Transmettre la passion de l’apprentissage
par Robert Rothon, Vancouver (Colombie-Britannique)
Tout commence dans une petite école de rang à classe unique, au nord de la Colombie‑Britannique. Nora Zeman constate que sa jeune fille, Katie, apprend le français seulement en entendant sa mère l’enseigner aux élèves plus âgés : « Je savais qu’elle avait une disposition particulière », se souvient Nora. « C’était une imitatrice née. Si nous regardions un film britannique, elle prenait soudainement l’accent britannique. Si nous regardions un film français, elle prenait l’accent français. » La famille Zeman déménage dans une collectivité plus grande et, après la cinquième année, Katie entame un programme d’immersion française tardive à la Central School près de Fort St. John.
« Katie a toujours été intéressée par l’immersion française », dit Nora à propos de la décision d’inscrire sa fille au programme. « Dès le début, elle savait ce qu’elle voulait. Son père et moi étions tout à fait d’accord. Nous savions que cela lui ouvrirait des portes. Cela ne nous angoissait pas le moins du monde. Nous pensions simplement qu’il s’agissait d’une bonne chose. Pourquoi se fermer des portes? » Cet été‑là, avant d’envoyer la jeune fille à la Central School, la famille Zeman participe à un camp d’été en français organisé par Canadian Parents for French.
Katie s’épanouit dans le programme d’immersion française tardive. « Elle possédait déjà de bonnes aptitudes de lecture et d’écriture en anglais », soutient sa mère, qui croit que « si les enfants peuvent apprendre l’anglais, ils peuvent apprendre le français. » Nora encourage aussi sa fille à participer à des programmes tels que Rencontres du Canada et Forum pour jeunes Canadiens et déniche elle-même quelques programmes pour sa fille. « Dans le cadre de chacun de ces programmes, Katie devait rédiger une dissertation, accomplir quelque chose ou être recommandée par un de ses enseignants », explique Nora. « Étant donné qu’il s’agissait de voyages organisés par l’école qui se déroulaient durant l’année scolaire, je n’étais jamais inquiète. Katie a confiance en elle et, après tout, ce n’est pas comme si nous l’envoyions sur la lune! »
Lorsque Katie revient d’un échange, ce qui frappe le plus ses parents est l’élargissement de ses horizons. « Ce n’était pas de simples échanges. Katie rentrait à la maison avec le désir d’explorer davantage le Canada, d’en découvrir plus. Les dimensions interculturelles de son pays lui ont ouvert les yeux sur des opinions, des cultures et des attitudes différentes », se souvient sa mère avec fierté. « Je crois que ces expériences l’ont rendue plus “canadienne”. »
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