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3.4 Communications avec le public et les autres groupes clients
L’organisation et la tenue des Jeux impliquent une quantité énorme de communications avec le grand public et avec plusieurs groupes clients. Le grand public comprend, entre autres, les spectateurs aux compétitions, aux manifestations culturelles et autres activités sur place, les auditeurs de la télévision et des autres moyens de retransmission des Jeux, les utilisateurs du site Internet du COVAN, les personnes qui consultent les documents publics et les représentants des associations communautaires de langue officielle. Parmi les groupes clients figurent les athlètes et leur équipe d’accompagnement, les officiels techniques, les représentants des médias et ceux de l’ensemble du mouvement olympique (par exemple les représentants du CIO, des fédérations sportives internationales et nationales), les dignitaires, les représentants des divers gouvernements du Canada et des autres pays.
Toutes ces personnes ont le droit de recevoir des services et de communiquer dans l’une ou l’autre langue officielle du Canada. Il s’agit d’un défi énorme pour le COVAN qui s’est engagé à respecter ce principe.
3.4.1. Signalisation et services municipaux et provinciaux
Selon le COVAN, toute la signalisation qui porte son empreinte (sur les sites et à l’extérieur des sites) sera bilingue. Le COVAN encourage également la province, la Ville de Vancouver et la Municipalité de Whistler à utiliser le guide stylistique du COVAN pour la production d’affiches dans les deux langues officielles, notamment pour les directions à suivre ou l’emplacement des sites et des services des Jeux.
Les représentants de ces trois gouvernements se sont montrés peu enclins à rendre bilingue la signalisation relevant de leur compétence. La haute direction du COVAN a indiqué qu’il s’agissait là d’une difficulté de taille. La très grande majorité des personnes interviewées dans le cadre de cette étude ont fait valoir que le public ne fera pas la distinction entre la signalisation relevant du COVAN et celle des partenaires gouvernementaux, en particulier les écriteaux qui se rapportent aux Jeux : pour le grand public, la signalisation concernant les
Jeux forme un tout.
Patrimoine canadien a ici une belle occasion de faire preuve d’un leadership fort en aidant le COVAN à obtenir la collaboration de la Colombie-Britannique, de Vancouver et de Whistler pour ce qui a trait à la signalisation et aux services qui relèvent de leur compétence respective.
Quant aux services de transport, des discussions sont en cours entre le COVAN et TransLink, la société de transport de Vancouver, au sujet de la possibilité d’offrir des services en français. Les tableaux indicateurs et les cartes devraient être dans les deux langues. Il est aussi prévu de mettre en place un système téléphonique d’information automatisé qui offrira des services dans près de 140 langues (dont l’anglais et le français).
La Ville de Vancouver est disposée à offrir les services municipaux les plus importants dans quatre ou cinq langues, dont le français. Elle envisage la possibilité de mettre sur pied un centre d’appels multilingue (service 311) et de faire traduire une partie de la documentation. Les représentants du gouvernement fédéral qui ont été interviewés se sont dits prêts à faire des démarches pour sensibiliser les municipalités et la province aux besoins linguistiques.
Une initiative de la Municipalité de Whistler mérite d’être soulignée : celle-ci s’est engagée à ne ménager aucun effort pour recruter des personnes bilingues pour assurer les relations avec les groupes clients et qui, de par leurs fonctions, agiront comme ambassadeurs de la collectivité. La Municipalité travaille aussi de près avec la communauté francophone en vue de trouver de l’hébergement pour les visiteurs francophones ainsi que pour les personnes bilingues qui serviront de personnes-ressources auprès des athlètes francophones.
Somme toute, un bon nombre de personnes interviewées, du COVAN, des communautés francophones et des autres partenaires, ont dit souhaiter que le gouvernement fédéral manifeste un leadership clair afin d’inciter la province, la Ville de Vancouver et la Municipalité de Whistler à assurer le caractère bilingue de la signalisation et des services les plus importants dans le cadre des Jeux.
| Recommandation 10 |
Dans sa réponse à l’ébauche de notre rapport, le COVAN a précisé qu’il avait effectué des présentations au sujet de la signalisation bilingue auprès du Government Operations Steering Committee, composé de membres des municipalités et des gouvernements liés aux Jeux, et du Groupe de travail intégré sur l’expérience des visiteurs, formé de toutes les agences de tourisme liées aux Jeux. Selon le COVAN, ces présentations ont permis de sensibiliser les gens aux exigences du COVAN en matière de langues officielles et de montrer aux intervenants le rôle qu’ils pouvaient jouer dans le cadre de ce mandat important. Le COVAN compte déployer des efforts similaires dans diverses rencontres. De plus, il a signalé que le bureau des Affaires francophones du gouvernement de la Colombie-Britannique connaissait le mandat du COVAN en matière de langues officielles. Le COVAN entend continuer à encourager tous ses partenaires à faire leur part et à contribuer à son succès.
Le commissaire réitère l’importance de veiller à ce que l’ensemble de la signalisation des Jeux soit bilingue étant donné que la population canadienne et les visiteurs ne feront aucune distinction entre les panneaux et affiches du COVAN et ceux des divers gouvernements. Il s’agit là d’une occasion en or pour le Canada, en tant que pays hôte des Jeux olympiques d’hiver 2010, de faire valoir sa dualité linguistique et de faire en sorte qu’elle soit une source de fierté pour tous les Canadiens.
3.4.2. Réception
Conformément aux exigences relatives aux langues officielles de l’Entente multipartite, l’accueil au téléphone et en personne à l’administration centrale du COVAN se fait dans les deux langues. La réceptionniste principale et celle qui la seconde sont parfaitement bilingues. Nos visites sur place durant six jours au mois de mars 2008, à différents moments de la journée, ont permis de constater que cette exigence était bien respectée. Par ailleurs, les instructions dans les ascenseurs de l’administration centrale sont données en français et en anglais.
