4. OBSERVATIONS ET RECOMMANDATIONS

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4.3 L’opinion de l’athlète sur le système sportif

« Je viens tout juste de m’entraîner avec une équipe belge pendant trois mois. Même si presque tous parlaient un peu anglais, la plupart ne le parlaient pas avec confiance et préféraient ne pas s’exprimer dans cette langue, sauf si c’était nécessaire. Donc, les séances d’entraînement étaient menées entièrement en flamand et il me fallait plus ou moins deviner comment faire les exercices en surveillant les autres ou, parfois, en demandant qu’on me traduise. Cependant, il y a toujours un moment de désorientation où l’on manque de confiance quand on ne sait pas exactement ce qui se passe. De plus, il est difficile de donner sa pleine mesure quand on ne peut saisir les conseils que l’entraîneur prodigue aux joueurs, parce qu’il parle dans une autre langue. Il y a toujours ce sentiment d’isolement et aussi d’hésitation lorsqu’on ne comprend pas exactement ce qu’il faut faire; on est donc désavantagé. Je m’inquiète de ce que les athlètes canadiens qui ne parlent pas la même langue que l’entraîneur ou que la majorité de l’équipe puissent éprouver ce sentiment d’isolement et, par conséquent, se sentir incapables de donner le meilleur d’eux-mêmes ou de tirer le maximum de plaisir de leur expérience sportive. » [Notre traduction] (Commentaires d’une athlète anglophone sur le questionnaire du sondage du CoLO.)

Les observations de cette athlète constituent un bel exemple de ce qui va et de ce qui ne va pas dans le système sportif. D’une part, par sa pratique sportive, elle a eu l’occasion de voyager, d’apprendre une autre langue et de vivre dans une autre culture, et elle en est venue ainsi à mieux comprendre la société canadienne et les autres Canadiens. De nombreux athlètes ont ajouté à notre questionnaire de sondage des commentaires qui témoignaient d’une compréhension et d’un respect profonds de l’autre langue officielle. C’était la constatation la plus encourageante de cette étude. D’autre part, les problèmes décrits par cette athlète — confusion, manque de confiance, sentiment d’isolement et hésitation à aller au bout de soi-même, le sentiment que l’expérience sportive n’est pas tout ce qu’elle pourrait être — sont très réels pour bien des athlètes francophones.


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