4. OBSERVATIONS ET RECOMMANDATIONS
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4.3.1 LA MOTIVATION ET LES VALEURS RELATIVES AU SPORT
Notre sondage a étudié l’expérience des athlètes, leur motivation et les valeurs auxquelles ils sont attachées, de façon à isoler les facteurs qui ont trait strictement à la langue. Les deux groupes qui ont fait l’objet du sondage possèdent nombre de valeurs et d’expériences communes relativement à leur pratique sportive. Les athlètes francophones et anglophones font des sacrifices importants - remettre leurs études à plus tard, par exemple - pour faire carrière dans une discipline sportive, et ils tirent beaucoup de fierté et de joie de la pratique de leur sport. Les athlètes de langue française comme ceux de langue anglaise conviennent que leur participation à un sport a amélioré de façon générale la qualité de leur vie, bien que les anglophones soient plus positifs à cet égard que les francophones. Ces derniers étaient un peu plus portés que les anglophones à priser l’enrichissement culturel qu’ils ont acquis par l’expérience sportive dans un milieu linguistique différent.
Les athlètes des deux groupes linguistiques s’entendent pour ce qui est des éléments du système sportif qui contribuent le plus à leur succès. Les deux groupes considèrent la qualité du programme d’entraînement comme étant l’élément le plus important et ils classent au deuxième et au troisième rangs respectivement les conseils de qualité de leur entraîneur (sans égard à la langue) et l’appui financier qu’ils reçoivent de Sport Canada. Les athlètes de langue française accordent plus d’importance au soutien financier de Sport Canada et à la possibilité de s’entraîner dans un endroit près de chez eux que ne le font les anglophones. La plupart des athlètes interrogés comptent continuer leur carrière sportive et la langue n’est pas un facteur important dans leur décision de se retirer de l’arène sportive.
Pour les athlètes, le sport l’emporte sur la langue. Moins de 5 p. 100 des membres de chaque groupe n’étaient pas d’accord avec la proposition suivante : « Si, pour devenir un athlète de haut niveau, je devais m’entraîner et communiquer dans une langue autre que la langue officielle de mon choix, je prendrais la décision de m’entraîner et de communiquer dans cette autre langue. » Les réponses positives à cette question ont été très élevées de la part des deux groupes linguistiques et elles indiquent une forte motivation pour poursuivre une carrière sportive. Les réponses positives à la question : « Compte tenu de votre situation personnelle du point de vue linguistique, avezvous l’intention de continuer à faire de la compétition ? » ont été extrêmement élevées : un seul athlète a dit non. La possibilité pour les athlètes d’employer la langue officielle de leur choix n’avait guère d’influence sur ce choix. Lorsqu’on leur a demandé si cette possibilité influerait sur leur décision de cesser ou de poursuivre leurs activités sportives, tous les athlètes ont dit que cela n’aurait guère d’effet, bien que cet élément soit un peu plus important pour les athlètes anglophones que pour les athlètes francophones.
Les répondants de langue française et anglaise indiquent des degrés semblables de satisfaction quant aux éléments du système qui ont trait au sport, comme le rythme de leur développement, l’objectivité du processus de sélection pour les compétitions sportives, le plaisir qu’ils tirent du sport et le soutien financier de toutes les sources du système. Nous considérons qu’il est extrêmement important et de bonne augure que le degré de satisfaction pour le processus de sélection des compétitions sportives soit le même (passablement satisfaits) pour les deux groupes linguistiques. Selon des études et des rapports antérieurs, il s’avérait important de rendre le processus de sélection plus transparent, car certains y percevaient une discrimination à l’endroit des athlètes francophones. Le rapport du Groupe de travail du ministre : Le sport : un pas d’avance, comporte une recommandation aux ONS à ce sujet et c’est l’une des attentes minimales du CFRS. Nous avons examiné plusieurs exemples de critères de sélection des ONS qui faisaient référence à l’objectivité des critères, qui comprenaient des mécanismes pour régler les différends et qui étaient dans les deux langues officielles. Les progrès visibles dans ce domaine constituent pour ainsi dire une condition préalable à la participation équitable des francophones au sport.
Nous avons demandé aux répondants si l’entraînement sportif, particulièrement dans les régions où la langue préférée de l’athlète n’était pas utilisée en général, avait exercé une influence négative sur leur vie personnelle, y compris leurs relations familiales ou leurs études. Les réponses ont été semblables pour les deux groupes linguistiques : de façon générale, les athlètes ne croient pas que le déménagement à des fins d’entraînement ait nui à leurs relations familiales et ceux qui ont reporté leurs études indiquent qu’ils l’ont fait pour poursuivre leur entraînement et non en raison de la langue.