3.4.3. Signalisation et affichage
La signalisation officielle à l’administration centrale du COVAN est dans les deux langues et de bonne qualité dans chacune d’elles. Il est prévu que, sur la totalité des sites, tout élément de signalisation qui portera les logos des Jeux olympiques et paralympiques sera dans les deux langues officielles, conformément à l’Entente multipartite. La planification de la fabrication des affiches inclut l’exigence de les produire dans les deux langues. La signalisation sera prête trois ou quatre mois avant les Jeux, mais elle ne sera installée que quelques semaines avant leur ouverture. Des affiches devront être produites durant les Jeux pour répondre aux imprévus; il faudra alors compter un délai d’environ douze heures pour leur fabrication. Même si les gabarits de production comportent les deux langues, il serait utile de prévoir la vérification des affiches pour s’assurer de la qualité de la langue. Compte tenu de l’importance de la signalisation pour les visiteurs, les erreurs dans ce domaine passent rarement inaperçues.
| Recommandation 11 |
Dans sa réponse à l’ébauche de notre rapport, le COVAN a réitéré que toutes les affiches et toute la signalisation qu’il produira seront dans les deux langues officielles. Il a précisé qu’il révisera sa politique sur les langues officielles en vue de clarifier le processus de traduction. De plus, le COVAN a réitéré qu’il travaillait à augmenter l’effectif de son unité de traduction et à améliorer le processus de révision des publications destinées au public dans le but d’assurer le maintien d’un niveau de service élevé pendant la période des Jeux.
3.4.4. Internet
Le site Internet est actuellement le principal moyen de communication avec le grand public. Il contient de l’information générale, une foire aux questions et des rubriques sur les différents volets des Jeux. L’inscription des bénévoles se fait entièrement par l’entremise du site Internet. Le COVAN y publie régulièrement des communiqués de presse sur ses activités et les événements en cours et à venir.
La situation de la version française du site s’est nettement améliorée, après avoir connu certaines difficultés au début (retards par rapport à la version anglaise, qualité inférieure de la langue, éléments non traduits). Nos vérifications au hasard sur une période de trois mois et les commentaires de personnes interviewées de l’extérieur du COVAN ont révélé que la totalité du site est dans les deux langues et que la qualité du français est maintenant adéquate. Si la qualité du français de la rubrique « La Boutique olympique » laissait à désirer à la fin de mars, elle avait été nettement améliorée au début de mai. Il manquait alors quelques accents, omissions qui peuvent facilement être corrigées par une révision rapide. Le travail de la division Revenus, marketing et communications, qui est responsable du contenu du site, mérite d’être souligné.
Le Secrétariat fédéral des Jeux, qui consulte périodiquement le site pour suivre l’évolution de l’organisation, signale au COVAN les erreurs qu’il note à l’occasion. Ce mécanisme de suivi semble satisfaisant.
3.4.5. Documents d’information et de promotion
Tous les documents d’information grand public produits à ce jour, tels que les brochures, les prospectus, les logos, les dépliants et le livret explicatif sur les mascottes sont dans les deux langues officielles. Le COVAN a indiqué que cette pratique continuera d’être respectée pour tous les documents à venir.
Par contre, les articles souvenirs ne sont pas tous dans les deux langues, contrairement à ce qui est prévu à l’annexe sur les langues officielles de l’Entente multipartite. Ainsi, à la boutique olympique de l’administration centrale du COVAN, on trouve des chandails et des sacs fourre-tout portant des inscriptions en anglais seulement. Ces articles peuvent aussi être achetés en ligne. Il n’y a pas d’articles équivalents portant des inscriptions en français. Les articles souvenirs sont produits par des entreprises qui obtiennent une licence du COVAN. Ce dernier essaie présentement de trouver des entreprises pour produire des articles souvenirs équivalents portant des inscriptions en français pour le marché francophone du Québec. Il devra veiller à ce qu’ils soient aussi offerts dans le reste du Canada, à la boutique en ligne et aux points de vente sur les sites des Jeux.
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Dans sa réponse à l’ébauche de notre rapport, le COVAN a signalé qu’une bonne partie de sa marchandise était offerte en français et en anglais. Il a précisé que, de concert avec ses partenaires francophones, il encouragera les détenteurs de licence à augmenter leur production d’articles portant des inscriptions dans les deux langues en leur présentant une analyse de rentabilisation pour leur indiquer les produits ciblés vers les consommateurs francophones et les lieux de distribution les plus rentables. Il s’agit là d’une mesure prometteuse. Cependant, le COVAN et les compagnies qui détiennent des licences de production d’articles promotionnels doivent tenir compte du fait que l’ensemble du public canadien, ainsi que les visiteurs étrangers, s’attendent à ce que tous les articles souvenirs soient le reflet de la dualité linguistique, et ce, partout au pays. Il est essentiel que les détenteurs de licence comprennent que le marché national canadien est bilingue et qu’il est important que leur marchandise tienne compte de cette réalité.
3.4.6. Programmes officiels et billets
Il est prévu que les programmes officiels et les billets seront entièrement bilingues, de même que les bonds de commande de billets en ligne. Les gabarits créés comprennent les deux langues. On nous a assurés qu’une attention particulière serait portée à la qualité de la rédaction dans chacune des langues. Il sera effectivement très important de faire une vérification minutieuse de ces documents avant de procéder à l’impression finale.
3.4.7. Annonce des résultats et commentaires
Le COVAN nous a assurés que les communications reliées aux événements artistiques, culturels et autres, telles que les annonces durant les spectacles ou toute autre activité de divertissement, seront faites dans les deux langues officielles. Il doit aussi veiller attentivement à ce que les informations et les commentaires soient aussi complets dans une langue que dans l’autre.
Il est aussi prévu que les messages, les annonces et les commentaires durant les compétitions sportives seront dans les deux langues à tous les sites. Le COVAN ne prévoit pas de difficulté à cet égard, puisque les annonceurs et les commentateurs ont de très bonne compétences en français. Les messages aux spectateurs relatifs aux compétitions et les pages de commentaires sur Internet seront également en anglais et en français. Les tableaux indicateurs sont conçus de manière à pouvoir afficher simultanément les résultats dans les deux langues, avec tous les caractères français nécessaires. Le COVAN a confirmé que les résultats seront effectivement affichés simultanément dans les deux langues officielles.
Initiative intéressante à signaler, en plus de faire traduire puis de faire vérifier le contenu en français par le service des communications, le COVAN fait appel à son personnel francophone pour effectuer des vérifications de tous les systèmes ayant un lien avec le public. Il a d’ailleurs adopté cette pratique pour le système d’inscription des bénévoles.
