4. OBSERVATIONS ET RECOMMANDATIONS
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4.2 Les facteurs qui influent sur la participation au sport
4.2.1 LES FACTEURS GÉNÉRAUX
Dans le cadre de son plus récent recensement, Statistique Canada a rédigé un rapport spécial intitulé La pratique des sports au Canada, qui fait état d’un certain nombre de facteurs influant sur la décision de participer à un sport. La participation à un sport est un phénomène culturel; elle découle et exprime des valeurs sociales et se transmet d’une génération à l’autre par l’exemple ou par l’implication des parents. L’âge, le sexe, le revenu familial, le degré d’instruction sont tous des facteurs qui déterminent si une personne aura l’occasion, la capacité ou le goût de pratiquer un sport. De façon générale, ce sont ceux qui ont un revenu plus élevé et qui sont plus instruits qui s’adonnent le plus à un sport. Les hommes sont plus sportifs que les femmes. L’engagement des parents influe aussi beaucoup sur la décision des enfants de pratiquer un sport. Bref, une population jeune produira plus d’athlètes qu’une population vieillissante; un pays riche en produira plus qu’un pays pauvre; une population bien instruite sera plus sportive qu’une population moins instruite.
Au Canada, les francophones et les anglophones ne diffèrent pas tellement les uns des autres pour ce qui est des principaux facteurs influant sur la pratique d’un sport. Le profil de l’âge est pratiquement identique et la composition selon le sexe est la même. Les anglophones sont légèrement plus instruits et gagnent un peu plus que les francophones, mais ces différences ne sont pas considérables11.
L’étude de Statistique Canada fournit des données par province, non selon la première langue officielle. Bien que nous ne puissions établir une équation entre « Québécois » et « francophone », la fréquence de la participation sportive au Québec influera sur la participation des francophones en général. L’étude montre qu’au Québec, une proportion légèrement supérieure de la population participe régulièrement aux activités sportives par rapport à la population canadienne en général (48,7 p. 100 comparativement à 45,1 p. 100 pour la population canadienne en général). Cependant, une proportion beaucoup moins importante de Québécois pratiquent des sports par l’intermédiaire d’un club ou d’une organisation (33,2 p. 100 comparativement à 45,9 p. 100 dans la population canadienne). La même observation vaut pour ceux qui prennent part à des compétitions sportives ou à des tournois : parmi ceux qui pratiquent des sports au Canada, 32,8 p. 100 ont participé à des compétitions tandis que seulement 21,7 p. 100 des participants du Québec l’ont fait. Puisque les clubs, les organisations et les compétitions officielles sont la voie d’accès vers l’obtention d’un statut de haut niveau, une faible participation à ces activités au Québec influe nettement sur le nombre de francophones qui atteignent les plus hauts niveaux du circuit de la compétition.
Au cours de notre étude, nous avons entendu plusieurs théories expliquant pourquoi les Québécois pratiquaient des sports en grand nombre à titre individuel, et pour quelles raisons ils sont beaucoup moins nombreux à prendre part à des compétitions officielles. On cite fréquemment différentes valeurs culturelles et divers historiques du développement du sport au Québec et ailleurs au Canada. On parle aussi de la question linguistique, mais c’est rarement un facteur déterminant.


