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Les Jeux olympiques et paralympiques d’hiver de 2010, événements d’envergure planétaire, constituent pour le Canada l’occasion rêvée de faire valoir sa dualité linguistique. En effet, des milliers de spectateurs venus de partout au monde assisteront aux Jeux, et plusieurs milliards de personnes de par la planète pourront les suivre à la télévision et grâce à d’autres médias. Les Jeux représentent aussi une occasion importante de favoriser l’épanouissement des communautés francophones et anglophones du Canada et de faire la promotion du français et de l’anglais dans la société canadienne.

La présente étude examine les mesures prévues par le Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver de 2010 à Vancouver (COVAN) en vue de satisfaire aux exigences linguistiques prévues à l’annexe A de l’Entente multipartite, c’est-à-dire pour faire en sorte que les Jeux de 2010 témoignent pleinement de la dualité linguistique du Canada. L’étude a aussi pour but d’évaluer la façon dont Patrimoine canadien, à titre de représentant du gouvernement du Canada auprès du COVAN, assume ses responsabilités relatives à l’orientation, à la coordination et à la surveillance de l’application des exigences linguistiques.

L’annexe A de l’Entente multipartite précise les exigences que le COVAN s’engage à respecter afin d’offrir au grand public ses nombreux services dans les deux langues officielles. Elle établit aussi la nécessité d’offrir des services en français et en anglais aux athlètes, aux entraîneurs, aux officiels et aux membres des délégations. C’est le gouvernement du Canada, par l’entremise de Patrimoine canadien, qui a fait intégrer, dans l’entente entre les parties signataires, des exigences précises sur les langues officielles à respecter dans l’organisation des Jeux. Il est nécessaire que le COVAN, pour satisfaire à ces exigences, se dote d’une capacité bilingue suffisante parmi son personnel et ses bénévoles.

L’étude a débuté par un examen de la documentation pertinente se rapportant aux Jeux et à la dualité linguistique. Cette étape a été suivie d’observations sur place et d’une cinquantaine d’entrevues avec des représentants du COVAN, de Patrimoine canadien, de communautés francophones, d’organisations sportives, de diverses provinces, de la Ville de Vancouver et de la Municipalité de Whistler. Patrimoine canadien et le COVAN ont eu l’occasion de commenter l’ébauche de l’étude à l’automne 2008. Le rapport final intègre leurs commentaires et reflète l’état de mise en œuvre des différentes mesures à ce moment.

Patrimoine canadien et le COVAN ont mis en place des dispositions linguistiques, dans l’ensemble exhaustives et solides, qui servent de lignes directrices et de pistes à suivre pour la concrétisation de la dualité linguistique des Jeux et la mise en œuvre de l’annexe A de l’Entente multipartite. De plus, le COVAN s’est doté d’une politique interne pour mettre en œuvre ces dispositions. Nous avons constaté que le COVAN déploie beaucoup d’efforts pour satisfaire aux exigences de l’annexe A et qu’il a accompli des progrès depuis sa création. L’engagement et le leadership dont fait preuve, entre autres, le directeur général ont contribué aux nombreuses réalisations que nous avons pu constater. Celui-ci s’est en effet fixé un objectif très élevé, en exprimant sa volonté de non seulement respecter les exigences en matière de langues officielles, mais de les dépasser, objectif que partagent les autres cadres supérieurs du COVAN.

La Fonction des langues officielles du COVAN exerce un leadership évident par l’appui et les conseils qu’elle donne aux divisions pour la mise en œuvre des dispositions linguistiques. Sa contribution a d’ailleurs été soulignée par un grand nombre de participants interviewés. Bien que les réalisations du COVAN et de la Fonction des langues officielles soient de bon augure, il est essentiel que le COVAN alloue à celle-ci des ressources supplémentaires pour qu’elle puisse assumer efficacement ses nombreuses responsabilités. La Fonction, qui joue un rôle de soutien clé au sein du COVAN dans la satisfaction des exigences de l’Entente multipartite, doit disposer des ressources humaines nécessaires pour bien remplir sa mission.