3.4.8. Communications médiatiques
Les communications avec les médias sont d’une grande importance puisqu’elles détermineront dans une très large mesure l’image véhicudée aupràs du public de tous les pays participant aux Jeux olympiques et paralympiques26. L’importance à accorder à la communication en français et en anglais avec les médias a été soulignée par le Grand Témoin de la Francophonie aux Jeux d’hiver de Turin, en 200627. Bien qu’il ne s’agisse évidemment pas du seul facteur, le COVAN, s’il veut refléter la dualité linguistique du pays, doit faire en sorte que tout, dans les médias, se déroule simultanément dans les deux langues.
Les représentants du COVAN ont indiqué que le gabarit du site Intranet qui sera accessible aux médias serait offert dans les deux langues. Le système est conçu de façon à pouvoir y enregistrer les informations dans les deux langues. Il revient au service de traduction de veiller
à ce que le contenu soit offert simultanément dans les deux langues.
Selon les renseignements fournis par le COVAN, le centre principal des médias comprendra une équipe d’interprétation professionnelle en six langues (anglais, français, espagnol, allemand, russe et arabe). Ainsi, les conférences de presse importantes, entre autres celles qui auront lieu chaque matin pour faire le point sur les événements de la veille et du jour, se dérouleront dans les six langues grâce aux services d’interprétation (une exigence du CIO). Bien qu’il n’y ait pas d’exigence dans l’Entente multipartite ni d’obligation dans les règles du CIO à ce sujet, le COVAN voudrait que les points de presse donnés par les gagnants de médaille soient présentés dans les deux langues officielles. Il s’agirait d’une première aux Jeux. Comme nous l’avons déjà dit au point 3.2.1, le COVAN aura besoin pour ce faire de ressources supplémentaires pour fournir l’interprétation.
Selon le COVAN, le personnel affecté au centre des médias sera entièrement bilingue afin de pouvoir fournir de l’information et répondre aux questions des journalistes dans les deux langues. Tous les documents écrits qui seront remis aux médias seront en français et en anglais. On envisage aussi, dans la mesure du possible, de loger les représentants des médias et du mouvement olympique dans des hôtels ou d’autres établissements offrant des services dans les deux langues. Il serait important que le COVAN vérifie avant les Jeux que ces endroits offrent effectivement des services en français et en anglais.
Pour la première fois dans l’histoire des Jeux, le CIO sera lui-même le diffuseur hôte et sera ainsi responsable de la production du signal audiovisuel. Le signal international offert aux réseaux de télévision comprend l’image et le son des événements ainsi que les pictogrammes internationaux. De cette façon, il n’y a aucune langue écrite ou parlée dans ce qui est préparé pour être diffusé au public. Les diffuseurs nationaux peuvent y ajouter des graphiques et d’autres renseignements dans la langue de leur public. Par contre, l’information technique, ou
« back of house », qui est accessible seulement aux médias, sera livrée en anglais seulement. Les médias préféreraient, semble-t-il, cette façon de faire pour ne pas retarder la transmission de l’information.
Étant donné l’importance des communications avec les médias pour ce qui a trait à l’image des Jeux et du Canada, le COVAN doit porter une attention particulière à leur dimension linguistique. Le commissaire suggère que, pour les besoins de la vérification des systèmes de communication, le COVAN utilise les services de personnes du secteur des médias qui sont parfaitement bilingues afin d’assurer la qualité égale des deux langues.
3.4.9. Services médicaux et d’urgence
Le COVAN accorde une attention particulière à la question des services médicaux et d’urgence aux visiteurs, athlètes, officiels techniques et représentants des médias et du mouvement olympique. En mars 2008, les responsables des services médicaux, dont quatre des huit sont bilingues (y compris deux francophones), étaient à en planifier l’organisation, y compris leur disponibilité dans les deux langues. Ils travaillent en collaboration avec le Vancouver Coastal Health, qui a la capacité d’offrir des services dans plusieurs langues, dont le français, auxquels ils pourront recourir au besoin. Par exemple, ils détermineront le nombre de personnes que le Vancouver Coastal Health pourrait déployer aux cliniques des sites
des Jeux et le nombre que le COVAN pourrait déployer dans les hôpitaux, advenant une situation d’urgence.
Les services médicaux étaient en contact avec le réseau d’immersion en langue française pour explorer la possibilité de recruter des médecins et des infirmières bilingues prêts à se porter volontaires. Les responsables devraient se tourner également vers la communauté francophone, par l’entremise de la FFCB.
3.4.10. Sites d’entraînement
Les sites d’entraînement sont normalement accessibles au public et aux médias. Le niveau de services offerts n’est pas le même que sur les sites de compétition. Les représentants du COVAN ont indiqué que les services qui y seront dispensés seront offerts en français et en anglais. Ainsi, la signalisation, les centres d’information, les services médicaux et les messages publics seront dans les deux langues.
3.4.11. Services aux athlètes
Plusieurs personnes de différents secteurs ont réitéré que les guides, les manuels, les instructions et tout autre document écrit fournissant des renseignements aux athlètes, aux entraîneurs ou à d’autres membres des délégations seront offerts simultanément dans les deux langues, conformément aux exigences de l’Entente multipartite28. Les responsables de la traduction ont d’ailleurs indiqué que ces documents constitueront une grande part du travail de traduction qui sera effectué d’ici à la tenue des Jeux.
En outre, les formulaires d’inscription et les documents d’accréditation des athlètes seront offerts dans les deux langues de même que les divers services sur les sites des villages olympiques.
Une attention particulière sera portée aux services médicaux spécialisés destinés aux athlètes. Selon le COVAN, il y a une grande disponibilité de spécialistes de la médecine sportive dans les régions francophones, et des efforts seront déployés pour en recruter suffisamment. Par ailleurs, près de 20 p. 100 des agents de contrôle antidopage seront bilingues, et la quarantaine de personnes (des francophones bilingues pour la plupart) du laboratoire antidopage de Montréal sera affectée au laboratoire qui sera installé à Vancouver durant les Jeux.
3.4.12. Commanditaires
Il n’y a pas d’exigences à l’égard des commanditaires dans l’Entente multipartite et, déjà, ce volet crée certains défis. Le COVAN ne régit pas totalement l’établissement des contrats avec les commanditaires. Plus précisément, il établit et gère les contrats passés avec les commanditaires nationaux, mais il ne régit pas le contenu ni la gestion des contrats avec les commanditaires internationaux du programme TOP29; cette responsabilité appartient au CIO. Le COVAN peut donc inclure dans un contrat avec un commanditaire national une clause relative au bilinguisme, mais il ne peut le faire pour les commanditaires TOP qui ont des contrats s’étalant sur plusieurs années (habituellement, pour plus d’une édition des Jeux).
