4. OBSERVATIONS ET RECOMMANDATIONS

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4.1 La participation des francophones et des anglophones aux sports de haut niveau

La présente étude cherche à déterminer si les Canadiens de langue française et les Canadiens de langue anglaise ont des chances égales d’atteindre les plus hauts échelons du sport amateur. Nous avons commencé par examiner dans quelle mesure les membres des deux groupes de langue officielle participent actuellement au sport à ce niveau, proportionnellement à leur représentation dans la population en général.

Selon le recensement de 1996, 24,6 p. 100 des Canadiens donnent le français comme première langue officielle et 75,4 p. 100, l’anglais. Si tous les autres facteurs sont égaux, nous pourrions nous attendre à ce que les athlètes francophones représentent environ 25 p. 100 des athlètes de haut niveau au Canada.

Comme la population des « athlètes de haut niveau » ne constitue pas une seule entité ayant une seule et même définition, nous avons examiné la composition linguistique des divers groupes d’athlètes de haut niveau pour vérifier si leur représentation différait sensiblement des statistiques relatives à la population en général.

4.1.1 LES ATHLÈTES BREVETÉS

Nous avons mené notre sondage auprès des athlètes de haut niveau par la poste, en nous servant de la base de données de Sport Canada sur les athlètes brevetés, soit ceux qui reçoivent une aide financière directement du gouvernement fédéral. Les critères d’octroi des brevets sont établis conjointement par Sport Canada et l’organisme national du sport visé, et ils sont fonction de la performance. Au moment où notre étude a été menée, pour être admissible à un brevet « A », un athlète dans un sport admissible doit terminer parmi les 4, 6 ou 8 premiers aux Jeux olympiques, aux Jeux paralympiques ou aux championnats du monde (selon le nombre d’inscriptions par pays) et se classer dans le premier tiers du groupe de concurrents. Pour un brevet « B », l’athlète doit figurer parmi les 8, 12 ou 16 premiers à ces Jeux et dans la première moitié du peloton. Les brevets « A», « B » et « C » ont depuis été fusionnés en un seul « brevet senior », assorti d’une allocation mensuelle majorée, mais les critères de performance demeurent les mêmes pour le moment. Parmi les autres facteurs, la qualité de la compétition internationale déterminera le nombre de Canadiens qui détiendront des brevets de catégorie senior.

Le système de brevets au moment de notre étude avait aussi plusieurs catégories de brevets de développement pour les athlètes qui ont le potentiel d’obtenir un brevet « A » ou « B ». Les critères pour ces brevets sont négociés entre Sport Canada et l’ONS et sont normalement fonction des résultats dans des compétitions précises (nationales, internationales ou les deux). Le nombre d’athlètes qui détiennent un brevet de développement dépend donc de la qualité des programmes d’entraînement et des résultats aux épreuves tenues au Canada.

Le tableau de l’Annexe 6.1 donne la première langue officielle des athlètes brevetés dans divers sports. Le profil linguistique des sports individuels varie grandement : à une extrémité, l’escrime et le judo, où la majorité sont francophones; à l’autre extrémité, le hockey sur gazon et le curling, où tous les athlètes brevetés sont anglophones. Dans l’ensemble, 18 p. 100 des athlètes brevetés donnent le français comme première langue officielle et 82 p. 100 donnent l’anglais. La participation des francophones est faible, mais il n’y a pas à s’en surprendre : en 1992, les Associés de recherche Ekos ont constaté que 19 p. 100 des athlètes en développement étaient francophones9.

 


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