6 juillet 2010   
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L’ambition tranquille d’un passionné de ballon rond
par Philippe Germain, Montréal (Québec)


Marc Dos Santos

Pour Marc Dos Santos, l’entraîneur-chef de l’Impact de Montréal, son travail se résume à 10 p. 100 d’enseignement technique et à 90 p. 100 de gestion humaine. « La communication joue donc un rôle crucial », raconte celui dont l’équipe de soccer compte des joueurs de onze nationalités, qui s’expriment en sept langues différentes.

Les circonstances ont amené ce Canadien de 34 ans d’origine portugaise sur trois continents, où il a perfectionné quatre langues. Il apprend le français d’abord, puis l’anglais en classe et dans la cour d’une école primaire de Brossard, sur la rive-sud de Montréal. Viendront ensuite le portugais, la langue de ses parents, et l’espagnol, beaucoup plus tard, après l’entrée dans la famille d’une belle-sœur espagnole.

Lorsqu’il a 11 ans, sa famille quitte le Québec quand le père accepte un poste au Portugal. « Je n’avais plus le choix d’apprendre cette troisième langue avec plus de rigueur pour terminer mes études », explique-t-il.

Comme bien des adolescents de la péninsule ibérique, il pratique le soccer, mais par manque de débouchés, il se découvre une passion pour le travail d’entraîneur. D’ailleurs, sa connaissance de plusieurs langues lui ouvre des portes en raison du nombre important de joueurs étrangers en mouvement constant dans l’univers du ballon rond.

Coup de foudre africain

Dix ans après son arrivée au Portugal, un nouveau chapitre commence quand son père choisit de partir vivre au Mozambique. À 21 ans, avide de défi, Marc décide de l’accompagner en Afrique. Comme le portugais est la langue officielle de cette ancienne colonie du sud-ouest du continent, il arrive sans peine à communiquer avec les centaines de jeunes d’un camp de réfugiés qu’il côtoie par l’entremise de l’organisme missionnaire où il travaille.

Devant les succès du programme auquel il participe, qui se sert du sport pour intégrer les jeunes, la fédération de foot du Mozambique, l’organisme international Right To Play (en anglais seulement) et la multinationale Coca-Cola achètent l’idée. Marc vit un rêve. « Ce sont les années les plus incroyables de ma vie! », se souvient-il.

Mais bientôt, le jeune homme, qui a franchi la mi-vingtaine, commence à ressentir lourdement le poids de la réalité sociale de l’Afrique. De plus, ses frères sont retournés au Canada et son père a refait sa vie en Afrique. Marc Dos Santos met à son tour le cap sur le Canada.

« J’ai appris dans la vie que personne ne peut obtenir de succès sans sacrifice. Je me suis beaucoup attaché à l’Afrique, mais j’avais maintenant un plan bien établi et j’avais décidé de rentrer à Montréal », relate-t-il.

Polyglotte recherché

Maintenant qu’il parle quatre langues et qu’il possède une expérience d’entraîneur comme peu d’autres personnes détiennent au Québec, il se déniche un poste à l’Association régionale de soccer Bourassa avant de devenir entraîneur-chef du club école de l’Impact à Trois-Rivières. Quelques mois plus tard, il succède à
John Limniatis comme huitième entraîneur-chef de l’histoire de l’équipe.

Marc Dos Santos

« J’ai un attaquant qui arrive tout droit du Panama et un milieu de terrain qui débarque du Portugal en plus de joueurs nés à Montréal, poursuit Marc. Il est certain que je dois parler anglais quand je donne mes directives dans les entraînements pour que tout le monde soit sur la même longueur d’onde. »

La présence d’un polyglotte à la barre du club a permis à l’Impact de faire de l’œil à des joueurs étrangers unilingues. « Puisque j’arrive à communiquer avec ces gars dans leur langue, ça facilite aussi leur intégration à l’équipe », affirme-t-il. « J’aimerais aussi apprendre l’italien. Dès que j’aurai le temps, je m’y mettrai. »  

Le français, une arme secrète

« Il n’en demeure pas moins qu’il est incontournable que l’entraîneur d’un club sportif professionnel à Montréal parle le français et l’anglais. C’est une question de respect pour les partisans et pour les médias qu’on doit rencontrer chaque jour », dit-il.

Le français fait même figure d’arme secrète pour le pilote de l’Impact. « Nous affrontons parfois des équipes composées presque uniquement de joueurs américains anglophones ou hispanophones. J’en profite pour donner mes instructions en français, sachant que l’adversaire ne comprendra pas », continue l’entraîneur-chef.

Marc Dos Santos désire aider l’Impact à remporter d’autres championnats, mais son rêve serait d’un jour diriger une équipe en Europe, voire même en Afrique. « Je sais que de parler quatre langues m’ouvre des portes, et puisque notre sport est pratiqué partout dans le monde, les possibilités sont infinies », conclut-il.

 

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