Malgré ses efforts, la Fonction des langues officielles n’a pas réussi à faire intégrer de dispostions linguistiques dans les ententes avec les commanditaires (voir les définitions à l’annexe 3). Le COVAN a indiqué qu’il cherchait à sensibiliser les commanditaires internationaux à la dualité linguistique, mais qu’il ne pouvait leur imposer d’exigences puisque les ententes relèvent du CIO. Il est plus facile de sensibiliser les commanditaires nationaux à la nécessité de créer des annonces publicitaires dans les deux langues officielles. La Fonction des langues officielles a tenté de sensibiliser les agents relationnistes auprès des commanditaires du COVAN à l’importance de présenter les deux langues officielles sur les panneaux publicitaires, les affiches et les autres outils publicitaires. Le commissaire a été rassuré de voir que la plupart des commanditaires nationaux avaient déjà des panneaux et des affiches dans les deux langues. Cependant, lors de notre visite en mars, les voitures de courtoisie fournies par GM portaient des inscriptions en anglais seulement.
Selon les représentants du gouvernement fédéral, il revient au COVAN d’intervenir auprès des commanditaires pour qu’ils utilisent les deux langues officielles dans leurs activités de publicité, étant donné que c’est lui qui a établi leur contrat. Cela est vrai en grande partie, mais nous devons signaler que, comme le gouvernement fédéral n’a pas prévu de dispositions à ce sujet dans l’Entente multipartite, il a aussi sa part de responsabilité à cet égard. De plus, le gouvernement pourrait aussi se servir de son pouvoir d’influence auprès des commanditaires.
| Recommandation 13 |
À l’automne 2008, le COVAN nous a signalés que les ententes conclues avec les commanditaires et les partenaires ne comportaient aucune disposition linguistique. Toutefois, il continue à encourager et à sensibiliser davantage ses commanditaires et ses partenaires afin que ceux-ci offrent des services en français et en anglais lors des Jeux.
Selon le COVAN et tel que nous l’avons indiqué plus haut, plusieurs des commanditaires nationaux et certains commanditaires internationaux sont déjà en mesure d’utiliser les deux langues officielles dans leurs activités publicitaires et de tenir un site Web bilingue. Cependant, le commissaire rappelle que les commanditaires nationaux et internationaux doivent comprendre que le marché national canadien est un marché bilingue et que tant le public canadien que les visiteurs d’autres pays s’attendront à ce que tous les articles souvenirs et toutes les publicités liées aux Jeux soient dans les deux langues officielles du Canada.
3.4.13. Appels d’offres
En vertu de la politique du COVAN, les appels d’offres sont diffusés dans les deux langues officielles, mais les documents techniques afférents peuvent être produits dans une seule langue; dans tous les cas, ils sont en anglais. Au début, les appels d’offres n’étaient pas toujours rédigés en français, ou la qualité du français laissait à désirer. Cette situation a été corrigée depuis.
À l’automne 2007, donnant suite à des plaintes reçues par le commissaire aux langues officielles, le COVAN a révisé la disposition concernant la langue de soumission de projets afin de mettre davantage en évidence la possibilité de les présenter en français. Le COVAN tente de mettre sur pied une équipe capable d’évaluer les soumissions en français ou de les faire traduire lorsqu’il ne dispose pas des ressources nécessaires. Par contre, les contrats sont établis en anglais, même dans le cas d’une soumission en français. Le COVAN s’était engagé
à examiner la situation.
| Recommandation 14 |
À l’automne 2008, dans sa réponse à l’ébauche de notre rapport, le COVAN a expliqué qu’il avait considéré la possibilité de faire traduire en français les documents ayant trait aux appels d’offres. Cependant, en raison de la complexité du langage spécialisé de ces contrats, de leur volume et de ses ressources limitées pour la traduction durant la période critique d’appels d’offres, le COVAN a décidé de consacrer ses ressources de traduction aux communications avec le public et les autres groupes, comme l’Entente multipartite le prévoit. Le COVAN a de plus indiqué que les documents liés aux appels d’offres expliquent clairement que les soumissionnaires francophones peuvent, au besoin, recevoir du soutien.
Le COVAN a également rappelé que son site Web comportait un aperçu en anglais et en français des demandes de proposition affichées. Cet aperçu inclut un sommaire de la demande, la date de clôture, l’endroit où déposer la demande ainsi que les coordonnées d’une personne-ressource. Chaque demande de proposition mentionne aussi que les soumissionnaires peuvent demander des explications en anglais ou en français et que le COVAN répondra aux questions dans la même langue.
Le commissaire s’attend à ce que le COVAN poursuive son examen de la situation afin d’évaluer la possibilité que les contrats puissent être établis en français.
3.5. Programmation culturelle et cérémonies
La division Stratégies d’ensemble et relations gouvernementales, qui est maintenant responsable des manifestations culturelles dans le cadre des Jeux, est bien sensibilisée au besoin de refléter la diversité culturelle et la dualité linguistique du Canada dans l’ensemble des événements. Cet élément est intégré à la planification opérationnelle de la division. Celle-ci dispose d’ailleurs d’une bonne capacité bilingue, mais le COVAN vise à y augmenter la présence francophone. Les sections suivantes traitent de l’Olympiade culturelle, des cérémonies d’ouverture et de clôture, des sites en direct et du relais du flambeau olympique.
3.5.1. Olympiade culturelle
L’Olympiade culturelle consiste en une série de trois festivals (sur trois ans) d’art populaire et de beaux-arts qui se tiennent dans le cadre des Jeux, dans le corridor Vancouver-Whistler.
Patrimoine canadien participe avec plusieurs autres partenaires au financement de cet événement par l’entremise de programmes existants. Des négociations sont aussi en cours entre le COVAN et les provinces en vue d’établir des ententes de contribution, et une partie des fonds serait alors consacrée à l’Olympiade culturelle. Le gouvernement du Québec, dans le cadre de son entente avec le COVAN, est aussi intéressé à y contribuer afin que la francophonie soit bien représentée dans le cadre des olympiades culturelles de 2009 et de 2010.
