10 mai 2011 
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Le parcours bilingue de Lisa Marie Perkins : De la salle de classe à la salle de conférence

Par Brenda Kossowan, Red Deer (Alberta)

Le parcours bilingue de Lisa Marie Perkins : De la salle de classe à la salle de conférence


Durant son enfance, Lisa Marie Perkins a vécu dans plusieurs régions du Canada. À Calgary, à la veille de son entrée en 7e année, ses parents l’ont inscrite dans un programme d’immersion en français. Cette décision a eu des effets marqués sur sa vie, lui ouvrant des portes qui autrement seraient restées fermées, en plus de la propulser sur une voie où sa compétence dans sa langue seconde a joué un rôle très important.

« Pour moi, le français n’était pas seulement une matière scolaire. La langue revêt un caractère très culturel. En apprenant la langue, je découvrais également un aspect de la citoyenneté canadienne qu’on ne peut cerner quand on ne parle que l’anglais. »

« J’ai une vision différente de ce que cela signifie d’être canadien », ce qu’elle attribue au fait d’avoir entendu des témoignages, lu des livres et écouté des chansons dans les deux langues officielles, élargissant ainsi son expérience en tant que Canadienne.

Le parcours bilingue de Lisa Marie Perkins : De la salle de classe à la salle de conférence

Mme Perkins a obtenu un diplôme d’études secondaires bilingues et a poursuivi ses études à la Simon Fraser University en Colombie-Britannique, où elle a obtenu un diplôme en français. Elle a fait des études supérieures à la Royal Roads University, puis a travaillé un certain temps à Ottawa, avant de retourner en Alberta.

Elle considère la connaissance des deux langues officielles comme l’élément clé qui lui a permis de devenir une Canadienne au sens complet du terme et de vivre des expériences partout dans le monde. « Outre l’anglais, le français est la seule langue qui est parlée dans tous les continents. Vous pouvez travailler, voyager et vous divertir partout dans le monde si vous parlez anglais ou français », déclare Mme Perkins, stratège organisationnelle, dans son bureau à l’Hôtel de Ville de Red Deer.

Vivre et promouvoir la dualité linguistique

Mme Perkins est devenue la première anglophone à être élue au poste de présidente de l’Association canadienne française de l’Alberta, régionale de Red Deer. En octobre 2010, elle a été élue présidente de Canadian Parents for French, une organisation de parents anglophones se vouant à la promotion de l’éducation en français langue seconde dans les écoles anglophones partout au pays. L’élection pour la première fois en 34 ans d’existence d’une diplômée d’un programme d’immersion en français dont les réalisations mettent en lumière la mission de l’organisation représente une grande réussite.

Ses compétences en français et sa compréhension de la culture française étoffent les services qu’elle peut offrir, que ce soit la traduction de documents ou la prestation de services à des personnes qui ont plus de facilité à communiquer en français qu’en anglais.

« Pour moi, il a toujours été prioritaire d’essayer de vivre cette dualité linguistique. Je me suis donc toujours fortement engagée, y compris dans la communauté francophone de la région. »

La prochaine génération


Le parcours bilingue de Lisa Marie Perkins : De la salle de classe à la salle de conférence

« Pour moi, il était tout à fait logique que mon fils ait la même occasion de comprendre ce que cela signifie, à mon avis, d’être un Canadien à part entière.

« Nous sommes très chanceux ici à Red Deer. Les deux conseils scolaires [public et catholique] appuient l’apprentissage du français. Ils offrent l’immersion précoce et l’immersion tardive. » Les enfants pour qui l’immersion n’était pas le bon choix à la maternelle ont toujours la possibilité d’y retourner en 6e année.

Un programme de baccalauréat international est également offert aux élèves du secondaire qui souhaitent inclure le français dans leur programme de formation générale. Mme Perkins croit fermement que le pays entier tire profit de la formation d’un nombre croissant de gens qui peuvent travailler dans les deux langues officielles.

Vision et objectifs personnels

Depuis son élection à titre de présidente de Canadian Parents for French, Mme Perkins a plaidé en faveur de l’adoption du Cadre européen commun, un système normalisé permettant d’évaluer la capacité qu’ont les personnes de fonctionner dans d’autres langues que leur langue maternelle. « C’est non seulement motivant pour les élèves, mais il s’agit également d’une qualification reconnue. Il ne s’attarde pas à ce que vous ne pouvez pas faire en français, mais bien à ce que vous pouvez faire en français », explique-t-elle.

Mme Perkins ajoute que la majorité des Canadiens peuvent au moins dire quelques mots en français, acquis en raison de leur contact avec la langue. L’adoption d’une norme nationale permettrait aux demandeurs d’emploi ou aux personnes qui s’inscrivent à des programmes d’études d’indiquer le niveau précis auquel ils peuvent fonctionner dans leur langue seconde.


« Une enseignante de 9e année m’a déjà dit qu’elle savait qu’elle était devenue réellement bilingue lorsqu’elle a commencé à rêver en français. »

– Lisa Marie Perkins

Mme Perkins rêve du jour où l’éducation bilingue sera offerte à tous les enfants dans toutes les écoles. Tout comme Canadian Parents for French, elle est préoccupée par le caractère optionnel de l’étude du français et par le fait qu’il ne s’agisse pas d’une condition d’admission à l’université, ce qui peut avoir des répercussions pour les élèves. « Si on exclut les élèves en immersion française, on note une baisse du nombre d’élèves qui suivent des cours de français lorsqu’ils ne sont plus obligatoires. Certaines universités canadiennes ont aboli l’obligation de connaître une deuxième langue dans leurs normes d’admission », déclare Mme Perkins.

Finalement, elle aimerait que tous les élèves qui obtiennent un diplôme d’études secondaires aient la capacité de bien communiquer dans les deux langues officielles. « J’aimerais que ce ne soit pas l’exception, mais la règle – que tous les enfants du pays, à leur sortie de l’école, soient le reflet de notre modèle. »

 






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