Le secret d'un milieu de travail bilingue
par Mireille E. LeBlanc
« Le secret pour créer un milieu de travail réellement
bilingue, c’est de trouver des moyens, aussi petits soient-ils, de
rendre l’apprentissage d’une langue intéressant ».
Ces quelques mots traduisent bien la philosophie de Monique Collette en
ce qui concerne le respect et la promotion des langues officielles. La
présidente de l’Agence
de promotion économique du Canada atlantique (APECA) soutient
que le bilinguisme s’avère l’une des compétences
les plus prisées au sein de cette agence fédérale
dont le mandat consiste à stimuler l’économie dans
la région de l’Atlantique.
« Le bilinguisme est devenu un élément de la
culture de l’Agence. Les compétences linguistiques sont valorisées
en tant que compétences de travail », poursuit-elle.
Des initiatives diversifiées
À l’APECA, en plus de recruter des employés bilingues,
on intègre le perfectionnement linguistique au développement
de la carrière. Le comité de gestion de l’Agence favorise
l’usage de la langue de la minorité lors des réunions
en faisant en sorte qu’au moins un point à l’ordre du
jour soit abordé en français.
En 2006, le Comité des langues officielles de la région
du Nouveau-Brunswick de l’APECA a remporté un prix
d’excellence de la fonction publique, qui soulignait la valeur
de son travail de promotion de la diversité linguistique au sein
de l’Agence. Le Comité a notamment lancé un programme
d’encadrement par les pairs pour permettre aux employés de
parfaire leurs connaissances en langue seconde avec un mentor.
Le Comité a également organisé les Mercredis en
français, des journées où l’on encourage les
employés à parler français. Ces jours-là, tout
le personnel reçoit un courriel ponctué d’hyperliens
vers des mots
du jour , des exercices
de grammaire et de vocabulaire et des conseils
sur l’utilisation des langues officielles. Ces courriels sont
fort populaires auprès des employés.
Une bonne note
La note globale de B obtenue par l’Agence dans le dernier Bulletin
de rendement publié par le Commissariat aux langues
officielles témoigne de l’engagement de la direction à respecter
les langues officielles et à soutenir les communautés
francophones de l’Atlantique.
Aperçu
du bulletin de rendement 2006-2007 de l’APECA |
| Facteurs évalués |
Notes |
Gestion |
B |
Service au public |
C |
Langue de travail |
B |
Participation équitable |
A |
Développement des communautés
de langue officielle en situation minoritaire et promotion
de la dualité linguistique |
B |
Note globale |
B |
L’APECA a reçu un A dans la catégorie de la
participation équitable à cause de la proportion d’employés
francophones qui forment 31,3 % de l’effectif. « Je
pense que le fait que l’administration centrale de l’Agence
est située dans la seule province officiellement bilingue
du pays facilite le recrutement de personnes qui ont des compétences
dans les deux langues officielles. Il y a aussi une sensibilisation
accrue, non seulement au fait français, mais aussi aux avantages
que procure le bilinguisme », explique Monique Collette
avec fierté.
L’Agence a également fait bonne figure en obtenant
un A dans la sous-catégorie de la gestion des plaintes. « Nous
sommes réellement conscients des situations qui peuvent mener à des
plaintes et nous y donnons suite rapidement », poursuit
madame Collette pour expliquer le bon rendement de l’APECA
dans ce domaine.
Toutefois, il est impossible de passer sous silence les C que l’APECA
a obtenus dans la catégorie du service au public ainsi que
dans la sous-catégorie de la prestation et de l’offre
active de services. En effet, lors de l’évaluation du
Commissariat, aucun des préposés n’a proposé de
services dans les deux langues officielles.
Madame Collette reconnaît les lacunes de l’Agence dans
ce secteur et indique que l’on a entrepris des efforts pour
y remédier. « Nous avons un système d’évaluation
de nos cadres supérieurs, et un de leurs objectifs est de
mettre en place des mesures pour corriger le tir », mentionne-t-elle.
La présidente de l’APECA tient d’ailleurs à saluer
l’initiative des bulletins de rendement qui a permis à l’Agence
de cibler les secteurs à améliorer.
Le bilinguisme, un outil de développement économique
Comme le développement économique constitue la raison
d’être de l’APECA, Monique Collette ne peut s’empêcher
de glisser un mot sur le renforcement des capacités économiques
de la région de l’Atlantique et sur le rôle du bilinguisme
de la main-d’oeuvre dans la création d’emploi.
Elle rappelle que les collectivités de langue française
vivent en situation minoritaire dans la région de l’Atlantique
et que la langue joue un rôle important dans leur développement. « La
langue a une importance primordiale dans le développement
de la région dans son ensemble. Chaque communauté a
un potentiel différent qu’il faut exploiter, et c’est
seulement en reconnaissant ce potentiel que l’on peut assurer
le développement économique », conclut-elle.
Depuis 2000, l’APECA a investi
plus de 59 millions de dollars dans des communautés
de langue officielle en situation minoritaire en Atlantique,
par l’entremise de projets non commerciaux financés
grâce au Programme de développement des entreprises.
Investissements de l’APECA
dans
les communautés de langue officielle en
situation minoritaire de 2000 à 2006 |
• Cap-Breton |
5 356 074 $ |
• Nouvelle-Écosse |
8 129 139 $ |
• Nouveau-Brunswick |
26 973 969 $ |
• Terre-Neuve-et-Labrador |
1 635 443 $ |
• Île-du-Prince-Édouard |
6 012 366 $ |
• Siège social |
11 526 264 $ |
Total |
59 713 255 $ |
Source:
http://www.acoa-apeca.gc.ca/f/cd/olmc.shtml |