L’Olympiade culturelle de 2008, qui mettait l’accent sur les activités artistiques de la Colombie-Britannique, s’est déroulée durant les mois de février et de mars. Une soixantaine d’organismes ont été retenus, dont trois groupes de la communauté francophone de la province, pour présenter quelque 300 activités. Les représentants de cette communauté ont été consultés pour l’organisation des activités, et en général ils se sont dits satisfaits de la place réservée à la langue française et à la francophonie de la Colombie-Britannique. Nous soulignons aussi la grande qualité du Guide de la programmation 2008 dans les deux langues. L’Olympiade culturelle de 2009 mettra principalement en relief les activités artistiques de l’ensemble du Canada, et celle de 2010 aura un caractère essentiellement international, sans pour autant que la distinction ne soit étanche. Ainsi, la FFCB envisage de soumettre de nouvelles propositions en vue de l’édition 2009, et peut-être celle de 2010, en collaboration avec d’autres partenaires.
Les responsables de l’Olympiade culturelle ont déjà établi des contacts avec les groupes du milieu artistique et culturel de la francophonie canadienne pour les inviter à soumettre des projets pour les olympiades de 2009 et de 2010. Ils visent à obtenir un contenu en langue française représentant au moins de 20 à 25 p. 100 de la programmation. Il est important que la francophonie du Canada y soit représentée dans son ensemble et sa diversité.
Patrimoine canadien et le COVAN travaillent de concert avec le Conseil des Arts du Canada et les organismes équivalents dans les provinces afin de permettre aux groupes retenus pour la programmation de 2009 et de 2010 de profiter de leur présence à Vancouver pour effectuer une tournée en Colombie-Britannique et dans d’autres provinces afin de maximiser les bénéfices découlant de leur participation à l’Olympiade culturelle. Ils souhaitent également contribuer à développer le réseau de production chez les deux groupes linguistiques et favoriser les échanges entre eux. Il s’agit d’une initiative louable qui favoriserait l’épanouissement des francophones en milieu majoritaire et minoritaire.
Une lacune a été observée au sujet de l’Olympiade culturelle. Les groupes francophones peuvent soumettre leurs projets en français, mais les contrats pour les trois projets de la communauté francophone retenus pour l’Olympiade culturelle de 2008 ont été établis en anglais. Il est à espérer que la modification du processus de soumission mentionné dans la section « Appels d’offres » et la recommandation afférente du commissaire permettra de corriger cette situation.
3.5.2. Cérémonies d’ouverture et de clôture
Les cérémonies d’ouverture et de clôture constituent de grands moments au cours des Jeux. On estime qu’environ trois milliards de personnes de par le monde regarderont les cérémonies. Ces manifestations influenceront grandement l’impression que les parties externes (surtout de l’étranger) se feront des Jeux et du Canada. Elles constituent donc une occasion unique de représenter la dualité linguistique du Canada.
Pleinement conscients de cette réalité, les représentants du COVAN ont indiqué clairement au producteur exécutif, embauché pour organiser les cérémonies, que celles-ci devaient mettre en évidence la diversité culturelle et la dualité linguistique du Canada. Comme la programmation de ces cérémonies est gardée secrète jusqu’à leur présentation, il est impossible d’avoir des précisions sur leur teneur. Les responsables ont néanmoins indiqué qu’ils visaient à ce que le contenu en français représente environ 25 p. 100 de la programmation. Il est important de veiller à que ce pourcentage se concrétise par des éléments où la langue est le moyen d’expression. Autrement dit, il ne faudrait pas, par exemple, que l’apport des francophones soit principalement représenté dans des composantes visuelles.
Les discours et les présentations se feront dans les deux langues, tel que le prévoit le protocole du CIO, et c’est la version bilingue de l’hymne national qui sera chantée. Les écrans géants installés dans le stade sont programmés de manière à présenter les deux langues au cours
des cérémonies.
Les représentants de la communauté francophone de la Colombie-Britannique ont exprimé la crainte que les petits producteurs ou les artistes moins connus ne soient défavorisés par rapport aux vedettes de renommée nationale ou internationale. Ils ne voudraient pas que la représentation francophone se fasse uniquement par l’entremise d’un ou de deux groupes ou artistes de renom du Québec. Ils sont tout à fait d’accord qu’il faudra assurer une représentation adéquate du Québec, mais ils veulent que les organisateurs assurent une représentation équilibrée de l’ensemble de la francophonie canadienne.
En raison du financement important qu’accorde le gouvernement fédéral aux cérémonies d’ouverture (20 millions de dollars), Patrimoine canadien siège au comité d’organisation des cérémonies des Jeux. Il lui incombe de veiller à ce qu’il y ait une représentation adéquate des composantes anglophones et francophones du pays et que celle-ci soit diversifiée.
En février dernier, le COVAN a tenu à Vancouver six colloques réunissant plus de 100 leaders de la scène artistique canadienne afin de recueillir leurs commentaires sur la conception des cérémonies d’ouverture et de clôture. L’interprétation y était offerte dans les deux langues, et 21 p. 100 des participants de l’extérieur de la Colombie-Britannique étaient francophones. Bien que la FFCB ait proposé des noms de participants possibles provenant de la communauté francophone de la Colombie-Britannique, selon les informations obtenues, aucun d’eux ne semble avoir été retenu. L’organisation des cérémonies d’ouverture et de clôture est un élément majeur, et le COVAN ne peut pas échouer dans la représentation parfaite de la dualité linguistique dans leur déroulement, conformément à l’exigence très claire à cet égard dans l’Entente multipartite. Le suivi relatif à la représentation de la dualité linguistique aux cérémonies devrait faire partie des rapports de progrès sur les langues officielles du COVAN et de Patrimoine canadien, dont il est question à la recommandation 4.
| Recommandation 15 |
À l’automne 2008, le COVAN a réitéré qu’il considérait la dualité linguistique comme étant une partie intégrante de l’identité canadienne, ce pourquoi les cérémonies d’ouverture et de clôture en témoigneront. Il a signalé qu’il avait commencé à travailler à l’intégration de la dualité linguistique dans le déroulement de ces deux cérémonies et qu’il poursuivra ce processus tout au long de la conception des cérémonies.
Le commissaire ne saurait trop insister sur l’importance et l’influence que les cérémonies d’ouverture et de clôture auront sur l’image que les Canadiens ainsi que les étrangers se feront des Jeux et du Canada. Il est essentiel de porter une attention particulière à l’expression de la dualité linguistique dans toute sa diversité dans ces cérémonies.
