautés francophones sont satisfaites du parcours. Le groupe responsable du Relais comprend 12 employés bilingues, sur 40, et il est sensibilisé à l’importance de la représentation des communautés de langue officielle dans les cérémonies. Grâce à une étroite collaboration entre le COVAN, la Fondation Dialogue et la FFCB, on peut espérer avoir un ou des représentants des communautés francophones au sein des comités d’organisation des cérémonies dans 110 des 200 endroits où s’arrêtera le flambeau. La réception des municipalités à cet égard est bonne.
Au moment du suivi, des représentants francophones avaient été trouvés dans 70 des 110 endroits choisis. À ces endroits, le programme d’activités comprendra un volet francophone. Pour le Québec, les responsables devront faire en sorte que la communauté anglophone puisse participer, elle aussi, à l’organisation des activités. Aux 200 endroits où s’arrêtera le flambeau, les cérémonies protocolaires se dérouleront dans les deux langues.
Les affiches pour le Relais et le guide de planification destiné aux comités d’organisation, qui comporte des références à la dualité linguistique, sont bilingues. On vise à recruter des personnes bilingues pour l’ensemble de l’équipe d’une soixantaine de personnes qui assurera le déroulement du parcours. Le passage du flambeau dans les parcs nationaux, notamment ceux de Banff, de Yoho et Glacier, occasionnera probablement une demande accrue de services en français dans ces sections du parcours, augmentation dont Parcs Canada devra tenir compte dans ses activités de planification. Nous parlerons de façon plus particulière de cette institution dans le prochain chapitre. Puisque des activités dans le cadre du Relais se tiendront dans plusieurs parcs nationaux, il s’agira également d’une occasion pour cette institution de mettre en valeur sa capacité à fournir des services dans les deux langues officielles.
2.3. Liens avec la francophonie canadienne
2.3.1 Liens avec la Fédération francophone de la Colombie-Britannique (FFCB) et la Fondation Dialogue
La première clause de l’Entente multipartite prévoit notamment que le COVAN fasse appel à la participation des membres de la communauté francophone de la Colombie-Britannique et du Canada dans les Jeux. À la lumière des renseignements recueillis, il ressort que le COVAN a continué de resserrer les liens avec la communauté francophone de la Colombie-Britannique, par l’intermédiaire de la FFCB, de même qu’avec les communautés francophones des autres provinces, par l’intermédiaire de la Fondation Dialogue.
Le COVAN a continué de tenir des rencontres trimestrielles avec les représentants de la FFCB et de la Fondation Dialogue. Il a discuté régulièrement avec eux des dossiers du Relais du flambeau, de l’Olympiade culturelle et de la Place de la francophonie. Outre les réunions trimestrielles, le COVAN a eu de nombreuses communications téléphoniques et des rencontres informelles avec les deux organisations. La directrice de la Fonction des langues officielles a participé à la dernière assemblée générale de la FFCB afin de faire un tour d’horizon des divers projets communs.
La FFCB et la Fondation Dialogue se disent satisfaites de leurs relations avec le COVAN. Elles considèrent qu’il répond de façon positive à leurs propositions. Elles sont impliquées directement dans l’organisation du Relais du flambeau.
Le collège Éducacentre de Vancouver, qui s’est joint au Programme des communautés contributrices du COVAN, mettra à la disposition du COVAN 20 étudiants bilingues qui y combleront différents postes. Il offrira également des cours de français en ligne aux employés et bénévoles du COVAN. Il s’agit d’une autre excellente initiative.
En outre, mentionnons l’appui de Patrimoine canadien, qui a versé un peu plus de 1 600 000 $ depuis 2005-2006 à titre d’appui aux communautés francophones, dont celle de la Colombie-Britannique, pour les aider à s’impliquer activement dans les Jeux.
Les organisations francophones s’intéresseront vivement au contenu de la dernière tranche de l’Olympiade culturelle de 2010. Elles s’attendent à ce que les communautés francophones, dont celle de la Colombie-Britannique, soient représentées de façon adéquate dans la programmation.
2.3.2 Entente avec La Presse
Au moment de l’étude initiale, le COVAN n’avait établi aucune entente avec un éditeur de journaux de langue française, mais en avait conclu une avec le Globe and Mail et Canwest Publishing Inc., qui publie une dizaine de journaux de langue anglaise à travers le pays. Dans le cadre de ces commandites, les journaux publient de nombreux renseignements sur les Jeux, au profit de la population anglophone du pays.
