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Retour vers le passé

D’Iberville Fortier, le premier commissaire francophone

D'Iberville FortierAprès une longue carrière dans le domaine de la diplomatie, notamment à titre d’ambassadeur du Canada à l’étranger, D’Iberville Fortier arrive en poste en 1984. Il devient ainsi le premier francophone à occuper cette fonction. « D’Iberville était un très bon choix, un homme très intelligent, un homme de formation dans les deux langues, un homme […] qui appréciait les problèmes importants des minorités dans ce pays et qui a fait une très bonne contribution à la réforme linguistique au Canada* », résume le commissaire Yalden.

Notre pays

« Je dirais qu’un pays est avant tout appartenance et avenir. Quelles promesses pour nous, Canadiens, dont l’histoire réunit deux des langues les plus illustres et deux des cultures les plus fécondes! À cet arbre rare sur un fonds aborigène trop longtemps méconnu, sont venus s’ajouter d’autres rameaux bien vivants de la culture universelle. On apprécie peut-être mieux, quand on a passé une grande partie de sa vie au service de son pays à l’étranger, combien nous avons là des atouts et à quel point nous devrions fonder notre réflexion d’aujourd’hui sur une vision ample et généreuse du Canada de demain. Aurait-il une raison d’être, entre l’Europe qui lui a donné naissance et les États-Unis tout puissants, s’il venait à perdre cette confiance en son destin qui seule lui permet de relever le défi d’une vie nationale harmonieuse dans le respect des droits et de l’identité d’autrui? »

D’Iberville Fortier, Rapport annuel de 1984

 

 

Un grand pas pour la Loi

L’adoption de la Loi sur les langues officielles de 1988 constitue un jalon du mandat du commissaire Fortier. La portée de la nouvelle loi est considérablement plus large que celle de 1969. En particulier, elle engage désormais les institutions fédérales à appuyer le développement des communautés de langue officielle en situation minoritaire ainsi qu’à faire la promotion du français et de l’anglais dans la société canadienne.

Malgré ce gain législatif, les tensions continuent d’être vives, et les communautés de langue officielle se retrouvent devant les tribunaux pour faire respecter leurs droits, souvent appuyées par le commissaire aux langues officielles. Monsieur Fortier travaille pour s’assurer qu’elles ont accès à des services éducatifs, sociaux et culturels dans leur langue.

Par ailleurs, le commissaire comprend vite qu’il faut communiquer à la population les mérites de la politique des langues officielles. Il réalise des sondages d’opinion, pilote des études sur la situation des communautés et publie un magazine d’information à grand tirage.

D’Iberville Fortier connaît une fin de mandat plutôt agitée. Choqué par la lenteur du gouvernement à mettre en œuvre la nouvelle Loi sur les langues officielles, il menace de démissionner en 1989. Il terminera son mandat en 1991 après avoir fait un constat décevant sur l’enseignement dans la langue de la minorité, une question qui lui tient particulièrement à coeur. Il s’éteindra en 2006, à l’âge de 80 ans, après une carrière bien remplie au service de la société canadienne.

Pour en savoir plus, regardez les vidéos :

 

* Citations tirées d’une entrevue réalisée en 2008.



 

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