3.5.3. Sites en direct
Les sites en direct sont des activités d’animation qui auront lieu au centre-ville de Vancouver et dans la municipalité de Whistler durant les Jeux. Le gouvernement du Canada, Vancouver et Whistler contribuent au financement de ces activités. Les représentants des trois entités ont donné l’assurance que la dualité linguistique y sera reflétée. Des artistes et des groupes francophones feront partie de la programmation. Les messages de présentation et d’information seront transmis en français et en anglais par des annonceurs bilingues. L’affichage et la signalisation seront également dans les deux langues officielles. De plus, les écrans sur les sites permettront de présenter les deux langues.
3.5.4. Relais du flambeau olympique
Le relais du flambeau olympique constitue un autre événement d’importance des Jeux. Le flambeau voyagera de par le pays, d’un océan à l’autre. Son parcours comportera un volet culturel important.
Le COVAN a entamé des consultations avec les provinces et divers groupes pour établir le tracé qui, normalement, sera rendu public à l’automne 2008. La Fondation Dialogue et la FFCB ont soumis au COVAN, en mars 2007, un document intitulé Au cœur du parcours,
et dans lequel elles lui demandent d’inclure des communautés francophones d’un peu partout au Canada et lui suggèrent 18 endroits. Elles ont aussi proposé des noms de porteurs pour les communautés. Des représentants du Québec et du Nouveau-Brunswick ont mentionné avoir signalé au COVAN que le parcours initial proposé n’était pas, à leurs yeux, satisfaisant sur le plan de la représentativité. COVAN cherche à joindre 80 p. 100 de la population canadienne par le choix des villes et des municipalités retenues, ce qui peut avoir pour effet de négliger des régions moins peuplées où vivent des communautés de langue officielle. D’après les représentants des provinces et ceux de la Fondation Dialogue et de la FFCB, les responsables du parcours du flambeau se sont montrés réceptifs à leurs préoccupations relatives au projet initial, et les discussions semblent se poursuivre de manière positive.
| Recommandation 16 |
À l’automne 2008, le COVAN a signalé que ses partenaires francophones lui avaient soumis, à sa demande, une liste des villes canadiennes les plus importantes pour ce qui a trait à la présence et à la participation des francophones.
Le COVAN a affirmé qu’il avait tenu compte des suggestions de ses partenaires francophones dans l’élaboration du parcours et qu’il encouragera les communautés que le parcours traversera qui comptent beaucoup de francophones à intégrer ces derniers aux activités de planification de leur comité d’organisation. Le COVAN devra aussi veiller à ce que les activités en marge du passage du flambeau témoignent de la dualité linguistique du pays.
3.6. Liens avec la francophonie canadienne
Il existe beaucoup de défis à surmonter pour représenter adéquatement les deux communautés de langue officielle, étant donné la complexité des préparatifs et la dispersion géographique. La composition linguistique du personnel du COVAN et le fait que les Jeux auront lieu en Colombie-Britannique permettront au COVAN de représenter la majorité anglophone du Canada. Toutefois, afin de bien représenter les communautés francophones, le COVAN doit prendre en compte les réalités géographiques et culturelles diversifiées des francophones du Canada. Pour ce faire, des liens plus serrés et officiels doivent se tisser entre le COVAN et la francophonie canadienne. Après des débuts quelque peu laborieux, en particulier en ce qui concerne les communications avec la communauté francophone de Colombie-Britannique, la situation s’est grandement améliorée et les partenaires appartenant à la francophonie s’en disent satisfaits.
3.6.1. Entente avec la Fondation Dialogue et la FFCB
Afin de clarifier et d’établir des relations plus formelles entre la communauté francophone de la Colombie-Britannique et les autres communautés francophones du Canada30, le COVAN, la Fondation Dialogue et la FFCB ont signé, en juin 2006, un protocole de collaboration. La FFCB y est désignée porte-parole de la communauté francophone de la Colombie-Britannique, et la Fondation Dialogue, porte-parole des communautés francophones
et acadienne du Canada.
Le protocole définit les domaines et les mécanismes de collaboration entre ces trois parties. Ainsi, la FFCB et la Fondation Dialogue s’engagent à appuyer le COVAN relativement à ses obligations en matière de langues officielles, entre autres pour le recrutement des bénévoles et dans le cadre des programmes culturels et éducatifs. Pour sa part, le COVAN aidera les communautés francophones à tirer profit des occasions offertes par les Jeux pour poursuivre leur développement et rehausser leur profil et leur rayonnement.
Les personnes interviewées au sein des parties concernées par les ententes s’entendent pour dire que les relations et la collaboration sont maintenant bonnes et positives. Les communautés ont été particulièrement élogieuses au sujet du rôle que joue la directrice des Ressources humaines et des langues officielles du COVAN. La présentation, en février 2007, d’un plan d’action national préparé par la Fondation Dialogue et décrivant les possibilités de mesures dans plusieurs domaines d’activité a permis de clarifier les attentes des communautés. Comme exemples de possibilités, mentionnons la valorisation des artistes et des artisans francophones de la Colombie-Britannique durant les événements liés aux Jeux, le développement de l’olympisme comme source d’enseignement et d’apprentissage pour la jeunesse francophone et l’élaboration d’une stratégie pour l’embauche et l’accueil des bénévoles.
Des communications informelles ont lieu sur une base continue entre le COVAN, la Fondation Dialogue et la FFCB. Par ailleurs, trois rencontres formelles, appréciées de part et d’autre, ont été organisées entre mai 2007 et mars 2008 afin de faire le point sur les questions d’intérêt commun, tels l’Olympiade culturelle, le recrutement et l’accueil des bénévoles, le relais du flambeau olympique et la Place de la francophonie. Le COVAN reconnaît que ces organisations jouent un rôle utile en l’aidant à assurer, dans les Jeux, une place à la francophonie canadienne hors du Québec.
Toutefois, une bonne partie de ces réunions se déroulent en anglais, en raison de l’unilinguisme de certains membres du COVAN. Le personnel bilingue agit comme intermédiaire au besoin, et les documents sont soumis dans les deux langues. Le commissaire considère qu’il serait important que le COVAN fasse tout son possible pour déléguer des représentants bilingues aux réunions avec la FFCB, la Fondation Dialogue et les autres membres des communautés francophones.