En avril 2009, le COVAN a annoncé la signature d’une entente avec Gesca Ltée, qui publie La Presse et sept autres quotidiens de langue française (dont Le Soleil, Le Droit et Le Nouvelliste). Ce partenariat permet au COVAN d’offrir des renseignements sur les Jeux à la communauté francophone du pays que joint ces médias et de la faire participer à l’esprit des Jeux olympiques et paralympiques. C’est une initiative qui mérite d’être soulignée, puisque les deux groupes linguistiques sont maintenant informés de façon plus égale.
Toutefois, ces journaux joignent peu, voire pas de francophones à l’extérieur du Québec et de l’Est de l’Ontario. Pour pallier cette lacune, le COVAN a inclus l’Association de la presse francophone (APF) et les journaux qui en sont membres dans sa liste de distribution des communiqués de presse et d’autres informations relatives aux Jeux.
2.3.3 Place de la francophonie
La Place de la francophonie, située dans le centre-ville de Vancouver (dans Granville Island), vise à établir un lieu de rassemblement des francophones et des francophiles de la Colombie-Britannique. La Place, projet parallèle aux Jeux qui revêt une grande importance pour la communauté francophone, serait le théâtre de manifestations culturelles. Des progrès importants ont été accomplis depuis l’étude initiale. Grâce à un engagement financier de Patrimoine canadien, de Diversification économique de l’Ouest et de diverses provinces, dont la Colombie-Britannique, le montage financier du projet a été complété et l’annonce du projet serait imminente.
Pour sa part, le COVAN contribuera au projet en fournissant une aide matérielle et un soutien logistique. Il pourra aussi contribuer à l’organisation de la programmation de la Place en offrant les artistes ou les groupes qu’il invitera dans le cadre de l’Olympiade culturelle et des sites en direct. Tel que nous l’expliquerons dans le prochain chapitre, la Société canadienne d’hypothèque et de logement, en tant que gestionnaire de Granville Island, joue aussi un rôle dans le projet de la Place.
La collaboration pour la réalisation de ce projet a été jugée positive par toutes les parties impliquées.
La Place de la francophonie sera un legs important des Jeux tant pour les francophones que les francophiles.
2.3.4 Grand Témoin de la Francophonie
Depuis les Jeux olympiques d’été de 2004, à Athènes, l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) désigne une personnalité publique de haut rang pour agir à titre de Grand Témoin de la Francophonie, lequel a pour mission d’observer la place réservée au français dans le déroulement des Jeux et d’en faire rapport au Président de l’OIF. M. Jean-Pierre Raffarin, ancien premier ministre français, a été le Grand Témoin de la Francophonie des Jeux olympiques de Pékin. Dans son rapport rendu public à la fin de juin 2009, il conclut ainsi son travail d’observation : « […] j’ai quitté les Jeux olympiques satisfait de la place qui a été réservée à la langue française en Chine et j’ai exprimé un jugement global positif3. » Comme indiqué plus tôt, il s’attend à ce que les Jeux de 2010 soient exemplaires et que le français y fasse bonne figure.
Le Grand Témoin pour les Jeux de Vancouver sera Pascal Couchepin, qui a occupé à deux reprises, le poste de président de la Confédération suisse. Le COVAN veut développer et approfondir les relations avec l’OIF. La signature de la Convention pour la promotion du français aux Jeux olympiques et paralympiques d’hiver de 2010 à Vancouver a eu lieu durant la visite du Grand Témoin, qui coïncidait avec la deuxième rencontre du Comité consultatif sur les langues officielles, fixée au 14 août 2009, à Vancouver.
Le commissaire se dit encouragé par le renforcement des liens entre l’OIF et le COVAN et s’attend à ce que les Jeux de 2010 soient une grande réussite et, par le fait même, qu’ils soient une source d’inspiration pour des évènements sportifs à venir.
Notes
3. Jean-Pierre Raffarin, L’usage de la langue française aux Jeux olympiques de Pékin 2008. Rapport du Grand Témoin de la Francophonie, Paris, Organisation internationale de la Francophonie, 2009, p. 3..


