1. Contexte
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1.1. Les études de communautés
Le Commissariat aux langues officielles a amorcé, en 2005, une série de recherches et d’activités pour mieux saisir les enjeux de la vitalité des communautés de langue officielle. Après avoir établi l’état des lieux de la recherche et des pratiques en matière d’évaluation de la vitalité communautaire1, il a entrepris de réaliser des études sur les indicateurs de vitalité au sein de trois communautés minoritaires francophones.
Ce programme de recherche vise à éclairer le contexte communautaire à la suite des modifications à la Loi sur les langues officielles du Canada adoptées par le Parlement en novembre 2005. Ces modifications imposent aujourd’hui des responsabilités accrues aux institutions fédérales en matière de soutien à la vitalité des communautés de langue officielle. Ces communautés sont d’ailleurs très conscientes de ce droit et sont préoccupées des défis à relever pour renforcer leur vitalité. Pour appuyer leur développement et leur épanouissement, les communautés elles-mêmes, de même que les institutions, doivent pouvoir établir les principaux facteurs de leur vitalité, trouver les moyens d’agir en fonction de leur développement et mesurer les changements réalisés sur une échelle de temps.
Trois communautés minoritaires francophones ont été retenues pour l’exercice : Winnipeg au Manitoba, Sudbury en Ontario et Halifax en Nouvelle-Écosse2. Chacune de ces études de communautés, dont celle-ci, vise à documenter ce qui se fait déjà en matière de renforcement de la vitalité et à établir des indicateurs d’évaluation. La vitalité communautaire couvrant en fait une grande variété de facteurs, le Commissariat a décidé, dans un premier temps, de mettre l’accent sur quatre secteurs : la gouvernance communautaire, l’immigration, la santé et l’accès aux services gouvernementaux. Ces secteurs offrent forcément une vue fragmentaire de la vitalité qui est un phénomène beaucoup plus englobant.
Le choix de ces communautés repose sur le raisonnement suivant : nous voulions étudier la réalité francophone en milieu urbain au sein de trois régions. Nous avons choisi des communautés comptant au moins 10 000 francophones, mais dont le poids démographique relatif à la majorité anglophone varie. Le fait de choisir trois communautés vivant au sein de régions métropolitaines de recensement permet de tracer le portrait des différents contextes urbains dans lesquels vivent d’autres communautés francophones. Enfin, en sélectionnant quatre secteurs identiques pour trois communautés, il a été possible d’étudier les constantes et les variations d’un même secteur au sein de différentes régions.
Source: Statistiques Canada, Recensement 2001 |
Des consultants en recherche ont conçu et mis en œuvre la méthodologie de recherche. L’un des objectifs visés était de créer des outils d’évaluation communautaire au service des communautés. Une méthodologie participative a donc été retenue et un groupe de travail composé d’individus de la communauté ayant une expérience ou une expertise reconnue dans les secteurs visés a été créé. La sélection des participants s’est appuyée sur les réseaux sectoriels locaux, l’avis des chercheurs spécialisés dans les études de communautés et les suggestions du Commissariat. Leur participation était à titre individuelle et n’engageait pas la responsabilité de leur employeur ou de leur organisation d’attache. Le groupe de travail a orienté son examen vers la détermination des facteurs de réussite et des pratiques exemplaires en matière de vitalité ainsi que vers la définition d’indicateurs d’évaluation clés. En retour, l’exercice a permis de renforcer la capacité d’évaluation des participants et les a dotés d’outils pour poursuivre l’évaluation de la vitalité de leur communauté.
Les consultants ont d’abord fait une revue des écrits sur les pratiques exemplaires en matière d’évaluation de la vitalité communautaire et ont relevé une longue liste de résultats attendus et d’indicateurs correspondants. Cette liste a servi de matière première pour les analyses du groupe de travail. Dans le cadre d’une première rencontre, le groupe de travail a d’abord choisi les résultats attendus qui attesteraient, idéalement, une vitalité appréciable de leur communauté dans les quatre secteurs visés. Ces résultats ont été agencés sous forme de modèle logique, un ordinogramme qui illustre l’enchaînement entre des activités et des résultats attendus à court, moyen et long terme. Lors de la deuxième rencontre, le groupe de travail a choisi des indicateurs pour évaluer le degré d’obtention des résultats attendus et a discuté des sources de données devant alimenter l’évaluation communautaire.
C’est à partir de ces travaux et de la collecte d’autres informations concernant la communauté francophone d’Halifax que les consultants ont ensuite élaboré la présente étude.
Notes
1 Johnson, Marc L., et Paule Doucet. Une vue plus claire : évaluer la vitalité des communautés de langue officielle en situation minoritaire, Ottawa, Commissariat aux langues officielles, 2006.
2 Cette première série d’études sur les indicateurs de vitalité comprend deux autres études de communautés : La communauté francophone de Winnipeg et La communauté francophone de Sudbury.