Pour sa part, Patrimoine canadien a joué un rôle de facilitateur dans la négociation de l’entente entre les trois parties. En outre, il appuie financièrement plusieurs organisations francophones, dont la FFCB, la Fondation Dialogue, l’Alliance des radios communautaires et l’Association de la presse francophone afin de leur permettre de réaliser des projets reliés aux Jeux. Les communautés francophones trouvent cependant le processus d’approbation du financement long et parfois difficile, comme ce fut le cas pour la contribution permettant à la FFCB d’engager un coordonnateur des Jeux. Le financement pour ce poste n’est toujours pas confirmé pour l’année des Jeux (2009-2010). Les communautés francophones ont aussi signalé qu’il est arrivé, à quelques reprises, qu’une partie du financement reçu pour des initiatives de ce genre ait été puisée à même leurs enveloppes régulières. Nous incitons Patrimoine canadien à répondre aux demandes de financement dans les meilleurs délais.
3.6.2. Ententes avec le Québec et le Nouveau-Brunswick
Le COVAN a signé un accord-cadre de collaboration avec le gouvernement du Québec en octobre 2005 et un protocole d’entente avec celui du Nouveau-Brunswick en août 2007. Dans l’accord-cadre, le gouvernement du Québec s’engage à appuyer activement le COVAN dans ses fonctions concernant la présence du français aux différentes étapes des Jeux, en contribuant notamment aux volets culturel et linguistique et au recrutement des bénévoles et du personnel spécialisé.
Le protocole d’entente avec le Nouveau-Brunswick prévoit que celui-ci, en tant que seule province officiellement bilingue, apportera son aide au COVAN pour la présentation des Jeux en français et en anglais. La contribution du Nouveau-Brunswick concerne essentiellement les mêmes aspects que ceux qui sont visés par l’accord avec le Québec.
Tant les représentants du COVAN que ceux des deux provinces ont indiqué être satisfaits de la collaboration actuelle entre les parties. Par exemple, le COVAN se montre ouvert aux suggestions des provinces sur le trajet du relais du flambeau. Au moment de la rédaction du présent rapport, le COVAN et le gouvernement du Québec négociaient une entente dans le cadre du Programme des provinces contributrices et des territoires contributeurs. Dans cette nouvelle entente, le Québec serait appelé à faire preuve d’un appui clair (p. ex., par un soutien financier et des ressources humaines) au volet culturel, dont l’Olympiade culturelle. Cependant, les deux parties n’avaient pas encore pris de décision quant à l’ouverture à Montréal d’un bureau permanent du COVAN, en vue d’assurer aux Jeux une place éminente dans l’Est du Canada, comme le prévoyait l’accord-cadre de 2005.
Le Nouveau-Brunswick s’intéresse particulièrement à l’Olympiade culturelle, au relais du flambeau et aux dossiers des bénévoles et de la traduction, et il examinait la possibilité d’une contribution financière.
La seule préoccupation soulevée concerne la coordination des efforts des divers intervenants dans l’affirmation de la présence de la francophonie durant les Jeux. En effet, jusqu’à maintenant, le COVAN a discuté séparément avec chacune des parties prenantes, et il n’y a eu aucune discussion entre le COVAN et l’ensemble des partenaires de la francophonie.
| Recommandation 17 |
Dans le cadre des activités de ce comité, le COVAN et le Secrétariat fédéral des jeux pourraient soumettre régulièrement un bilan de l’état des préparatifs relatifs aux langues officielles en vue d’assurer la réalisation des objectifs énoncés dans l’Entente multipartite. Des solutions efficaces et rapides pourraient être élaborées en consultation avec les partenaires au sein du comité afin de combler les écarts entre les objectifs visés et les réalisations.
Dans sa réponse à l’ébauche de notre rapport, le COVAN a expliqué qu’un comité formé de représentants de la FFCB, de la Fondation Dialogue et de Patrimoine canadien existe et se réunissait tous les trimestres. Toutefois, le commissaire estime que le COVAN et les divers partenaires de la francophonie pourraient bénéficier d’un forum multilatéral regroupant tous les intervenants de la francophonie. Le COVAN a déjà signé des protocoles d’entente avec plusieurs provinces et territoires, dont le Québec et le Nouveau-Brunswick. Cet effort est positif et mérite d’être souligné. Cependant, il pourrait être avantageux de regrouper tous les partenaires de la francophonie ainsi que les gouvernements du Québec et du Nouveau-Brunswick au sein d’un même forum.
En outre, il serait indiqué que les modalités relatives à la présidence de ce comité soient fixées par les partenaires mêmes afin d’établir un fonctionnement qui permette, voire facilite un meilleur dialogue et une concertation plus efficace des intervenants de la francophonie canadienne.
3.6.3. Place de la francophonie et legs des Jeux
La création de la Place de la francophonie, dans l’île Granville de Vancouver, est un projet parallèle aux Jeux qui revêt une grande importance pour la communauté francophone. La Place de la francophonie, située dans le centre-ville de Vancouver pendant la durée des Jeux, aura plusieurs fonctions : célébrations, création artistique, échanges économiques et gastronomie31. Durant les Jeux, la Place pourrait servir de lieu de rassemblement des francophones et de toutes les personnes s’intéressant à la francophonie. On y mettrait en valeur la francophonie canadienne et internationale; une importance particulière serait accordée à celle de la Colombie-Britannique. Le projet ne fait pas partie comme tel des Jeux, mais la
Place serait le théâtre de manifestations culturelles s’y rapportant.
L’île Granville, gérée par la Société canadienne d’hypothèque et de logement (SCHL), tient son propre festival, Winter Option, événement auquel pourrait se greffer la Place de la francophonie. La SCHL participe à la coordination des activités de ce festival et, comme elle assure la gestion de l’île, la décision finale concernant l’utilisation des lieux lui revient.
La Fondation Dialogue souhaiterait que le projet de la Place de la francophonie reçoive un appui financier de la part du gouvernement fédéral, plus particulièrement de Patrimoine canadien. Selon une mise à jour obtenue à l’automne 2008, le projet de la Place de la francophonie a été présenté à Patrimoine canadien. Ce dernier signale que le projet n’avait pas encore fait l’objet d’un examen formel ni d’une décision quant à son financement.