Afin de pouvoir pleinement concrétiser la dualité linguistique des Jeux, le COVAN a conclu des ententes avec des partenaires de la francophonie, comme la Fédération des francophones de la Colombie-Britannique, la Fondation canadienne pour le dialogue des cultures et les gouvernements du Québec et du Nouveau-Brunswick. Les relations avec les communautés francophones, bien que difficiles au début, sont maintenant soutenues et fructueuses.

En ce qui concerne les communications avec le public et les autres groupes clients, la planification actuelle des Jeux montre que le COVAN a généralement bien pris en compte les exigences de l’Entente multipartite. Le site Internet, moyen principal de communication avec le public, est, dans l’ensemble, de qualité égale dans les deux langues. Cependant, à l’approche des Jeux, les besoins en matière de traduction et d’interprétation ne cessent d’augmenter. L’allocation de ressources suffisantes à ces activités est un dossier clé pour lequel Patrimoine canadien et les autres ministères concernés se doivent d’appuyer le COVAN. La présentation de Jeux respectant, voire dépassant, les exigences prévues serait compromise si on ne trouve pas les ressources nécessaires et si on n’obtient pas une collaboration substantielle du gouvernement.

Le COVAN a déployé des efforts pour recruter des personnes bilingues parmi son personnel; 15 p. 100 de celui-ci parle les deux langues, et 10 p. 100 a une certaine connaissance du français. Il s’est aussi fixé pour objectif de recruter le plus grand nombre possible de bénévoles bilingues. Les bénévoles étant un élément essentiel des Jeux, le COVAN doit dès maintenant préciser le nombre requis de personnes bilingues et définir les moyens d’en recruter dans les provinces de l’Est, car le bassin de bénévoles bilingues potentiels dans la région de Vancouver et en Colombie-Britannique sera insuffisant. Le COVAN prévoit recruter quelque 25 000 bénévoles et il est à déterminer le nombre de postes de bénévoles bilingues qui seront requis à chaque site. À l’automne 2008, le COVAN nous a informés que plus de 9 000 postulants de partout au pays avaient indiqué avoir une connaissance suffisante du français pour soutenir une conversation ou avoir des aptitudes supérieures en français.

Les réalisations du COVAN sont de bon augure. Cependant, divers éléments découlant des exigences précitées restent à régler si le COVAN veut réussir, avec l’appui de Patrimoine canadien, à respecter entièrement l’ensemble des exigences de l’Entente multipartite.
Parmi ces défis figurent la signalisation et les services des autres ordres de gouvernement, les commanditaires et le suivi assuré par le Secrétariat des Jeux.

Le gouvernement du Canada, par l’entremise de Patrimoine canadien, doit faire preuve de leadership afin d’inciter la Colombie-Britannique, Vancouver et Whistler à offrir une signalisation et des services dans les deux langues officielles.

Par ailleurs, le COVAN doit tout mettre en œuvre, avec l’appui du gouvernement fédéral, pour sensibiliser le Comité international olympique et les commanditaires internationaux aux réalités qui découlent de la présentation de Jeux bilingues et pour obtenir le respect des exigences de la part des commanditaires nationaux.

Finalement, le Secrétariat des Jeux doit être plus proactif dans sa façon de suivre la situation des langues officielles au sein du COVAN afin de mieux cibler les enjeux clés et de cerner les défis qui nécessitent une intervention de Patrimoine canadien et du gouvernement fédéral. De cette façon, on s’assurerait de prendre des mesures avant que la situation ne s’aggrave.

En définitive, le COVAN nous semble sur la bonne voie. Cependant, pour satisfaire aux exigences de l’Entente multipartite, il devra, avec l’appui indispensable de Patrimoine canadien, aplanir d’importants obstacles d’ici les Jeux. Le COVAN et Patrimoine canadien doivent travailler à régler tous les éléments signalés dans le présent rapport afin de relever le défi de présenter des Jeux bilingues modèles, qui seront le reflet de la dualité linguistique du pays et des langues officielles du mouvement olympique.



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