Le COVAN, pour sa part, s’est montré disposé à fournir plusieurs milliers de dollars, en partie sous la forme d’aide matérielle et logistique. Si ce projet se concrétise, il constituerait une contribution importante du COVAN et du gouvernement fédéral à l’essor de la francophonie canadienne, notamment à celui des communautés de la Colombie-Britannique. Puisque la Place de la francophonie pourrait contribuer à maintenir des liens avec des institutions de la communauté anglophone, telles que le Emily Carr Institute, et à intégrer un volet francophone dans les activités du festival Winter Option de l’île Granville, il s’agirait là d’un legs à la communauté francophone et aux francophiles.
3.6.4. Ententes avec les médias
Le COVAN a conclu, dans le cadre d’une commandite, des ententes avec des éditeurs de journaux qui lui permettent de faire part au public de l’information au sujet des activités des Jeux. Le COVAN a conclu une telle entente en avril 2008 avec Canwest Publishing Inc., qui publie dix journaux régionaux dans diverses provinces du Canada, dont les quotidiens The Gazette, Ottawa Citizen et Edmonton Journal. Il a aussi conclu une entente similaire avec le Globe and Mail à l’hiver 2008. Dans le cadre de ces commandites, Canwest Publishing Inc. et le Globe and Mail publient une série de guides destinés à informer et à éduquer la population au sujet des divers volets des Jeux de 2010, tels le transport, la vente des billets, les sports, les arts et la culture. Lors de la signature de l’entente, le directeur général du COVAN a déclaré qu’il était heureux que Canwest Publishing Inc. « joue un rôle à part dans la diffusion de renseignements importants sur les Jeux auprès de communautés à travers le pays32 ».
À la fin d’avril 2008, aucune entente similaire n’avait été conclue avec un éditeur de journaux de langue française. En raison du coût élevé d’une telle commandite, il est difficile, semble-t-il, de trouver un éditeur francophone, le marché des journaux en français étant beaucoup plus restreint. Toutefois, l’établissement d’une telle entente est essentiel à la diffusion des renseignements sur les Jeux et sur les occasions de bénévolat aux Jeux. À l’automne 2008, le COVAN avait déjà entrepris des démarches à cet égard. Cependant, au moment de la publication du présent rapport, aucune entente n’était encore intervenue. Ce manque constitue une grave anomalie pour les francophones de l’ensemble du Canada, qui n’auront ainsi pas accès dans leur langue à une multitude de renseignements sur les Jeux. Les deux groupes linguistiques ne sont pas, dans ce cas, traités de façon égale.
| Recommandation 18 |
À l’automne 2008, le COVAN a signalé qu’il avait déjà entrepris de telles démarches et qu’il jugeait cette recommandation prioritaire. Toutefois, il a expliqué que les résultats dépendront quelque peu du niveau d’intérêt que les médias francophones porteront à une association avec les Jeux.
En effet, le commissaire ne saurait trop insister sur l’importance de traiter les deux groupes linguistiques de façon égale. À l’heure actuelle, le public francophone se trouve désavantagé puisqu’il n’a pas accès aux renseignements sur les Jeux en français. Il est essentiel que les francophones de tout le pays puissent avoir accès à des renseignements sur les Jeux en français par l’entremise des journaux. Le commissaire continuera à suivre la situation de près et espère qu’un éditeur de journaux de langue française saisira l’occasion en or que constituent les Jeux de 2010.
3.6.5. Grand Témoin de la Francophonie
Depuis les Jeux de 2004, à Athènes, l’OIF désigne une personnalité pour agir à titre de Grand Témoin de la Francophonie, lequel a pour mission d’observer la place réservée au français dans le déroulement des Jeux olympiques. Le Grand Témoin de la Francophonie aux Jeux d’hiver de Turin, en 2006, était Lise Bissonnette, présidente-directrice générale de Bibliothèque et Archives nationales du Québec. Elle a conclu dans son rapport que le statut du français était loin d’être équivalent à celui de l’anglais, contrairement à ce qui est prévu à la règle 24 de la Charte olympique. Elle notait, en outre, que les Jeux d’hiver de 2010 se présentaient sous de meilleurs auspices et que ces Jeux « pourraient constituer pour l’avenir une référence en matière de respect des langues officielles du Mouvement olympique33 », à condition que les dispositions linguistiques prévues à l’Entente multipartite soient complètement mises en œuvre. Selon Mme Bissonnette, les Jeux de 2010 pourraient servir à relever la barre en matière de respect des langues officielles du CIO. Le Canada deviendrait ainsi le modèle par excellence.
Mme Bissonnette a aussi indiqué qu’il était très important, en vue de faire un rapport complet de la situation, que le Grand Témoin ait une accréditation lui donnant un accès complet à toutes les aires des Jeux, ce qui ne fut pas le cas aux Jeux de Turin. Le COVAN, conscient de cette exigence, a entrepris les démarches pour que le Grand Témoin obtienne l’accréditation nécessaire. Il doit faire un suivi rigoureux à ce sujet, car il ne peut se permettre d’être l’objet de critiques sur l’accueil réservé par le Canada au Grand Témoin de la Francophonie.
Notes
26. M.M. Parent et P.O. Foreman, « Organizational image and identity management in large-scale sporting events », Journal of Sport Management, vol. 21, no 1, 2007, p. 15-40.
27. L. Bissonnette, La place et l’usage de la langue française aux Jeux olympiques d’hiver de Turin 2006, rapport du Grand Témoin de la Francophonie, Paris, Organisation internationale de la Francophonie, 2006.
28. Voir la disposition 1.i) de l’annexe A de l’Entente multipartite.
29. Se référer à l’annexe 3 pour la définition de ce qu’est un commanditaire du programme TOP.
30. Le protocole n’inclut pas le Québec, car celui-ci a signé une entente particulière avec le COVAN, en octobre 2005.
31. Pour de plus amples renseignements, voir le site de la FFBC à l’adresse www.lacolombiebritannique.ca/516/607/
.
32. COVAN, « Canwest s’associe au COVAN pour distribuer des nouvelles des Jeux d’hiver de 2010 aux portes des Canadiens », communiqué de presse, le 23 avril 2008. Version en ligne (www.vancouver2010.com/fr/OrganizingCommittee/MediaCentre/
NewsReleases/2008/04/23/76537_0804230909-516
) consultée le 16 mai 2008.
33. L. Bissonnette, La place et l’usage de la langue française aux Jeux olympiques d’hiver de Turin 2006, rapport du Grand Témoin de la Francophonie, Paris, Organisation internationale de la Francophonie, 2006, p. 43.


